Alexandre Vincendet
Alexandre Vincendet

"Si nous ne gagnons pas le deuxième tour, il n’y aura pas de troisième tour", tempère Alexandre Vincendet (Horizons)

Alexandre Vincendet, maire Horizons réélu au premier tour à Rillieux-la-Pape, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.

Réélu facilement maire de Rillieux-la-Pape pour un troisième mandat, Alexandre Vincendet se projette sans triomphalisme sur le second tour et les perspectives de victoire des listes Grand Coeur lyonnais : "ous avons des premiers résultats, mais il reste une campagne de second tour. Aujourd’hui, oui, la métropole est gagnable. Nous verrons quels seront les équilibres au sein du conseil métropolitain. Dans six jours, nous serons au lendemain du second tour et nous connaîtrons la composition de cette assemblée. Je pense que c’est jouable. Cela sera peut-être moins net que ce que nous pouvions espérer. Il faudra peut-être trouver des équilibres".

Soutien de la première heure de Jean-Michel Aulas, Alexandre Vincendet tente d'inverser le récit autour du score de premier tour de l'ancien président de l'OL : "quand vous êtes maire sortant, avec la métropole alignée sur vous, avec des moyens importants, avec un bilan à défendre, faire 37 % ce n’est pas extraordinaire. Je veux bien que l’on explique que Grégory Doucet a réalisé un exploit, mais pour un maire sortant ce n’est pas un score formidable. Si l’on compare avec Gérard Collomb, qui a été réélu dès le premier tour en 2008 et qui a résisté à la vague bleue en 2014, 37 % pour un maire sortant, ce n’est pas glorieux. De l’autre côté, Jean-Michel Aulas partait de zéro".

La retranscription intégrale de l'entretien avec Alexandre Vincendet

Bonjour à tous et bienvenue. Vous regardez 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd’hui, nous sommes avec Alexandre Vincendet. Vous êtes maire Horizons, réélu à Rillieux-la-Pape, et également candidat réélu sur votre circonscription du Plateau Nord pour le compte de la liste Grand Cœur lyonnais. Nous allons d’abord évoquer la ville puis nous enchaînerons sur la métropole. Une élection à Rillieux dès le premier tour avec un score…

Avec deux listes, on ne prenait pas beaucoup de risques : j’étais sûr qu’il y aurait un maire élu dès le premier tour.

Mais avec un score bien plus important que ceux que vous aviez précédemment réalisés. Si l’élection semblait probable, est-ce que l’ampleur du résultat vous a surpris ? Et cela vaut aussi pour beaucoup de maires de droite qui ont été élus dès le premier tour.

À Rillieux, ce n’est pas tant le score en pourcentage qui est impressionnant. Même si 73 %, j’ai encore du mal à me dire depuis hier soir que je fais presque 73 % des voix au premier tour, ce qui est assez incroyable. D’autant plus que, normalement, il y a toujours un phénomène d’usure : c’est un troisième mandat.

Elle est peut-être chez vous plus que chez les électeurs ?

En tout cas, la chose qui nous porte surtout, c’est le nombre de voix. Je crois que nous faisons presque 6 700 ou 6 800 voix. Cela n’est jamais arrivé dans l’histoire de cette commune qu’un maire fasse un tel score en nombre de voix. Je fais presque 1 700 voix de plus que mon meilleur score toutes élections confondues depuis douze ans à Rillieux-la-Pape. C’est incroyable.

Tout cela n’est pas tombé du ciel. Je pense que ce sont ces douze ans de travail qui sont récompensés. La commune est en train de connaître la plus grande transformation de toutes les communes de l’agglomération de Lyon.

Et il y a peut-être une transformation que nous allons évoquer après ?

En tout cas, une transformation massive. J’avais promis de changer les choses et de renverser la table à Rillieux il y a douze ans. Je pense que nous avons tenu nos promesses. C’est aussi, je pense, le programme, parce que nous développons une vision.

C’est ce que je disais durant cette campagne : la grammaire du maire, sans vouloir faire de rimes, c’est d’arriver à régler les problèmes du quotidien — le trou dans le trottoir, le chien qui n’est pas tenu dans le parc — et dans le même temps de savoir projeter ses administrés sur un territoire qui était en souffrance sur les quinze, vingt ou trente prochaines années en disant : voilà où je vous emmène.

Quand on arrive à faire venir des noms comme Paul Bocuse à Rillieux-la-Pape, quand on arrive à recréer de la mixité sociale, quand on construit une des plus belles médiathèques de France, quand on veut faire de la ville une capitale de la culture urbaine de la métropole, on arrive à fédérer les énergies et à rassembler bien au-delà de son camp. Parce qu’il n’y a évidemment pas que des gens de droite qui ont voté pour moi. Et j’ai gagné tous les bureaux de vote, y compris dans la ville nouvelle. Nous avons aussi fait reculer la France insoumise de façon très importante, avec une participation très forte.

Vous évoquiez des transformations. Il y en a une qui manque sur le Plateau Nord et qui concerne aussi Rillieux : un mode de transport lourd. Il a été proposé par la liste écologiste battue sur la circonscription métropolitaine. Votre candidate, Véronique Sarselli pour Grand Cœur Lyonnais, ne propose pas ce projet dans son programme. Pourtant, vous, les maires du territoire, l’avez proposé.

Si vous remarquez, cela a été évoqué lors du dernier meeting commun de Jean-Michel Aulas et Véronique Sarselli.

Vous pouvez prendre l’engagement que ce projet sera lancé dans le mandat ?

Je vais vous dire pourquoi. Pour une raison simple : les trois maires se sont fédérés, malgré nos différences d’étiquette politique.

Ce sont des sensibilités.

Oui, mais nous ne sommes pas tous chez LR, nous ne sommes pas tous chez Horizons. C’est aujourd’hui une alliance au service du territoire. C’est ce que nous avons porté. Les électeurs nous ont fait gagner dès le premier tour. C’est historique : on n’avait jamais gagné une élection métropolitaine au premier tour.

Il y avait tout de même un précédent.

Oui, mais nous n’avions pas gagné au premier tour. Là, nous faisons sept sièges sur huit dès le premier tour. C’est une validation massive.

Chose très claire : nous avons pris un engagement vis-à-vis des électeurs. Nous allons donc tout faire, quel que soit le résultat à la métropole, pour que le Plateau Nord ait son transport en commun lourd. C’est un engagement structurant pour notre territoire. Et quand je prends un engagement devant les électeurs, je le tiens.

La métropole, au lendemain du premier tour, vous paraît-elle gagnable pour votre camp, pour la droite, pour Grand Cœur Lyonnais ? Vous estimez pouvoir gagner huit ou neuf circonscriptions sur les quatorze ?

Je n’aime pas travailler sur des projections. Nous avons des premiers résultats, mais il reste une campagne de second tour. Aujourd’hui, oui, la métropole est gagnable. Nous verrons quels seront les équilibres au sein du conseil métropolitain. Dans six jours, nous serons au lendemain du second tour et nous connaîtrons la composition de cette assemblée.

Fondamentalement, je pense que c’est jouable. Cela sera peut-être moins net que ce que nous pouvions espérer. Il faudra peut-être trouver des équilibres. Mais il faut se battre jusqu’au bout.

J’ai tout de même une question sur le troisième tour.

Je n’y répondrai pas.

Je vais quand même tenter ma chance. La candidate de Grand Cœur Lyonnais pour la présidence de la métropole, c’est Véronique Sarselli. Est-ce aussi votre candidate pour la présidence de la métropole de Lyon ?

Encore une fois, jouons d’abord le deuxième tour. Ensuite, nous parlerons du troisième.

Mais ce n’est pas clair. Chez les écologistes, par exemple, c’est très clair.

Sur le Plateau Nord, les gens ont élu Bastien Joint, Alexandre Vincendet et Damien Monnier qui faisaient liste commune.

Et aussi les candidates femmes.

Oui, mais les trois maires. Sur le Val de Saône, c’est Sébastien Michel qui a été élu avec l’ensemble de sa liste. Chez Véronique Sarselli, les électeurs ont voté pour Véronique Sarselli. Sur Porte-des-Alpes, ils ont voté pour Gilles Gascon.

Si nous pouvions arrêter de penser au troisième tour et nous concentrer sur le deuxième, ce serait déjà bien. Parce que si nous ne gagnons pas le deuxième tour, il n’y aura pas de troisième tour. J’aime faire les choses dans l’ordre.

Je rappelle qu’il y a six ans nous avons voulu jouer le troisième tour avant le deuxième et cela s’est très mal terminé. Si, de temps en temps, nous pouvions respecter les électeurs, le processus électoral et attendre l’élection du deuxième tour avant de nous projeter sur le troisième, ce serait plus respectueux.

Vous avez des amis qui n’ont pas été élus au premier tour, notamment à Lyon. Jean-Michel Aulas arrive finalement derrière Grégory Doucet, ce qui est la surprise de la soirée. Comment expliquez-vous que la dynamique Aulas se soit essoufflée en fin de campagne ?

Il y a toujours un resserrement des votes. On le voit dans l’ensemble des grandes villes. Regardez Paris : les dynamiques des sondages ne sont pas les mêmes dans les dernières semaines.

Ensuite, quand vous êtes maire sortant, avec la métropole alignée sur vous, avec des moyens importants, avec un bilan à défendre, faire 37 % ce n’est pas extraordinaire. Je veux bien que l’on explique que Grégory Doucet a réalisé un exploit, mais pour un maire sortant ce n’est pas un score formidable.

Si l’on compare avec Gérard Collomb, qui a été réélu dès le premier tour en 2008 et qui a résisté à la vague bleue en 2014, 37 % pour un maire sortant, ce n’est pas glorieux.

De l’autre côté, Jean-Michel Aulas partait de zéro. Les sondages annonçaient parfois 50 %. Je ne me fie jamais aux sondages. Une prédiction reste une prédiction. Ensuite, ce sont les électeurs qui décident.

Il y a maintenant une campagne de second tour et nous verrons ce que fera M. Doucet avec La France insoumise. Cela va être un vrai sujet.

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