Tentative de putsch au PS du Rhône

Jacky Darne, le premier secrétaire fédéral, est de plus en plus contesté à la fédération PS du Rhône dans un contexte de reconfiguration politique dans lequel les strauss-kahniens entendent désormais prendre le pouvoir.

Les élections régionales passées, les petites tensions intestines renaissent peu à peu au Parti Socialiste. À la fédération PS du Rhône, la contestation interne à l'encontre du premier fédéral Jacky Darne se fait de plus en plus importante si bien que plusieurs responsables de la direction fédérale ont pensé à l'option d'une démission collective d'ici cet été. Parlementaire autrefois très respecté pour son travail sur les paradis fiscaux, Jacky Darne ne paraît plus en mesure de séduire une nouvelle garde politique qui aspire à prendre le pouvoir.

Fédération fantôme

Car en effet plusieurs jeunes élus socialistes emmenés par Jean-Christophe Vincent, le secrétaire fédéral aux élections, critiquent ouvertement la gestion politique de la fédération par Jacky Darne. "Darne ne veut pas gérer la fédération et joue le pourrissement de la situation. Il ne pense qu'à devenir sénateur. Il en a le physique et le côté chiant", explique un secrétaire fédéral qui ne tient pas à être mis en avant. "Darne a sclérosé la fédération", raconte cet autre responsable socialiste. "Darne n'a jamais pris la mesure de son rôle et tout le monde se demande pourquoi il a voulu devenir premier fédéral",explique cette autre socialiste qui a souhaité garder l'anonymat.

Le dénominateur commun qui fédère ces contestataires est qu'ils sont tous strauss-kahniens mais tous ne s'y réduisent pas. Les membres de la motion A par exemple (celle de Delanoë) se sont réunis pour débattre de la situation de la fédération et de l'absence de débat politique qui caractérise le règne de Jacky Darne. "Le fait qu'il ne se passe rien à la fédération en fait une fédé fantôme. Mais cela signifie également que tout se déroule ailleurs et notamment au sein du cabinet de Collomb", raconte ce socialiste villeurbannais.

"À la fédé, c'est la fête au village"

Plusieurs membres de la direction fédérale se sont par exemple agacés de ne pas voir la fédération prendre position au moment où Gérard Collomb est allé apporter son soutien à Georges Frêche. Lorsque le maire de Lyon a pris cette initiative, plusieurs responsables de la direction fédérale avaient alors souhaité monter au créneau et réclamé d'en débattre en bureau fédéral afin que la fédération fasse savoir Gérard Collomb que sa démarche était "inacceptable".

À l'époque, Jacky Darne avait refusé de satisfaire à cette demande. Il a fallu que ce soit les parlementaires Muet, Crozon et Demontès qui prennent position contre le soutien de Collomb à Frêche. "Les élus parlent aux élus. C'est un acte d"échec cuisant pour la fédération", analyse cette collaboratrice d'élu. Quelques élus socialistes de banlieue ont également évoqué la gestion des listes aux régionales. "Au moment de leur constitution, la seule initiative qu'ait pris Jacky Darne, ça a été de sauver son fils, Christophe Darne qui d'ailleurs n'a pu être sauvé vu le score d'Europe Écologie", expliquent-ils.

"À l'époque où Demontès était première fédérale, elle prenait des positions, convoquait des conférences de presse. La fédé vivait politiquement. Là, à la fédé, ça bulle, c'est la fête au village !", raconte cet élu socialiste du 9e arrondissement. Romain Blachier qui est secrétaire fédéral constate également un "fonctionnement en notabilité. Ce n'est pas les militants qui pèsent, mais les maires et les notables" et regrette "l'absence totale de ligne idéologique".

Prise de pouvoir

Les strauss-kahniens de la fédération ont donc décidé de contester en permanence la ligne politique de Jacky Darne. D'autant qu'aujourd'hui, la configuration du PS par motion - un héritage du dernier congrès - n'est plus structurante. D'autres reconstructions politiques s'organisent en vue des prochaines présidentielles. Dans le Rhône actuellement, la reconfiguration la plus dynamique s'opère autour de Dominique Strauss-Kahn. Jean-Christophe Vincent, le leader des strauss-kahnien dans le Rhône, rassemble autour de lui de jeunes élus auprès de qui il a gagné une respectabilité et une légitimité qu'il peut utiliser comme une force politique. Si l'option d'une démission des instances fédérales d'ici cet été est évoquée, Jean-Christophe Vincent (JCV) prèfére d'abord parler d'une stratégie de contestation politique qui n'est pas dénuée d'arrières-pensées politiciennes.

Entretien Collomb-JCV

JCV vise le poste de premier fédéral de la fédération du Rhône lors du prochain congrès pré-présidentiel du PS prévu pour 2011. Il a fait savoir son intention à plusieurs militants ainsi qu'à Gérard Collomb. Lorsque le maire de Lyon a recomposé ses équipes après le départ de Jean-François Lanneluc, son directeur de cabinet limogé en mars dernier, il avait demandé à Jean-Christophe Vincent s'il voulait le rejoindre. Ce dernier a décliné l'offre, indiquant au maire de Lyon son intention de briguer le poste de premier fédéral en 2011. Depuis cet entretien qui s'est déroulé au domicile de Jean-Christophe Vincent, les strauss-kahniens préparent leur prise de pouvoir à Lyon et dans le Rhône.

3 commentaires
  1. radine - 20 mai 2010

    effarée! JCV comme vous l'appelez n'est que l'homme lige et la caution d'un soit disant retour de collomb dans la mouvance dsk....qui a explosé depuis le congrès et ne se recomposera que du fait de gens coupés de la base et contestés par elle. la vie inexistante de la fede ps du rhone est le fait de la majorité collombienne. l'arrivee de jcv ne changera helas rien sur le fond

  2. Hugo Makouri - 20 mai 2010

    Qui est interessé par le contenu de cet article ?

  3. Lyonnaise - 20 mai 2010

    Arriver à faire autant de lignes avec des bruits de couloirs, belle prouesse...

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