©PHOTOPQR/LE PROGRES/Joël PHILIPPON – Lyon 1er Arrondissement 27/03/2026 – Election Grégory Doucet conseil municipal de Lyon. 27 mars 2026 -Election Grégory Doucet conseil municipal de Lyon (MaxPPP TagID: maxnewsspecialtwo548631.jpg) [Photo via MaxPPP]

Lyon : le mouvement lycéen s’invite au conseil municipal, les élus de droite s'agacent et quittent la séance

Les élus municipaux ont abordé le mouvement de contestation des lycéens à l’occasion du conseil municipal, prolongé ce vendredi matin après n'avoir pas été terminé le 24 septembre. Dénonçant un manque de temps de parole, les élus de Lyon Ensemble ont quitté précipitamment la séance.

La séance aura été plus courte que prévue. Prolongé ce vendredi 2 octobre, après n'avoir pas pu être achevé le 24 septembre dernier, le conseil municipal a été interrompu en fin de matinée après que les élus de droite ont quitté l’hémicycle, dénonçant un manque de temps de parole et une absence de réponse de la part de l'exécutif.

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Pierre Oliver rappelé à l’ordre

La gronde de l’opposition est survenue alors que les élus abordaient le sujet brûlant du mouvement de contestation observé dans les lycées depuis le début de la semaine. Le maire, qui s’est rendu ce matin devant le lycée Ampère (2e arr.), a appelé une nouvelle fois à la désescalade et réitéré son soutien aux équipes éducatives. "Je voudrais dire que nous sommes aux côtés des équipes enseignantes. Nous savons la difficulté aujourd’hui d’exercer le métier d’enseignant, mais pas simplement au lycée. La Ville de Lyon est avec eux pour améliorer leurs conditions de travail bien sûr, mais pour faire en sorte que, ensemble, nos jeunes, qui sont déjà des citoyens, puissent exercer leur pouvoir d’agir, puissent s’épanouir et s’émanciper", a ainsi déclaré Grégory Doucet. Et d’ajouter : "Il faut être intransigeant sur les violences. Aucune violence n’est acceptable. Il faut créer les conditions d’un dialogue serein. Notre jeunesse à des attentes, nous sommes aussi là pour les représenter. C’est notre responsabilité d’être à la hauteur de leurs aspirations."

Les échauffourées ont débuté quelques instants plus tard, alors que l’élue insoumise Pauline Fivel dénonçait "les mensonges éhontés" et "la désinformation" qui ont pris place dans le débat public autour du parti de Jean-Luc Mélenchon, mais aussi le manque d’écoute envers les revendications des lycéens, obligeant le maire écologiste à intervenir. "On ne commente pas une intervention lorsqu’elle est en train de se dérouler. Vous attendez du respect quand vous prenez la parole, merci de commencer par pratiquer le respect", a-t-il lancé à l’adresse d’élus de droite. Pas de quoi calmer les esprits. "On a le droit d’avoir des désaccords sur l’analyse, sur ce qui doit être fait. Pour autant, j’aimerais vous inviter à respecter cet espace de dialogue pour une raison simple : nous avons un devoir d’exemplarité d’abord à l’égard des lycéennes et des lycéens", a-t-il appuyé quelques secondes seulement après, étant obligé de rappeler à l’ordre le maire LR du 2e arrondissement, Pierre Oliver (Lyon Ensemble). "Ça suffit maintenant. Votre groupe a demandé la parole, vous l’aurez, même plus de temps si nécessaire", s’est énervé Grégory Doucet.

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"Vous avez décidé de vous couper en petits morceaux"

C’est finalement l’intervention de Yann Cucherat (Cœur lyonnais) qui aura mis le feu aux poudres, ce dernier estimant l’opposition "trop souvent traitée avec mépris ou légèreté". L’élu a également appelé le maire à faire des séances plus courtes en réservant les interventions des adjoints aux réponses aux questions plutôt qu’à des prises de parole non-annoncées. Une dernière remarque ne manquant pas d’agacer le maire. Grégory Doucet a donc rappelé que les groupes ayant le plus demandé à prendre la parole lors des séances du 24 septembre et de ce vendredi étaient Lyon Ensemble (109 minutes), La France insoumise (77 minutes), Lyon Humaniste et Démocrate (75 minutes) puis Cœur lyonnais (62 minutes). "Si vous prenez beaucoup de temps de parole, ne venez pas me dire que ça dure trop longtemps. Faites des interventions plus courtes, plus concises, comme vous nous invitez à le faire", a rétorqué Grégory Doucet. Et d’ajouter : "Nous avons commencé ce mandat, et vous vous en félicitiez, avec un groupe de 27 élus, compact, composite, vous nous disiez être le plus grand groupe d’opposition, c’était le cas, mais vous avez décidé de vous couper en petits morceaux, façon puzzle comme dit l’autre. Ce n’est pas moi qui ai pris cette décision."

Revenant sur les critiques émises à son encontre par le maire du 5e arrondissement, Thomas Rudigoz (Lyon Ensemble), concernant son alliance avec LFI lors des élections municipales, Grégory Doucet a martelé "ne pas confondre colère et chaos" puis a indiqué qu’il ne "politisait" pas le mouvement lycéen. "Vous ne m’entendrez pas parler à leur place", a-t-il lâché. Visiblement mécontents, les élus de droite ont alors quitté la salle, obligeant le maire à clôturer la séance par manque de quorum.

"Cet incident doit constituer une prise de conscience pour l’exécutif municipal"

Dans un communiqué, le groupe Lyon Humaniste et Démocrate estime que l’interruption est "le résultat de plusieurs dysfonctionnements" qui "interrogent sérieusement le bon fonctionnement" de l’assemblée : "Absence de considération portée aux prises de parole des élus d’opposition (…) à l’exception des élus LFI" ; "conception à géométrie variable de la police de l’assemblée, le maire intervenant lorsque des élus d’autres groupes réagissent aux prises de parole des élus LFI, sans manifester la même exigence lorsque les échanges se produisent en sens inverse" ; "manque de transparence de l’exécutif sur les interventions qu’il entend effectuer en séance, laissant les groupes dans l’incertitude quant au déroulement des débats."

Et d’ajouter : "Cet incident doit constituer une prise de conscience pour l’exécutif municipal, alors que débute ce deuxième mandat. La démocratie municipale ne peut pas fonctionner à géométrie variable selon les groupes politiques et selon la nature des prises de parole. Chaque élu, qu’il appartienne à la majorité ou à l’opposition, doit pouvoir exercer son mandat et prendre part au débat dans un cadre clair, équitable et respectueux."

Les élus du groupe demandent enfin à Grégory Doucet de présider lui-même la prochaine conférence des présidents du conseil municipal, "ce qu’il n’a jamais fait depuis le début du mandat", afin "qu’un échange puisse avoir lieu entre les différents groupes et qu’un cadre de travail serein, transparent et constructif puisse être établi pour les prochaines séances."

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