Manhattan, ça vous gagne

Le début de l’automne, comme le printemps, est la meilleure période pour visiter New-York et son cœur battant, Manhattan. Une ville que l’on connaît sur le bout des doigts avant d’y arriver mais qui n’a de cesse de surprendre.

On connaît la grosse pomme comme si on l’avait faite, comme si on y était déjà allé dix fois. En quelque sorte on y a les souvenirs des autres, des médias, du cinéma, de la littérature ou du rock. Et quand on y arrive pour la première fois on est comme envahi d’un sentiment contradictoire de déjà-vu et d’inédit absolu. D’un coup, à la sortie du Queens (si vous ralliez Manhattan en taxi depuis JFK Airport, exemple non contractuel), la skyline se déploie comme les livres en relief pour enfant lorsqu’on les ouvre, donnant une portée nouvelle et plutôt inédite vue d’Europe aux 3 dimensions qui soudainement ont l’air d’être 4. Devant ce Grand Canyon de verre, on se sent minuscule. Et puis une fois à l’intérieur, on se croirait chez soi. On y déambule comme dans son propre couloir. Déjà parce qu’en dépit du gigantisme du lieu, on ne peut pas se perdre. Visiblement tracé par un maniaque traumatisé par la géométrie, le plan de la ville est tout en parallèle et perpendiculaire (avenues dans un sens, rues dans l’autre), à peine perturbé par la virgule Broadway qui se paie le luxe de croiser presque chaque avenue et rue de la ville. Boring ? Sûrement pas, car on ne vient jamais à bout de New York, pas même de Manhattan. C’est même plutôt l’inverse. Car Manhattan à elle toute seule est une ville-monde, un concentré de la planète où à chaque coin de rue on parle toutes les langues (40 % de la population est née à l’étranger). Une Babel à laquelle tout le monde appartient au bout de cinq minutes, conformément aux règles non écrites du rêve américain. On peut donc s’y perdre sans crainte, on retombe toujours sur nos pas, avec la certitude que cette ville qu’on connaît par cœur nous surprendra à chaque seconde.

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Plein les yeux

5 spots décalés, classiques ou merveilleux.
Coney Island
La plage de New York, à l’extrême sud de Brooklyn (accessible en métro depuis Manhattan) où les New-yorkais venaient jadis se détendre en famille.
Aujourd’hui un lieu imprégné du passé et de la mélancolie des chansons de Lou Reed (Coney Island Baby). Son interminable boardwalk accueille touristes, SDF old-school et riverains immigrés ukrainiens dans une atmosphère d’une autre époque, presque d’un autre monde.
Le Naked Cowboy
Vêtu d’un slip et d’un Stetson, mélange de chanteur country et de Chippendale, le Naked Cowboy est une icône américaine. On le repère aussi à l’essaim de jeunes filles qui lui courent après de trottoir en trottoir pour se faire prendre en photo à ses côtés contre un billet. C’est comme ça qu’il gagne sa vie.
Times Square. www.nakedcowboy.com

Le Guggenheim Museum
Temple de l’art moderne, le Gugg’ vaut le détour rien que pour son architecture en colimaçon pondue par Frank Lloyd Wright. Une configuration qui facilite le sens de la visite et le raffermissement des mollets (ça grimpe). Doté de près de 6000 œuvres, le musée fondé par Solomon Guggenheim (un mec blindé) n’en expose que 3 % et à tour de rôle faute de place. Ce qui permet d’y retourner très souvent.
1071 5th avenue (angle 89e rue).
www.guggenheim.org
L’Empire State Building
Pas très original, certes. On s’en veut presque un peu de jouer les touristes, à faire la queue dans les étages du plus haut building de New York. On trépigne un peu au milieu d’une véritable internationale de touristes disciplinés (à l’exception de quelques Français, bien entendu). On grogne pour la forme (on est français) quand on passe à la fouille comme à l’aéroport (merci Ben Laden). Et puis tout s’évapore une fois au sommet au contact d’un point de vue proprement hallucinant sur la ville, le New Jersey et l’horizon, qui donne un peu l’impression d’être à la fois au sommet et au centre du monde.
350 5th Avenue. www.esbnyc.com
Le Bowery Ballroom
Niché au cœur du Bowery dans le Lower East Side, doté d’un bar lounge façon repère de vampires et d’une salle en forme de petit théâtre au charme dingue, le Bowery Ballroom accueille la crème du rock indé new-yorkais et international. Le concours de look étant de rigueur, le spectacle est aussi dans la salle. Sinon, à quelques rues, il y a le Mercury Lounge sur East Houston Street, plus petit, plus roots, parfois sonorisé avec les pieds mais authentiquement alternatif.
6, Delancey Street. www.boweryballroom.com
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Shopper’s digest

Capitale mondiale du shopping, New York nécessite parfois d’aller
à l’essentiel. Qui peut être celui-là.
Macy’s
Le plus grand magasin du monde, une sorte de Galeries Lafayette pour Gargantua du shopping, étalé sur l’équivalent de cinq blocks. Ses neuf étages, et ses salles grandes comme des terrains de foot, décourageront les shoppeuses petits bras. Les pros, elles, se bloqueront deux jours pour en faire le tour (il faut bien ça) et tomberont amoureuses de ses escaliers roulants en bois et de leur bruit si caractéristique.
151 West 34th Street. www.macys.com
Century 21
Non, il ne s’agit pas d’une agence immobilière mais bien du temple du dégriffé. C’est à deux pas de Ground Zero et d’ailleurs on s’y croirait un peu tellement c’est le bazar. Là, les archéologues de bacs à soldes et autres Indiana Jones de la frippe trouveront, si elles s’en donnent la peine, de belles reliques frippières.
22 Cortlandt Street. www.c21stores.com

United Nude
Le Graal, on sait ce que c’est : une paire de chaussures que les copines ne pourront pas avoir. Avec ses chaussures de ouf, mêlant design, architecture et abstraction, United Nude se rapproche sans doute plus que les autres d’une version pédestre de la Sainte Coupe du Christ. On commence à les trouver un peu partout mais les acheter dans l’une des deux seules boutiques officielles de la marque, c’est le petit plus UN.
268 Elizabeth Street. www.unitednude.com
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Sur le pouce

Pressé par le temps mais affamé, c’est la règle à New York. Trois moyens de la contourner.
Buttercup Bake Shop
La tendance à New York c’est la boutique où on ne pourrait pas garer un solex mais où l’on emmènerait bien la terre entière. Tel ce salon de thé à l’américaine, et ses trois tables qui aimeraient pousser les murs, où muffins, pies en tout genre et cupcakes de l’espace poussent comme des champignons trop arrosés. On ressort chancelant et gavé de sucre en promenant son doggy bag, yeux plus gros que le ventre oblige.
973 2nd avenue. www.buttercupbakeshop.com
Whole Food Market
New York a tendance à gaver : on y mange beaucoup et à peu près tout le temps, sans oublier que les portions small sont calibrées sur l’appétit d’un cachalot. Comme un îlot de nourriture saine, il y a les Whole Food Market, immenses supermarchés bio dotés de cafétérias où la verdure (incomparable et bio-issime) est à l’honneur dans des saladiers grands comme des lavabos qui sentent bon le corps sain.
www.wholefoodmarket.com
Shake Shack
On est d’abord intrigué par la file d’attente qui serpente sur une partie de Madison Square Park en se demandant ce que le New-yorkais attend d’un pied si ferme, une goutte de bave à la commissure des lips. Puis on se joint à la file en concluant que ça doit valoir le coup. La récompense : le meilleur hamburger de New York préparé par Danny Meyer, le Bocuse branché de la discipline. On en prend un, on le mange sur un banc en matant les écureuils et il n’en faudrait pas beaucoup plus pour demander illico une carte verte.
Southeast corner of Madison Square Park. http://shakeshack.com
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BON PLAN
LE CITY PASS
Pour 79 dollars, le City Pass, qu’on trouve un peu partout, à commencer par le très design office du tourisme, donne accès à une dizaine des sites les plus connus de NY (Empire State, Statue de la Liberté & Ellis Island, principaux musées...). Cela revient deux fois moins cher que de visiter tous les sites sans Pass et surtout on évite la plupart des interminables files d’attente qui précèdent les visites. Bref, tout bénéf’.

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De passage à Lyon ce jeudi pour une dédicace de son livre devenu best-seller, Seper Hero. Le voyage interdit qui a donné du sens à ma vie, Marine Barnérias s’est confiée à Lyon Capitale. Aujourd’hui âgée de 23 ans, les médecins lui ont diagnostiqué une sclérose en plaques il y a deux ans. Au lieu de se laisser abattre, elle décide d’entreprendre un voyage de sept mois à travers trois pays - Nouvelle-Zélande, Birmanie et Mongolie - pour apprendre à écouter ce corps et à apprivoiser cette maladie qui a fait irruption dans sa vie.
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