Yoko Ono Balance Piece
© Marco Delogu

Yoko Ono, rétrospective éclairée au MAC de Lyon

Pour sa première rétrospective française, l’octogénaire chapeautée et chaussée de ses éternelles lunettes noires retrace au musée d’Art contemporain l’ensemble de sa carrière artistique, de 1952 à aujourd’hui.

L’artiste dans son installation We Are All Water, “Yoko Ono: Between the sky and my head”, au Kunsthalle de Bielefeld (Allemagne), en 2008 © Stephan Crasneanscki (Courtesy de l’artiste)

© Stephan Crasneanscki
Dans son installation We Are All Water, “Yoko Ono : Between the sky and my head”, en 2008.

Pour le grand public, Yoko Ono est et restera madame John Lennon. La surmédiatisation de sa love story avec le leader charismatique des Beatles tout en cheveux longs et impudeur éclipsa quelque peu sa propre carrière artistique.

Pourtant, l’artiste japonaise née en 1933 fut une des figures féminines les plus marquantes de Fluxus, mouvement artistique post-dadaïste de la fin des années 1950 qui tendait à mêler l’art et la vie.

“Do It Yourself Fluxfest Presents Yoko Ono & Dance Co.” 1966 – Imprimé offset noir et blanc, prédécoupé en petites cartes, 56x43 cm (collection MAC de Lyon)  / Yoko Ono dans son loft de Chambers Street à New York, hiver 1960-61, avec (de gauche à droite) Simone Forti, John Cage, David Tudor, un inconnu, La Monte Young, Toshi Ichiyanagi, Toshi Mayazumi, Isamu Noguchi et un autre inconnu © Minoru Niizuma, Courtesy Yoko Ono (montage LC)

© Yoko Ono / Minoru Niizuma (montage LC)
Do It Yourself Fluxfest + Yoko Ono dans son loft de NY en 60-61 (laissez votre souris sur la photo pour découvrir l’identité de ses invités).

Elle côtoya son fondateur, George Maciunas, dès le début des années 1960 à New York, et acquit une certaine notoriété grâce à son soutien, ainsi que celui de personnalités telles que le compositeur minimaliste John Cage (qui fit d’ailleurs l’objet d’une exposition au MAC en 2012, John Cage-Erik Satie) dont elle suivit l’enseignement.

Yoko Ono, Cut Piece, 1964-1965 © Courtesy de l’artiste

Yoko Ono, Cut Piece, 1964-1965.

Versant dans l’art conceptuel et la performance, elle marqua son époque et son milieu par ses performances et ses films. Ainsi de Cut Piece où, à l’aide d’une paire de ciseaux, des spectateurs étaient invités à découper morceau par morceau les vêtements de l’artiste assise sur scène, impassible.

Son film intitulé Four était une succession de fesses qui marchent en gros plan, et Fly filmait l’errance d’une mouche sur un corps nu, servie par une performance vocale à base de cris.

Yoko, aujourd’hui

Pour les aficionados de l’art contemporain, force est de constater que Yoko Ono a rarement occupé les cimaises des expositions ces dernières années en France. Hormis les pièces montrées lors de la précédente Biennale (une installation interactive plantée dans le jardin de la fondation Bullukian et une série d’images de seins et de sexes féminins au MAC, déclinées en badges à emporter qui, par leur manque d’intérêt formel et sémantique, n’avaient guère convaincu) et une activité musicale indescriptible, on méconnaît totalement les productions actuelles de l’artiste.

Avec cette première rétrospective française, occupant l’intégralité des salles du MAC de Lyon, “Lumière de l’aube” permettra donc d’éclairer plus de soixante ans de création chez celle qui fut artiste avant d’être... people.

Yoko Ono / Lumière de l’aube – Du 9 mars au 10 juillet, au musée d’Art contemporain de Lyon.
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