© Jean-Louis Fernandez

Théâtre des Célestins : "Un vivant qui passe", ou l’aveuglement face à la barbarie nazie

Du 5 au 10 octobre, Nicolas Bouchaud propose une adaptation du documentaire de Claude Lanzmann Un vivant qui passe au théâtre des Célestins.

À la fin des années 1970, pendant la réalisation du documentaire Shoah, Claude Lanzmann a rencontré Maurice Rossel, ancien délégué suisse du comité international de la Croix Rouge.

Ce médecin avait visité le camp de concentration de Theresienstadt en 1944 en rédigeant un rapport complaisant, les autorités nazies ayant transformé le camp en lieu de villégiature avec match de football, manifestations culturelles et restaurants pour berner le délégué du CICR.


"Un racisme ordinaire, un antisémitisme larvé"


Dans Un vivant qui passe, film-entretien monté en 1997 à partir de rushes de Shoah, Lanzmann n’a de cesse de questionner et d’interpeler ce médecin. Ce dernier affirme n’avoir rien vu et reste évasif et confus, révélant l’aveuglement de l’époque face à la barbarie nazie et une forme d’adhésion implicite à l’antisémitisme.

De ce documentaire, Nicolas Bouchaud en a fait une adaptation théâtrale pour faire le lien avec notre présent. Pour lui, "Rossel est la meilleure incarnation de ce qui, dans nos vies, nous guette à chaque instant, un racisme ordinaire, un antisémitisme larvé. La haine de l’autre, qu’elle soit raciale, économique ou culturelle".  D'ailleurs, Maurice Rossel, qui a su plus tard ce qu’il se passait réellement dans les camps, déclara qu’il "n’aurait pas changé son rapport" pour autant.


Au théâtre des Célestins, du 5 au 14 octobre – Bord de scène le vendredi 8 après la représentation –   www.theatredescelestins.com


 

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