Kent © Yannick Perrin (montage LC)
Kent © Yannick Perrin (montage LC)

Quais du polar : Kent à Lyon tout le week-end

L’ancien chanteur de Starshooter, né à Lyon il y a “un bail”, comme il dit, y revient pour Quais du polar avec un roman où il dresse le portrait d’une époque et du milieu de la musique.

Chanteur de Starshooter, auteur-compositeur-interprète, dessinateur de BD, mais aussi romancier… Kent ne manque pas de cordes à son art. Le point commun de toutes ses créations artistiques est sans doute une forme de mélancolie douce, de poésie dans la grisaille. C’est en tout cas ce que l’on trouve dans le dernier roman du Lyonnais (il est né à Lyon en 1957).

Enquête sentimentale

Le héros de Peine perdue, Vincent, est un musicien cinquantenaire “revenu de tout sans y être jamais allé” – formule qu’il aime à se répéter –, en proie aux inconvénients de son âge : le physique qui s’empâte, l’énergie qui décroît, la séduction qui n’opère plus comme avant sur les jeunes filles. Le terrible coup du sort qui intervient dès les premières pages n’est pas fait pour arranger ce triste état des lieux : sa femme est retrouvée morte après un accident de voiture. Il devrait s’effondrer, hurler son chagrin ou au moins ressentir un peu de peine, mais rien de tel ne se passe. La vie continue. Les tournées, les concerts et même le succès qui le rattrape au détour de la cinquantaine… Autant d’événements qu’il regarde du coin de l’œil, sans en être vraiment affecté. Sa véritable interrogation porte sur son épouse disparue, le manque de chagrin qu’il a éprouvé. Tandis que s’enchaînent ses essais maladroits pour se raccrocher à l’existence et retrouver son goût des conquêtes féminines, avec les problèmes érectiles liés à son âge (on se croirait parfois chez Michel Houellebecq), il poursuit une manière de cheminement intérieur, une vraie enquête sentimentale sur le couple qu’il formait avec sa femme. Un suspense se crée, savamment entretenu par l’auteur. Et les dernières pages sont quasiment haletantes.

Entre portrait d’une époque, d’un milieu (celui de la musique) et d’un homme à la dérive, Kent signe un roman attachant, à la petite musique entêtante. Ce qui n’est pas étonnant venu d’un artiste qui est aussi musicien.

Kent / Peine perdue – éditions Le Dilettante, janvier 2019, 192 p.


Où voir et écouter Kent à Quais du Polar (outre ses séances de dédicace)

  • Samedi à 14h30 : Rencontre musicale, avec Philippe Manœuvre, à la Comédie-Odéon / GRATUIT, entrée libre, réservation conseillée
  • Dimanche à 14h30 : Rencontre d’une heure dans le hall du musée d’Art contemporain / GRATUIT, entrée libre

[Article extrait de Lyon Capitale n°785 – Février 2019]

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