En 2001, Guillaume Lamy avait déjà suivi la soirée électorale au siège du FN, à Lyon. Il a fait de même dimanche soir. Reportage.
Dimanche 30 mars, 2e tour des élections municipales, cours Verdun, QG du FN. Une jeune maman porte un bébé en bandoulière, quelques trentenaires BCBG discutent foot autour d'une Kronenbourg, pas mal de seniors convoitent un buffet charcuterie/vin rouge, un ou deux rasés de près la jouent un peu plus grande gueule et gros bras. Pas de quoi pendre ses jambes à son cou.
Le FN 2014 rassemble une France tout ce qu'il y a de plus normale.
Si l'on tente la comparaison avec 2001, c'est le jour et la nuit. Il y a 13 ans, on s'était copieusement fait insulter. Les militants regardaient derrière notre épaule pour jeter un œil aux notes qu'on prenait, avant de les lire à haute voix.
Bref, l'ambiance était tendue. Dehors, des jeunes, coupe "courts sur les côtés plus longs dessus", chèche autour du cou nous chahutaient.
Troisième voie
Dimanche 30 mars 2014, 22 heures et des poussières. Les résultats sont désormais définitifs. Christophe Boudot, le candidat lyonnais de l'extrême-droite monte sur une petite estrade. Derrière lui, le portrait de Marine Le Pen et une affiche "Marine, ça urge !".
"Le Front national fait son retour au conseil municipal ! C'est une victoire historique ". "Boudot ! Boudot ! Boudot !" crie la quarantaine de militants et de sympathisants présents. "C'est le début de la reconquête de la ville, une troisième voie politique est née ! Nous serons les vigies de la mauvaise gestion, du clientélisme et de l'opacité de la politique de Gérard Collomb. Le FN est de retour !". Salve d'applaudissements et de cris.
Quenelles et musique néo-nazie
Dehors, un groupe de jeunes encartés plaisantent, à deux pas du restaurant turque Karizma : "on va pouvoir aller se faire des quenelles à droite à gauche !" - allusion aux quenelles de Dieudonné -, "quand j'affiche, personne n'ose plus rien me dire, ils se pissent dessus les mecs !" , "c'est fini le temps où on était des parias !".
Un grand type sort alors du local de campagne du FN. Il enfourche sa moto, une Ducati flambant neuve. C'est la plaque d'immatriculation qui intrigue. Fond blanc, bordée de rouge et signée Feindflug, avec deux insignes de chaque côté : à droite, la croix de fer, distinctive de tous les drapeaux, badges et brassards du NSDAP, le parti national-socialiste des travailleurs allemands, plus connu comme le parti nazi.
Sur la gauche, le symbole du groupe électro-indus allemand Feindflug. Un tour sur YouTube suffit à se faire des frissons dans le dos. Les clips de Stukas im Visier, d'Ersatzeil, de Truppenschau ou de Roter Schnee montrent des images de guerre, des bombardements de la Luftwaffe, des raids de Panzer allemands, le tout sur des samples de discours d'Adolf Hitler.
Rien n'a changé au FN
Si sur son site officiel, le groupe Feindflug se défend de colporter les idées néo-nazies, tout porte à croire l'inverse. Corine, une française installée à Berlin depuis une dizaine d'années, est allé voir plusieurs disquaires dans le quartier branché de Kreuzberg. Aucun ne veut vendre les disques du groupe Feindflug. "On refuse de les vendre car c'est une quasi certitude que le groupe lance des appels et des clins d'oeil aux néo-nazis, plus qu'il ne dénonce".
Finalement, au FN, rien n'a changé, sauf les apparences.
Ci-dessous, le clip Stukas im Visier du groupe Fleindflug :
L’Issep, nouveau théâtre des marionnistes
UMP/Centristes, pas de solution, PS/PC/verts, pas de solution, Mais il n'y a pas que le FN (qui n'a pas non plus de solution, le passé nous le prouve) comme alternative. Le monde alternatif hors clivage est méprisé par les médias. Résultat, rien n'avance. Il serait temps d'arrêter le mépris.
la croix de fer c'est une décoration militaire allemande ! Lyon capitale doit confondre avec la svastika ,croix gammée ,symbole en effet du parti nazi ! Qui veut trop montrer ! voilà pourquoi le Front monte ! On dirait que vous voulez tous qu'il arrive au pouvoir ! Incroyable de stupidité quand toutes ces méthodes ont échoué !
La croix de fer est effectivement une décoration allemande, qui fut créée en 1813 par Frédéric-Guillaume III de Prusse afin de récompenser les actes de bravoure des soldats durant la guerre contre l'empire français de Napoléon Bonaparte. La croix de fer, encore aujourd'hui, demeure le symbole de l'armée allemande.
En 1939, Adolf Hitler rétablit la distinction, au milieu de laquelle figure désormais une croix gammée, symbole du parti nazi (croix gammée nazie qui n'est autre que la représentation dextrogyre - qui pointe vers la droite - de la svatiska asiatique, métaphore de l'éternité).C'est la raison pour laquelle la croix de fer est souvent associée à l'Allemagne nazie.
Plus récemment, la croix de fer a été adoptée par certains groupes pour exposer leur désobéissance et leur anti-conformisme : ce sont les skinheads (dans le sens 'naziskins', car au départ, à fin des années 60, les skinheads sont des blancs des quartiers prolétaires anglais issus du groupe des mods et des rude boys, immigrés antillais, autour de leur même goût pour la musique noire américaine et jamaïcaine), les boneheads (les plus durs, racistes et/ou néo-nazis), et les bikers.