Couac autour des musiques actuelles

On dirait le titre d'un (mauvais) polar. C'est l'intitulé d'un communiqué adressé par le directeur d'une école de musique de Nancy, Hans J. Kullock. "Profondément blessé", il a décidé de raconter ses mésaventures lyonnaises à la presse, "pour ne pas laisser sans réponse l'intolérance" dont il dit avoir été victime, de la part du chargé de mission "musiques actuelles" du maire de Lyon Jean-Pierre Bouchard. Invité par Dominique Perben, qui a le projet de créer une Music Académy International à Lyon, sur le modèle de son école nancéenne, Hans J. Kullock a participé, le 5 février à une rencontre-débat sur les musiques actuelles. Or, le lendemain de son intervention, il reçoit un coup de fil depuis la mairie de Lyon de Jean-Pierre Bouchard, qu'il résume en ces termes : "Il m'a dit avoir téléphoné (...) afin que mon école ne touche plus de subventions de l'Etat. Il m'a ensuite menacé et interdit de remettre les pieds à Lyon". "Jamais on ne m'a parlé avec une telle violence" ajoute le directeur. "Je le raccompagnais à la gare quand il a reçu ce coup de fil, il est devenu blème, il était vraiment choqué" témoigne Pierre Delacroix, tête de liste dans le 7e arrondissement du candidat Perben. "C'est un vrai scandale ; on a l'impression qu'il y a des propriétés privées dans cette ville" poursuit le candidat, qui organisait la rencontre sur les musiques actuelles au Ninkasi.

"J'avoue que j'ai été un peu agacé par cette rencontre qui se présentait comme un forum et était en fait une réunion politique" concède Jean-Pierre Bouchard, qui a demandé la parole, lors du débat, pour réagir à des "contre-vérités" selon lui telles que  : "Collomb veut tuer la vie nocturne et la mettre au Confluent". "Les musiques actuelles, c'est mon boulot depuis sept ans ; je ne peux pas laisser dire n'importe quoi !" Fallait-il pour autant rappeler Hans J. Kullock le lendemain ? "Je lui ai demandé : "t'es qui pour dire que Lyon est un désert musical ?". Là-dessus le ton est monté ; je lui ai dit que les gens comme lui, on n'en avait pas besoin à Lyon. Je n'ai pas été très courtois, mais c'était une bonne engueulade entre gens passionnés, c'est tout" estime Jean-Pierre Bouchard. Hans J. Kullock ne l'a pas entendu de cette oreille. Dans ce climat électrique de campagne électorale, Dominique Perben a eu beau jeu de se fendre lui aussi d'un communiqué pour dénoncer des "méthodes indignes".

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