Una oda al tiempo, de Maria Pagès © DR
Una oda al tiempo, de Maria Pagès © DR

Lyon sous le signe du flamenco

Habituellement proposé par la Maison de la danse en milieu de saison, l’Archipel consacré tous les ans à un artiste ou un style chorégraphique se fait cette année en collaboration avec les Nuits de Fourvière, sous le signe du flamenco. Lancement ce mercredi.

Stéphanie Fuster dans “Questcequetudeviens”, d’Aurélien Bory © Aglae Bory
Stéphanie Fuster dans “Questcequetudeviens”, d’Aurélien Bory © Aglae Bory

L’Archipel Flamenco de la Maison de la danse débute ce mercredi avec une curiosité, Questcequetudeviens ? d’Aurélien Bory, un artiste qui mêle un théâtre physique et hybride à la danse, au cirque, à la musique et aux arts visuels, s’intéressant particulièrement à l’architecture de l’espace. La pièce reflète sa rencontre avec la danseuse Stéphanie Fuster, qui quitta la France plusieurs années pour se consacrer uniquement au flamenco à Séville, travaillant entre autres avec le grand danseur Israel Galván. À son retour, elle a demandé à Aurélien Bory de lui écrire un spectacle, ce qu’il a fait, explorant toujours la notion d’espace, creusant le lien entre sa danse flamenca qui s’exprime sur scène et la vie intérieure d’une femme qui cherche à exister.

Le désert et le temps

Huit ans après leur première venue à Fourvière, Sidi Larbi Cherkaoui et María Pagés redéploient dans cet Archipel leur Dunas, magnifique duo évoquant le désert, lieu propice au danger mais aussi à la liberté et à la créativité. Les lumières sont ocre et chaudes, les corps aussi fluides que les voiles et la danse est magnifiquement transformée dans cette rencontre entre le contemporain et le flamenco, entre deux corps qui savent se rejoindre et se parler. María Pagés sera également présente avec Una oda al tiempo, accompagnée sur scène par sept musiciens, quatre danseurs et quatre danseuses ; conçue comme un dialogue avec la mémoire de la danse flamenca, cette pièce interroge de manière intime sa propre mémoire, l’éphémère de la vie, ce qu’il en reste mais également le sens de l’art.

Cet Archipel nous permettra aussi de voir pour la première fois à Lyon Eduardo Guerrero, annoncé comme celui qui renouvelle la danse flamenca (voir ci-dessous).

Cantaor

Le tour de cet Archipel serait incomplet sans le chant de Miguel Poveda qui, c’est certain, fera vibrer l’odéon de Fourvière. Né en 1973, ce chanteur autodidacte, jeune banlieusard de Barcelone sans la moindre attache flamenca, a débarqué et explosé sur scène en 1993, année au cours de laquelle il gagna cinq prix au festival du Chant des mines (del Cante de las minas) pour ensuite enchaîner les disques et les tournées mondiales. Considéré comme l’une des voix les plus importantes et les plus belles du flamenco actuel, ce cantaor maîtrise la tradition du cante jondo tout autant qu’il se plaît à flirter avec des styles moins conformistes.

Archipel Flamenco – Du 6 au 23 juin à la Maison de la danse et au théâtre antique dans le cadre des Nuits de Fourvière


Le renouveau du flamenco

Eduardo Guerrero © Marjon Broeks
Eduardo Guerrero © Marjon Broeks

Originaire de Cadix, Eduardo Guerrero (35 ans) a appris à danser dès l’âge de six ans, commençant par l’école de Carmen Guerrero pour ensuite travailler avec Mario Maya, Antonio Canales, Manolo Marín et surtout Rocío Molina dont nous avons déjà vu à Lyon le travail très original. Plusieurs fois récompensé pour ses interprétations, il a créé en 2011 son premier spectacle, De Dolores, à Cadix, suivi d’autres dont El Callejón de los pecados (La Ruelle des péchés) présenté ici dans le cadre des Nuits de Fourvière. D’une plastique impressionnante, son corps est le lieu d’une danse qui allie un vocabulaire traditionnel à des propositions gestuelles très contemporaines exprimant des émotions puissantes et à fleur de peau, avec également un jeu de jambes virtuose faisant claquer un zapateado fin et musical. Dans cette pièce qui évoque une ligne de vie sculptée de lumière, mais aussi d’aspérités et d’obscurités, il est accompagné par trois musiciens qui font littéralement corps avec lui et amplifient les émotions projetées sur scène. Solidement ancré dans sa connaissance du flamenco, Eduardo Guerrero revendique un art traversé par toutes ses rencontres artistiques à travers le monde et leurs influences pour être au cœur du renouveau de la danse flamenca.

Eduardo Guerrero / El Callejón de los pecados – Mardi 12 et mercredi 13 juin à la Maison de la danse

à lire également
The Recoil of words – chorégraphie Tânia Carvalho © Romain Etienne
La chorégraphe portugaise Tânia Carvalho aime la danse pure et veut “penser sans mots”. Elle revient à Lyon dans le cadre du Best-Of des Subsistances.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux

Nos BD
Faire défiler vers le haut