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Réformateurs : vers une rupture du PS ?

Économistes et élus ont défendu mardi à Lyon la nécessité de mener une politique de l’offre et de soutenir les entreprises pour sortir de la crise. “Deux lignes irréductibles se sont exprimées ce week-end”, a martelé le député PS de Paris Christophe Caresche.

Ils auront au final été mal récompensés, n'obtenant aucun nouveau portefeuille ministériel. Pourtant, les réformateurs, réunis à Lyon, sont venus à la rescousse de l'exécutif, au cours de cette longue journée de remaniement ministériel de mardi. Appuyant le pacte de responsabilité et la politique de l'offre, réaffirmés avec force par Manuel Valls. Le timing, parfait, leur a valu une presse nationale. "Notre pays est en grande difficulté, notre industrie se délite, nous perdons des emplois", a exposé Gérard Collomb pour introduire les débats. Leurs solutions passent par un assouplissement du Code du travail, une libéralisation des professions réglementées, la décentralisation du système de santé, la réforme de la formation professionnelle et la baisse des dépenses publiques et des impôts. Citant la Suède, le Canada et l'Allemagne en exemples.

“Les frondeurs ont pour caractéristique de n’avoir aucune culture”

Certains élus, longtemps censurés par la doxa socialiste, sont animés d'une volonté de transgression. Le député de Paris Christophe Caresche veut ainsi tendre la main à "des écologistes et des personnalités du centre". Alors que la composition du Gouvernement n'était pas dévoilée, il citait Yves Jégo et Jean-Christrophe Lagarde (UDI) comme de possibles candidats. Le point de rupture serait-il atteint avec l'aile gauche du Parti socialiste ? "Deux lignes irréductibles se sont exprimées ce week-end", martèlera le Parisien avec insistance. "Les frondeurs ont pour caractéristique de n'avoir aucune culture économique, aucune culture tout court, d'avoir été assistants parlementaires", renchérit, cruel, l'économiste Bernard Spitz, membre du Medef.

"Pour rester du côté du progrès, nous affirmons qu'il faut renoncer aux vieilles recettes", énonce le manifeste du collectif, qui serait paraphé, selon Gérard Collomb, par une trentaine de parlementaires – soit un nombre inférieur au groupe des frondeurs. À la tribune, les intervenants ont souligné les failles du système de protection sociale en France. Statistiques à l'appui, Bernard Spitz a démontré combien les jeunes sont les sacrifiés de l'économie française. "Un fils d'ouvrier a douze fois moins de chances d'accéder à une grande école qu'un fils de cadre", a abondé Philippe Aghion, professeur à Harvard. Une mobilité sociale exceptionnellement faible, compensée par l'impôt – "on redistribue l'argent que l'on n'a pas", a maugréé Bernard Spitz. Pour les uns et les autres, le salut passe par une politique de réformes tous azimuts, pour soutenir les entreprises. Philippe Aghion observe que la balance commerciale française est déficitaire depuis 2002 et que le taux de marge des entreprises est à un niveau historiquement bas.

Un “marché” entre la France et l’UE ?

Elie Cohen, directeur de recherche au CNRS, juge qu'une possibilité de relance existe, mais à l'échelle européenne. Il enjoint de proposer un "marché" aux partenaires de la France : celle-ci s'engagerait "par une feuille de route" sur des réformes structurelles à mener tandis qu'elle obtiendrait un rééchelonnement de la baisse du déficit public sur plusieurs années.

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