"Lady in the dark" à Oullins

La pièce pose, je trouve, des questions très actuelles : comment une femme peut-elle occuper des postes de pouvoir et qu'est-ce qui l'oblige dans certains cas à adopter les codes de l'autorité forcément masculine ? Liza Eliott va en analyse car cette espèce de corset dans lequel elle s'est installée l'angoisse. La pièce est le récit de cette enquête pour savoir ce qui ne va pas, quels sont les problèmes.

Comment s'intègrent les parties musicales dans la pièce ?
Le principe de la pièce est que l'analyste a accès aux rêves de sa patiente qui les lui raconte ou les vit. Le monde du rêve est représenté par la comédie musicale, celui de la réalité par la comédie dramatique. C'est très rigolo car le monde du rêve est un univers très polymorphe, assez comique. La femme se rêve comme étant extraordinairement sexy, à l'inverse de ce qu'elle est en réalité, d'où de savoureux décalages.

Qu'est-ce qui vous a attiré dans cette Lady ?
La forme : cet étrange mélange de théâtre et musique, et la puissance d'imagination qu'il y a dans les séquences de musique. J'ai découvert la pièce par la musique mais je me suis rendu compte que c'était également une très bonne pièce dramatique, dans le style des comédies américaines, pleines de rythme, d'élégance, de rapidité, d'humour et d'ironie.

Il a longtemps pesé beaucoup d'a priori sur le théâtre musical en France...
Le public français ne s'intéressait pas aux comédies musicales car il n'en existait pas. Mais cela change. Il y a une telle générosité, une telle vitalité dans ce genre, que tous les publics y sont sensibles. La vision d'un théâtre qui doit forcément être sérieux, presque éducatif, est dépassée. On réalise que les catégories légères sont tout aussi valables. Il en va de même pour la musique : l'opérette n'est plus considérée comme un sous genre.

Comment cohabitent tous les artistes : acteurs, musiciens, danseurs et chanteurs sur cette création ?
Les conditions de production sont ambitieuses : 40 personnes sont sur ce spectacle ; à l'échelle de notre théâtre, c'est énorme ! L'orchestre de l'opéra de Lyon est formidable ; les musiciens sont ravis et s'amusent beaucoup. Leur chef, Scott Stroman, à l'origine un tromboniste et jazzman, sait très bien embarquer l'orchestre symphonique dans des registres différents. Il sait aussi entraîner les gens !

Je mélange toujours les acteurs et les chanteurs. Là, quelques personnes viennent de la danse, y compris de la danse ultra-contemporaine. Les danseurs apprennent des acteurs qui apprennent des chanteurs, etc. et ce mélange des savoir-faire est très joyeux.

Lady in the dark, musique de Kurt Weill, lyrics d'Ira Gerschwin, livret de Moss Hart, direction musicale de Scott Stroman, mise en scène de Jean Lacornerie, jusqu'au 7 mai au théâtre de la Renaissance. 7 rue Orsel, Oullins. 04 72 39 74 91. www.theatrelarenaissance.com

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