I ate Tokyo*

Ville fantasque aux mille et une coutumes, Tokyo, surnommée la capitale de l’Est, se hisse aujourd’hui au premier rang des cités les plus chères du monde selon le cabinet de consultants britanniques ECA. Une raison supplémentaire d’aller à l’essentiel dans cette fourmillante mégalopole en perpétuelle mutation.

Tokyo fait aujourd’hui beaucoup fantasmer l’occidental même si celui-ci ne connaît guère les merveilles architecturales de cette cité maintes fois détruite par les tremblements de terre ou les bombardements. En France, premier pays consommateur de pop culture nipponne, qui peut citer trois monuments, fiertés de la capitale japonaise ? Certains ont peut-être entendu parler de la Tokyo Tower, vague copie de notre tour Eiffel.

De quelques temples bouddhistes et autres sanctuaires shintos disséminés ici et là. Ou du Palais Impérial, ouvert au public deux fois par an. Non, on connaît mieux la ville aux 13 millions d’habitants pour sa culture et l’effervescence de ses rues.

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Lost in vacation
L’immobilier étant aussi hors de prix que florissant à Tokyo, la ville est en perpétuel mouvement. Difficile alors de s’y retrouver quand bien même les autorités auraient la brillante idée d’indiquer les numéros sur la voirie voire le nom des rues au coin de celles-ci. La lecture d’une carte des transports en commun se révèle elle-même parfois décourageante tant les lignes abondent, les métros se confondant avec les trains ou le monorail. Et s’il y a bien un trait de caractère commun aux Japonais comme aux Français, c’est une sorte d’incompétence générale quand il s’agit de parler anglais. Se faire comprendre à Tokyo, même en maîtrisant la langue de Shakespeare, relève souvent de l’exploit. Mais plutôt très urbain, il y aura toujours une âme charitable pour vous venir en aide spontanément quand l’autochtone vous sentira en grande difficulté dans les rues mal balisées de cette cité.

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5 coins shopping

D’année en année, Tokyo s’impose comme l’une des capitales mondiales de la mode avec du meilleur et souvent du pire. Il y en a pour tous les goûts mais pas forcément pour toutes les corpulences. Négligeant les grandes tailles et un peu court en manche, le Japon convient mieux aux petits gabarits. Bobo, BCBG, jeune et fashion, à chacun ses rues, à chacun ses enseignes dans des quartiers souvent surpeuplés qui font ressembler Lyon un 8 décembre à un village balnéaire en hiver.

Omotesando 
Boutiques de luxe à l’architecture travaillée et ultra design, plus BCBG que les Champs-Elysées, l’avenue Omotesando vend du rêve à grands coups d’Armani, Vuitton, Prada et Christian Dior.

Harajuku
Branché chic et choc, Harajuka, ponctué de grandes enseignes type H&M ou Gap, foisonne également de créateurs inspirés plutôt sexy et trendy.

Shibuya
Plus Jeune & Jolie que Vogue ou Cosmo, Shibuya et son fameux carrefour qui ferait passer Time Square pour un vulgaire cédez le passage, regroupe un nombre incalculable de boutiques ultra-fashion plutôt orientées kids.

Takeshita Dori
Située dans le quartier d’Harajuka, Takeshita Dori est l’une des rues les plus populaires pour les jeunes lolitas et autres cosplayers (personnes déguisées en personnage de manga ou de jeux vidéo). Agoraphobes s’abstenir.

Koenji
Un peu plus éloigné du centre, Koenji regroupe ce que la cité tokyoïte fait de plus underground dans un quartier plutôt plat aux immeubles de deux étages, savant mélange de brocs, de rap, et de rock’n’roll.

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Fooding

Si les restos à Sushi sont en vogue un peu partout en France, il serait dommage de limiter la gastronomie japonaise à ce genre de raffinement. Il existe en effet de nombreuses autres spécialités pour le plaisir des papilles, souvent à base de produits de la mer parfois difficiles à identifier mais aussi de volaille ou de porc, le bœuf, en dehors de celui de Kobé étant peu représenté. Bref, ramen (bouillon de pâtes), shabu-shabu (variante japonaise de la fondue chinoise), tempura (assortiment de beignets), onigiri (boulette de riz), et même si le haricot rouge remplace souvent le chocolat dans les pâtisseries ou les crèmes glacées, pas si simple de garder la ligne malgré ce que prétend la légende. Info pratique, ici le service est compris et le Japonais prendrait comme de l’aumône mal placée un éventuel pourboire.

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Le petit coin
On dit les Japonais à la pointe de la technologie, c’était sans doute vrai à la fin des années 90. Mais s’il y bien un domaine dans lequel les Nippons continuent de dominer le monde, c’est bien celui de la grosse commission. Lunette chauffante, ventilation, jet d’eau à pression variable pour le derrière ou le devant, évier qui recycle son eau pour remplir la cuvette... en matière de toilette, les Japonais ont des années lumières d’avance sur le WC turc. Ici, on ne badine ni avec l’hygiène, ni avec le confort.

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4 spots incontournables

Haute de 238 m pour 54 étages, la Mori Tower offre une vue circulaire imprenable sur la ville. Par beau temps, on peut même y contempler le mont Fuji. Le billet vous permettant d’accéder à cet observatoire vous donne également accès au Mori Art Museum, une galerie contemporaine qui abrite 3 ou 4 expos temporaires souvent de qualité, représentatives de la jeune garde japonaise. Aux pieds de la tour, une araignée géante de feue Louise Bourgeois garde les lieux au cœur de Roppongi, sans doute le quartier le plus occidentalisé de la cité.
Avec le New York Bar, nouveau cliché tokyoïte, retrouvez l’essence du film Lost In Translation, de Sophia Coppola en marchant sur les traces de Bill Muray et de Scarlett Johansson. L’occasion de profiter d’un concert de jazz populo au 52e étage du Park Hyatt Tokyo, un hôtel luxueux perdu aux abords du quartier de Shinjuku.
La Jetée est un bar hors du temps, nommé ainsi en hommage au court-métrage d’anticipation de Chris Marker (1962). Niché au cœur du quartier de Shinjuku, le patron parle français et reçoit, en son antre, ce qui fait l’élite intellectuelle et artistique du monde entier. Un certain Quentin Tarantino y aurait passé quelques belles soirées.
Ueno, Yoyogi, Shinjuku Gyoen… les parcs fleurissent un peu partout à Tokyo. Surpopulation oblige, par beau temps, il reste difficile de trouver un havre de paix au cœur de la cité. Situé dans un quartier typique relativement épargné par les bombardements lors de la Seconde Guerre Mondiale,
le cimetière Yamaka offre un cadre idéal pour s’oxygéner et s’imprégner d’un brin de spiritualité.

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Marine Barnérias
De passage à Lyon ce jeudi pour une dédicace de son livre devenu best-seller, Seper Hero. Le voyage interdit qui a donné du sens à ma vie, Marine Barnérias s’est confiée à Lyon Capitale. Aujourd’hui âgée de 23 ans, les médecins lui ont diagnostiqué une sclérose en plaques il y a deux ans. Au lieu de se laisser abattre, elle décide d’entreprendre un voyage de sept mois à travers trois pays - Nouvelle-Zélande, Birmanie et Mongolie - pour apprendre à écouter ce corps et à apprivoiser cette maladie qui a fait irruption dans sa vie.
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