Michel Havard au conseil municipal
© Tim Douet

Législatives : un cruel désaveu pour Havard et Hamelin

Les deux anciens députés lyonnais ont vu leurs candidatures aux législatives rejetées par Les Républicains. Pour leur parti, ils sont sacrifiés sur l’autel de la parité. Mais, en creux, c’est le leadership de Michel Havard et Emmanuel Hamelin sur la droite lyonnaise qui vacille.

Michel Havard au conseil municipal de Lyon (à sa droite, Emmanuel Hamelin) © Tim Douet

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Michel Havard au conseil municipal de Lyon (à sa droite, Emmanuel Hamelin).

Depuis dix ans, ils incarnaient le nouveau visage de la droite lyonnaise. Pour Les Républicains, ils sont devenus le symbole d'une droite incapable de faire vaciller l'hégémonie socialiste sur la Ville de Lyon depuis quinze ans. C'est du moins ce qu'il faut lire dans les choix de la commission nationale d'investiture pour les législatives de juin 2017 (pour la liste complète, cliquez ici).

Exit donc Michel Havard et Emmanuel Hamelin. Le premier est remplacé par Anne Lorne, égérie lyonnaise de la Manif pour Tous, devenue conseillère régionale et secrétaire nationale du parti Les Républicains.

Dans la 2e circonscription, le nom de Laurence Balas est sorti du chapeau au dernier moment. Au détriment d'Emmanuel Hamelin. "Laurence Balas avait candidaté sur trois circonscriptions", s'amuse un député LR. La 1re revenant à Anne Lorne, la 3e à Nora Berra et la 4e à Dominique Nachury (élue sortante), c'est sur le territoire électif d'Emmanuel Hamelin que se retrouve parachutée l'élue du 6e arrondissement.

Place aux femmes

Anne Lorne, Laurence Balas et Nora Berra © Tim Douet

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Anne Lorne, Laurence Balas et Nora Berra.

À Lyon, des femmes seront candidates dans chaque circonscription. C'est l'explication officielle donnée au désaveu que constitue l'éviction de Michel Havard et d'Emmanuel Hamelin.

“Nous avions l’obligation de féminiser nos listes. Chaque année, nous payons 8 millions d'euros de pénalités. Dans toutes les circonscriptions où nous n'avions pas de député sortant, nous avions fléché des candidates", glisse un parlementaire du Rhône. En 2012, lors des précédentes élections législatives, l'UMP avait investi moins de 50 % de femmes. Cette entorse à la parité pèse lourdement sur les finances d'un parti déjà mal en point.

Crédit épuisé

Mais, pour les soutiens d'Emmanuel Hamelin et de Michel Havard, la parité est un alibi. Ainsi, sur deux circonscriptions vacantes, des candidats masculins ont été investis : Alexandre Vincendet (7e) et Jérôme Moroge (12e).

"Ces deux candidats sont maires d'importantes villes de leur circonscription. Ils ont fait tomber des bastions de gauche. Par rapport à des gens qui ont perdu des législatives et des municipales, ils sont forcément vus avec un œil bienveillant", poursuit un cadre local du parti Les Républicains.

Avec les investitures aux législatives, la droite locale, dans laquelle les Lyonnais n’ont plus leur mot à dire, acte d'une certaine manière la fin du crédit accordé à Michel Havard et Emmanuel Hamelin, jusqu'à présent vus comme les leaders naturels.

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