Le chorégraphe lyonnais Abdou N’gom fête les vingt ans de sa compagnie autour de vingt rendez-vous qui témoignent d’un engagement artistique sans faille. À ne pas rater !
Directeur artistique de la compagnie Stylistik, danseur et chorégraphe franco-sénégalais issu du hip-hop qu’il mêle à la danse africaine et contemporaine, Abdou N’gom questionne l’altérité, l’identité et sa double culture, comme aussi l’exil ou l’enfermement et la transmission.
Jusqu’en décembre, il célèbre les vingt ans de sa compagnie en relevant un challenge : proposer dans plusieurs villes de la métropole vingt rendez-vous chorégraphiques autour de son travail de création et de transmission – qu’il mène par ailleurs de manière exemplaire auprès de futurs danseurs professionnels, des scolaires et des jeunes de quartiers.
Ces rendez-vous, qui incluent de nouveaux projets en cours, marquent l’idée d’affirmer ce qu’il est et de se projeter sur les vingt prochaines années, une gageure par ses temps difficiles pour les artistes ! “La danse m’a fait être, exister, devenir quelqu’un,nous dit-il. J’ai grandi avec elle. Depuis toujours, la rencontre, l’ouverture à l’autre, le partage, la création et la transmission constituent son ADN. Avec cet événement, je veux affirmer ce qu’est ma danse, un espace de dialogue et de liens, porté par le désir incessant d’apprendre et de me confronter à l’inconnu pour continuer à inventer des écritures singulières.”

La dernière fois que l’on a vu Abdou, c’était au festival Karavel 2025, il transmettait brillamment aux élèves du CNSMD de Lyon REVERSE/SE RÊVER, pièce dont le point de départ était une phrase souvent répétée par son père : “Un jour, on va rentrer au pays”, questionnant les héritages et les rêves construits entre plusieurs terres (le 3 octobre à la Maison du peuple à Oullins-Pierre-Bénite). Deux pièces phares sont à voir : Human Flots qui expérimente au travers de la danse urbaine les notions de communautés et de migration (le 7 octobre au Briscope de Brignais) et Entre [Deux] 2.0, un puissant solo où il témoigne, jouant avec le noir et le blanc, d’un ancrage instable entre la France et le Sénégal, le 9 octobre au Polaris de Corbas où il est artiste associé.
Un programme audacieux !
Dans le cadre de sa collaboration avec le CHRD, il présentera BLEU-E-S, prémices d’une nouvelle création 2027 en hommage aux femmes héroïnes oubliées de l’histoire et en écho avec l’exposition L’Escadron bleu, une épopée féminine (le 15 novembre) ainsi que L’Histoire en mouvement, une visite conçue comme un dialogueentre les corps et les faits historiques relatés dans l’exposition permanente sur la Deuxième Guerre mondiale pour tenter de leur donner une dimension humaine (le 22 novembre).
Aux Archives départementales et métropolitaines qui accueillent pour la première fois de la danse, jouant des corps comme moyens d’écriture, il crée avec Mémoires des liens entre patrimoine, danse, voix et l’impressionnant parchemin de 33 mètres de long présenté lors de l’exposition Fragiles archives, préserver pour transmettre (le10 octobre).
D’autres fêtes, rencontres et transmissions de pièces sont à découvrir dans cet audacieux programme (avec 4 spectacles présentés au Festival Karavel). Concernant le futur, Subaest à ne pas rater (en sortie de résidence, les 25 et 26 novembre) à la Maison de la danse pour une création en 2028 : “Suba, en wolof, signifie demain, mais cela représente aussi la jeunesse. Cette pièce sera créée avec des jeunes danseurs français et sénégalais, mêlant ma danse urbaine au sabar, une danse traditionnelle. Je la souhaite lumineuse pour garder espoir et force de vie. Elle est aussi l’occasion de réfléchir au futur, à ce que je veux créer et transmettre.”
Plus loin encore, il nous parle d’imaginer pour 2027 un festival de danse intra-muros centré uniquement sur les danses de rue, de son désir de diriger un lieu, de créer toujours avec le Sénégal… À suivre donc !
Les 20 ans de la Cie Stylistik – Jusqu’au 11 décembre dans Lyon et la métropole
Programme complet : ciestylistik.com
