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Nathalie Perrin-Gilbert, plus proche que jamais des écolos

Ce samedi, le groupe de réflexion qu'elle pilote tiendra une réunion à laquelle seuls les membres sont conviés. Il sera question d'une alliance avec Europe Ecologie-Les Verts en vue des municipales, même si la décision finale pourrait survenir un peu plus tard.

L'arrivée de Nathalie Perrin-Gilbert chez les écologistes est attendue depuis longtemps. Plus encore depuis qu'elle a accepté d'être la suppléante de Philippe Meirieu lors des législatives de 2012, quand elle a affronté directement les équipes du maire de Lyon. Depuis, le divorce est consommé. Elle s'est librement opposée au maintien de délégation de service public de l'eau du Grand Lyon. Elle a effrontément nargué Gérard Collomb sur Twitter, comme quand elle lui lançait qu'elle ne lui demanderait pas de poser à ses côtés (voir ci-dessous). A l'observer, plus aucun doute : Nathalie Perrin-Gilbert n'attend plus rien de son ex-mentor.

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Se rapprocher des Verts sans perdre son étiquette

Quand franchira-t-elle le Rubicon ? Mardi prochain, quand elle conviera les journalistes à une conférence de presse ? Ou ce samedi, alors que se réunissent les membres du Groupe de réflexion et d'actions métropolitaines (Gram) ? Selon plusieurs écologistes, ils voteront leur ralliement à la dynamique "Un nouveau souffle pour Lyon", une pétition lancée à la sortie de l'hiver par les écologistes. De facto, le rapprochement serait opéré, sans que la maire du 1er arrondissement n'ait à renier son étiquette socialiste. "Elle est toujours socialiste", insiste un de ses proches.

Perrin-Gilbert ()

© Tim Douet

“C'est beaucoup trop précoce”

Ce scénario est violemment contesté par des membres du Gram, depuis que deux articles sont parus dans la presse cette semaine pour l'annoncer, dans Le Progrès et Tribune de Lyon. "Samedi, aura lieu seulement une réunion de travail. Rallier Europe Ecologie-Les Verts ce week-end ? C'est beaucoup trop précoce. Je suis effaré par ce que je lis", tempête Renaud Payre, président du Gram. Le temps presse toutefois : l'appel à candidatures lancé par Europe Ecologie-Les Verts se termine le 16 juin – une date déjà repoussée de 15 jours pour donner du temps à la maire du 1er arrondissement. Et, le 29 juin, à l'occasion des assises citoyennes, les militants, coopérateurs et signataires de l'appel “Un nouveau souffle pour Lyon” voteront pour désigner un tandem tête de liste pour les municipales de 2014. "Je mets ma main à couper qu'ils se rapprocheront officiellement de nous avant la fin du mois", glisse une écologiste. Europe Ecologie-Les Verts est même prête à lui ouvrir ses listes après cette date.

Emeline Baume

© Tim Douet

Deux crocodiles dans le 1er

L'atterrissage de Nathalie Perrin-Gilbert chez Europe Ecologie-Les Verts ne va pas sans poser de problèmes. D'abord, sur le 1er arrondissement de Lyon : maire depuis 2001, Perrin-Gilbert avait annoncé son intention de ne pas briguer un nouveau mandat. Et les écologistes ont toujours fait de la lutte contre le cumul des mandats dans le temps un cheval de bataille. Ensuite, l'ambitieuse dispose d'une concurrente déjà en lice : Emeline Baume (photo ci-dessus). Conseillère communautaire, cette écologiste serait alors rétrogradée en 3e position sur la liste écolo. Avec des risques de ne pas être élue si leur liste n'arrive pas en tête. Elle est donc priée de monter dans le 4e arrondissement. Mais l'intéressée renâcle, faisant valoir sa domiciliation dans le 1er depuis 1995. "Ce que je souhaite, c'est que la mairie du 1er arrondissement soit écolo", insiste-t-elle, tout en concédant que "si les militants le [lui] demandent", elle migrera. La situation inconfortable de la conseillère communautaire a d'ailleurs été bien comprise par Gérard Collomb, qui l'a approchée pour l'accueillir parmi les siens dès le premier tour. Baume refuse.

Une liste anti-Collomb ?

Enfin, placer Nathalie Perrin-Gilbert en tête de liste des écolos pour 2014 serait perçu par Gérard Collomb comme une déclaration de guerre. Et plus encore si son colistier est Etienne Tête, comme celui-ci en nourrit l'ambition. "Avec elle, on sait bien qu'on aura des difficultés à fusionner au second tour avec la liste socialiste", analyse un élu. "Une telle alliance pourrait aussi capoter sur le fond, sur le Grand Stade ou l'Anneau des Sciences", objecte Gaël Roustan.

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