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Et si les finances du Grand Lyon allaient même trop bien ?

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Ce lundi, était organisé le débat d'orientation budgétaire pour 2012. En dépit de la non augmentation des taux, les rentrées fiscales progressent de plus de 3%. Toutefois, "depuis dix ans, les dépenses augmentent moins vite que les recettes", souligne Jacky Darne, vice-président en charge des Finances. La droite demande une meilleur exécution des investissements projetés, et notamment la réalisation "de vrais projets structurants".

"On ne peut compter que sur nous-mêmes". En présentant les orientations budgétaires de l'an prochain, Jacky Darne, le vice-président au Grand Lyon en charge des Finances, n'a pas manqué d'égratigner l'Etat. Les recettes de fonctionnement augmenteront l'an prochain de 3,7% par rapport à 2011, s'élevant à 1,2 milliard d'euros. Un dynamisme qui s'explique par la progression de la fiscalité pesant sur les ménages (+ 3,4%) et sur les entreprises (+ 3,2%). Ce ne sont pas les taux qui s'alourdissent : ce sont les bases qui progressent, traduisant une augmentation de la population et la bonne santé des entreprises. En revanche, stagnent les dotations de l'Etat (+ 0,2%). "Ce qu'il faut retenir, c'est que les recettes augmentent de manière significative sur nos propres ressources et non sur les dotations de l'Etat qui stagnent", insiste Gérard Collomb.

Incertitudes pour 2012

Jacky Darne n'a pas caché les inquiétudes que lui inspire la conjecture économique globale. Il fait état d'une "situation économique locale stable cet été mais avec des signes de plus en plus perceptibles de détérioration sur le territoire du Grand Lyon". Or un ralentissement de l'activité voire une récession provoque mécaniquement un assèchement des rentrées fiscales. "La valeur ajoutée des entreprises est très liée à la croissance", précise le vice-président. Pour l'année 2012, le gouvernement table sur un taux de croissance de 1% qui laisse les observateurs sceptiques. Le Grand Lyon, lui, mise sur 2,5%, les performances économiques globales de l'agglomération étant supérieures à la moyenne nationale. Toutefois, si les résultats devaient être plus décevants, les conséquences se feraient surtout ressentir en 2013, la fiscalité se calculant sur les revenus de 2012. Reste la question du taux d'emprunt, notamment en cas de dégradation du AAA français par les agences de notation. "Pour l'instant le taux moyen d'emprunt est inférieur à 3%", indique Jacky Darne.

Les dépenses de fonctionnement vont progresser à un rythme moindre (+ 2,6%), atteignant tout juste le milliard d'euros. "Depuis dix ans, on a toujours augmenté plus vite nos recettes que nos dépenses", souligne l'élu socialiste. Parmi elles, les charges de personnel (196 millions d'euros) sont en hausse de 3,3%. "Est-ce normal que la masse salariale augmente aussi vite que le budget de fonctionnement dans sa totalité ? Est-il normal que le Grand Lyon embauche régulièrement des cadres A, chargés de réflexions, alors que nous multiplions les recours aux cabinets de conseil extérieurs qui sont fort chers ?", s'est interrogé Max Vincent (centre droit).

Jacky Darne lui a répondu que "10% des effectifs sont des ingénieurs", nécessaires pour mener à bien les projets futurs. "Les investissements ont besoin de personnes pour les suivre", a-t-il expliqué, refusant d'opposer investissements et charges de fonctionnement. Au final, le Grand Lyon prévoit de dégager un autofinancement de 210 millions d'euros, en progression de 9,3% par rapport à 2011. Si l'on déduit le remboursement du capital de la dette, on parvient à une épargne nette de 120 millions d'euros, en hausse de 20%. L'encours de la dette s'élève à 1,235 milliard d'euros, un montant à peu près stable depuis quelques années (voir graphique).

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"Votre successeur aura les mains liées"

Certes, le Grand Lyon dépense moins qu'il ne perçoit. Mais ne perçoit-il pas trop ? C'est l'angle d'attaque retenu par l'opposition. "On pourrait douter que l'économie réelle connaisse des problèmes à la lecture de ces chiffres, a critiqué Baptise Dumas qui a fait les comptes : 141 millions d'euros de recettes supplémentaires depuis 2008. L'élu villeurbannais conteste surtout le montant des autorisations de programme, cette somme qui sert à financer les réalisations de demain. Ce chiffre s'élève à un milliard d'euros et atteindra selon lui 1,2 milliard d'euros à la fin de la mandature. "Ce sont des projets annoncés, votés mais non réalisés. Votre successeur se retrouvera lesté et aura les mains liées", déplore-t-il, dénombrant 220 projets nouveaux dans les tuyaux. Jacky Darne a toujours jugée normale cette pratique, soulignant que nombre de projets au long cours, comme Rives de Saône, impliquent des investissements courant sur plusieurs années.

Il n'empêche, la droite demande que les investissements se concentrent sur "de vrais projets structurants", notamment pour faire face à l'augmentation de population attendue d'ici à 2040. "Où en est le TOP ?', a demandé Baptiste Dumas. Le sénateur-maire d'Oullins François-Noël Buffet suggère le prolongement du métro B jusqu'aux Hôpitaux Sud d'ici au début du prochain mandat, ou l'achat de réserves foncières pour préparer l'avenir.

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Légende graphique : APUL désigne les administrations publiques locales

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