Casus Belli, le "Tout p'tit" parti à l'assaut du national

Actuellement diffusé en radio, un nouveau titre issu de son album Cas de Guerre, "Tout p'tit", donne l'occasion à Lyon Capitale de revenir sur le parcours de cet ancien jeune Brondillant qui est aujourd'hui l'un des rares artistes rap lyonnais à avoir bénéficié d'une sortie nationale dans un label d'importance.

"Un mec à l’ancienne"

"Tout p'tit". C'est du vrai Casus Belli. Un morceau qui évoque les fourvoiements de l'enfance. Un morceau qui tient sur un texte simple. Touchant par la manière dont il décline ce mal-être interne aux jeunes de banlieues. Les rêves brisés, les tentatives fragiles de s’en sortir. L’attirance pour l’argent facile. Tout cela chanté sur un sample mélancolique, un thème de jeux vidéo à succès (Shenmue). Un piano jouant de manière lancinante un air nostalgique. Casus y évoque regrets et fait ses constats. L'homme a-t-il muri ? Des délires du début en MJC, des premières mixtapes... on en est aujourd'hui un peu loin. Alors oui, la maturité est là. Et elle a tout de même quelques années puisque le morceau figurait déjà dans la grande Street Tape de 2005. Entre temps, de l’eau a coulé sous les ponts.

"CB" s'y exprime de manière la plus adéquate. Adéquation avec lui-même d‘abord. Parce que ce rappeur, qui commencé au milieux des années 90, est un "type bien". Pas de rap "crapuleux", pas de "gangsta". Si ce n'est quelques "trips" très connus des aficionados de la scène lyonnaise. Beaucoup d’observateurs et de fans se sont souvent demandés si il existait un "son lyonnais". "Caz" tient là un hymne. En concert, c'est souvent le public qui finit par le chanter à la place de l'artiste.

Casus, on l'aime ou ne l'aime pas. Mais on ne peut pas dire que le dernier album n’ait pas fait l’objet d’un énorme travail de production. Et, aujourd’hui, "Caz" est l'un des seuls artistes rap issus de la banlieue lyonnaise à représenter la scène locale au niveau national. La signature dans le prestigieux label "Foolek" (tenu par le célèbre rappeur français Rohff) est peut-être la preuve la plus évidente de l’envergure artistique de notre rappeur local.

Un bilan commercial difficile

Le constat après plus de six mois de présence dans les bacs est étonnamment décevant… 5000 ventes dépassées récemment. Malgré la qualité des productions, des featuring comme ceux de Keny Arkana ou de Rhoff, des morceaux percutants comme "No limit", "La danse de la galère", "Ma musique", "L'abécédaire", des clips réalisés avec soin, le succès n’est pas au rendez-vous. Même localement, le buzz commercial n‘aura pas vraiment lieu. Alors, il en résulte une réelle interrogation concernant ce qui paraît être un mouvement difficilement répréhensible vers l‘échec commercial. Mais paradoxalement, c‘est de cet échec que semble tenir sa substance une partie de la discographie du rappeur. L’obsession de la réussite artistique y est un thème central. Il le décline de diverses manières dans tous ses albums et en tire avant tout un principe crucial de modestie et de mesure dans ses appétits.

En ce début de mois de juillet, le titre "Tout p’tit" n’arrivera pas comme une pure nouveauté. Même si il a subit un beau remixage. Il se présentera bien plutôt comme l’affirmation artistique, jamais éteinte, d’un ancien jeune de banlieue dont la musique est travaillée de part en part par une "vie". Une vie donnée avec sincérité et simplicité.

Liens vers clips :

"Ma musique" : http://www.dailymotion.com/video/x96jtk_casus-belli-ma-musique_music

"La danse de la galère" : http://www.dailymotion.com/video/xaqutx_casus-belli-la-danse-de-la-galere_music

à lire également
Dans la nuit de mercredi à jeudi, Lyon a perdu l'un de ses plus anciens bouquiniste et puits de culture musicale. Emporté à 64 ans, Serge Boissat n'a jamais cessé de diffuser sa passion pour le rock au sens large et pour la bande dessinée. Son ami et fondateur de la radio libre "Radio Bellevue" en 1981, le réalisateur Jean-Claude Chuzeville, lui rend hommage.
d'heure en heure
d'heure en heure

derniers commentaires

réseaux sociaux
Faire défiler vers le haut