Critique d'Expendables 2 : Chuck Norris ex machina

Expendables avait réussi son pari de monter une dream team du cinéma d'action sans parvenir à aller plus loin que son idée de base. Véritable hymne sans concession aux longs métrages bourrins des années 80, ce nouvel opus se transforme en hommage envers un cinéma révolu.

A quoi bon s'encombrer avec un scénario quand vous avez Sylvester Stallone, Arnold Schwarzenegger, Jason Statham, Bruce Willis, Chuck Norris et Jean-Claude Van Damme réunis dans le même film ? Dans ce nouvel opus, les Expendables viennent de perdre l'un des leurs : ils vont se venger ! Il ne faudra pas chercher plus loin. Ici tout est propice aux scènes d'action à l'ancienne où les têtes volent et les balles fusent. Dès l'introduction, les hommes de Stallone posent le cadre : qu'importe l'histoire pourvu qu'il y ait des morts. Pas de pitié, le compteur de victimes s'emballe pour ne jamais cesser de grimper jusqu'à la fin.

Chuck Norris facts

Expendables 2 aime jouer avec les limites du cinéma, tutoyant constamment la série B et frôlant parfois les frontières du nanar. Pourtant, difficile de ne pas aimer ce long métrage volontairement sincère, réalisé essentiellement pour faire plaisir aux fans. Progressivement, Expendables 2 prend des allures de fantasme de petit garçon qui jouerait avec les figurines de ses héros préférés sans se soucier de la cohérence. Les stars débarquent à l'écran sans prévenir, canardent tout ce qui bouge puis disparaissent aussi vite. Quand tout semble perdu, il y a toujours une légende à proximité pour régler tous les problèmes. A ce titre, Expendables 2 invente littéralement le Chuck Norris ex machina, formule miracle pour sauver les personnages principaux d'une mort certaine avec classe et efficacité. Abreuvé d'une délicieuse absurdité, soulignée par des dialogues référentiels, le spectateur ne serait même pas surpris de voir arriver un Batman ou un Obama chasseur de ninjas en renfort.

Une place au musée

Rapidement, le doute s'installe. S'agit-il bien des personnages d'Expendables qui s'expriment ou bien des acteurs en roue libre jouant avec les dialogues de leurs vieux films ? Le plaisir fait place à la frustration. Expendables 2 aurait pu aller au bout de ses ambitions en assumant totalement son statut de “métafiction” où les héros seraient directement les acteurs dans leur propre rôle.

Au final, The Expendables 2 ne révolutionnera pas le septième art mais fera au moins plaisir aux amateurs de cinéma bourré de testostérone. Efficace dans ses scènes d'action et la gestion de ces stars, il parvient à offrir 1h42 de plaisir, quitte à tomber parfois dans l'absurde. Faute de prétendant s’assumant totalement, Last Action Hero de John McTiernan reste le plus bel hommage au cinéma d'action à l'ancienne.

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