Mohamed Amin Ben Kraiem est représentant des étudiants en médecine de Lyon Est.

Médecine : "Une 4e année d'internat ne résoudra pas le problème de l'accès aux soins" (Vidéo)

Mohamed Amin Ben Kraiem est représentant des étudiants en médecine de Lyon Est. Il vient sur le plateau de l'émission "6 minutes Chrono" pour parler de la mobilisation des étudiants en médecine face au projet de loi du gouvernement.


Le gouvernement dans son projet de budget de la sécurité sociale 2023, prévoit une réforme de l'internat - le 3e cycle des études de médecine - des futurs médecins généralistes. Ce dernier se déroule majoritairement sous forme de stages en 3 ans.

La réforme propose d'allonger les études de médecine d'une année afin d'envoyer les étudiants dans les déserts médicaux.

Une 4e année d'internat en priorité dans les déserts médicaux

Mohamed Amin Ben Kraiem développe la position des étudiants engagés : "Deux éléments nous déplaisent dans ce projet de loi : c'est d'abord cette quatrième année d'internat pour la médecine générale. Cela allongerait à 10 ans les études de médecine générale. Ce qui est plus élevé que nos voisins allemands ou canadiens par exemple qui ont 7 à 8 ans d'études. Ensuite, ce qui nous dérange c'est que cette 4e année se déroule en priorité dans les déserts médicaux, ce qui ne résoudra pas le problème de l'accès aux soins pour les Français malheureusement."


"87% de la France est en désert médical, on s'en rend bien compte à Lyon, à Villeurbanne.


Vers la fin de la liberté d'installation des diplômés en médecine ?

L'étudiant en 3e année de médecine poursuit : "En deuxième partie de ce qui nous déplaît : toutes les mesures coercitives proposées par le gouvernement, qui veulent réduire la liberté d'installation des médecins. Dans ce projet de loi, il y un article qui met l'idée d'un conventionnement sélectif sur la table. Le conventionnement sélectif c'est dire à un jeune diplômé en médecine : "si vous ne vous installez pas dans les zones rurales, on ne vous conventionne pas avec l'assurance maladie et donc vos patients ne seront pas remboursés par la sécurité sociale". C'est un énorme outil de pression qui crée une médecine à deux vitesses, celle des riches et des pauvres qui n'ont pas les moyens."


"si vous ne vous installez pas dans les zones rurales, on ne vous conventionne pas avec l'assurance maladie et donc vos patients ne seront pas remboursés par la sécurité sociale"


Les déserts médicaux : un problème de nombre, pas de répartition

Pour Mohamed Amin Ben Kraiem : "87% de la France est en désert médical, on s'en rend bien compte à Lyon, à Villeurbanne. On n'arrive pas à trouver des médecins généralistes rapidement. La situation est très grave. Le problème ne vient pas de la mauvaise répartition des médecins. Le problème est celui du nombre : on manque de médecins en France. Il faut en former plus." Il souligne aussi les mobilisation passées et à venir sur cette thématique : "Plus de 2000 étudiants dans la rue avec les élèves de Saint-Etienne, Clermont et Grenoble à Lyon le vendredi 14 octobre dernier. Il y a actuellement une grève pour les internes et une nouvelle proposée pour les externes."

 

Lire aussi : Lyon : Les internes en médecine en grève ce vendredi 14 octobre

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