Laurent Wauquiez
©Tim Douet

Viols : Wauquiez relance le débat sur la castration chimique

Le président du parti Les Républicains Laurent Wauquiez a rebondi sur le meurtre et le viol de la petite Angélique pour se déclarer en faveur d'une castration chimique imposée aux délinquants sexuels afin d'éviter toute récidive. Une polémique avec un air de déjà vu.

Laurent Wauquiez n'aura pas tardé à rebondir sur les terribles aveux du meurtrier présumé de la petite Angélique dévoilés mardi dernier. Un fait divers dramatique, l'homme était un récidiviste inscrit au fichier judiciaire national automatisé des auteurs d’infractions sexuelles (FIJAIS), qui relance une vieille polémique française : comment éviter la récidive pour les délinquants sexuels ?

Pour le président du parti Les Républicains, la réponse est toute trouvée : "Les prédateurs sexuels doivent soit subir une castration chimique, soit rester en prison." Dans l'interview donnée à 20 minutes hier, Laurent Wauquiez a également déclaré qu'il fallait "ouvrir la possibilité pour le juge de rendre obligatoire la castration chimique", avant d'annoncer que "Les Républicains déposeront une proposition de loi pour défendre cette mesure".

Une vieille marotte de la droite

Le chef de la droite se pose ainsi en digne héritier de ces prédécesseurs. En France, la castration chimique n'est pour l'instant pas obligatoire. Mais depuis 1998 et la loi Guiguou elle peut être demandée par le détenu lui-même sans quoi celui-ci ne peut prétendre à une remise de peine ou à de la liberté conditionnelle. Or, déjà en 2007 un député de l'UMP, Bernard Debré, avait déposé une loi pour permettre au juge pénal d'obliger le détenu à suivre un traitement.

Le projet de loi avait été refusé par l'assemblée. Puis l’idée est ressorti de sa boîte deux ans plus tard en 2009 à la faveur d'un autre fait divers : le meurtre de la joggeuse Marie-Christine Hodeau, alors âgée de 42 ans, elle aussi violée et assassinée par un récidiviste. À l'époque, c'est Nicolas Sarkozy (Président de la République), François Fillon (Premier ministre), ou encore Nadine Morano et Brice Hortefeux qui relançaient le débat.

L'idée d'une castration chimique imposée par le juge fait ainsi son retour dans une disposition du projet de loi "tendant à amoindrir le risque de récidive criminelle et portant diverses dispositions de procédure pénale". Une disposition finalement supprimée par le Sénat en 2010 qui préférera laisser le soin d'en décider au médecin. 8 ans plus tard, Laurent Wauquiez semble ne pas vouloir considérer ce débat comme définitivement tranché.

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