Deux jours avant Noël, dans le cadre de sa programmation à l’espace Albert-Camus, Mourad Merzouki nous offre un spectacle surprenant qui réunit un chorégraphe hip-hop et une patineuse artistique.
Sébastien Lefrançois est un patineur artistique devenu chorégraphe de hip-hop et directeur de la compagnie Trafic de Styles. Claire Bournet est une ancienne patineuse artistique française qui s’est ensuite tournée vers le ballet sur glace, grâce auquel elle fut sacrée championne de France en 2001 avec son équipe. Les deux se sont rencontrés pour créer Glace !, un spectacle pluridisciplinaire qui se déroule sur la scène du théâtre, “mise en glace” pour l’occasion. Le point de convergence de cette création se trouve dans une enfance de patineur dont ils gardent le souvenir de la désobéissance créative : une fois le cours terminé, ils testaient leur rapport à la glace, tentaient des figures non répertoriées, trichaient avec les règles.
Désobéissances
“Je crois que l’émancipation de nos vies se joue en grande partie pendant l’adolescence, dit Sébastien Lefrançois, notamment à cette délicate période où les conditions sont réunies pour outrepasser les règles qui cadrent notre quotidien. Nous avons tous, accompagnés de quelques amis, tenté un coup “déraisonnable”, un acte périlleux, d’autres diront même “stupide”, dont la réalisation fait date dans nos mémoires. Un sublime plaisir dans l’acte de transgression comme par exemple s’offrir le franchissement d’un lieu défendu, puis le détourner en un terrain de jeu. Les règles qui s’inventent au présent y côtoient délicieusement l’adrénaline du danger, le trip dont on racontera plus tard : “On a risqué gros, ça aurait pu mal tourner…” Je crois aussi que ces jouissives désobéissances sont parfois à l’origine de futures disciplines, quand elles sont reproduites et répétées comme par rituel avec d’autres.” Au cœur d’une chorégraphie bourrée d’énergie et d’humour, à mi-chemin entre art et sport, les danseurs et patineurs de Glace ! nous invitent dans leur monde imaginaire, où l’adrénaline du périlleux côtoie le poétique du défendu.
