Alain Platel Nicht Schlafen 4
© Chris Van der Burght

Biennale de la danse 2016 : la sélection de Lyon Capitale

La 17e Biennale de la danse de Lyon commence ce mercredi, pour deux semaines. Malgré un budget resserré (-15 % par rapport à 2014), Dominique Hervieu, sa directrice artistique, nous propose 37 spectacles, dont 23 créations ou premières françaises. Sélection.

Rules of the Game – Chorégraphie de Jonah Bokaer © Sharon Bradford

© Sharon Bradford
Rules of the Game – Chorégraphie de Jonah Bokaer.

Les événements de la Biennale 2016

L’ouverture de la Biennale se fera avec une première mondiale, composée de deux pièces des chorégraphes Alessandro Sciarroni et Marina Mascarell, créées pour le ballet de l’Opéra de Lyon. Alessandro Sciarroni puise dans des pratiques étonnantes, comme les danses folkloriques bavaroises ou le handball pratiqué par des aveugles, jouant aussi sur le rythme et la répétition du mouvement. Ici, il embarque les danseurs sur l’expérience du tour et de la giration continue. Quant à Marina Mascarell, elle s’est inspirée du travail de la photographe Francesca Woodman pour parler du corps de la femme et du féminisme. Du 14 au 18/09 à l’opéra.

Impossible de rater Volver (“revenir” en espagnol), la comédie musicale de Jean-Claude Gallotta autour des chansons d’Olivia Ruiz, laquelle danse et a écrit la base de la dramaturgie. Elle évoque la recherche d’identité de ceux qui comme elle sont issus de l’immigration. Gallotta nous avait séduits avec sa pièce sur Bashung et l’on se doute que le rythme et l’énergie des corps seront encore au rendez-vous. Du 21 au 24/09 à la Maison de la danse.

L’événement qui fera vibrer les murs du palais des Sports de Lyon avec un mélange insolite de danses est le battle of styles confrontant les danseurs du Pockemon Crew (hip-hop), du ballet Preljocaj et de la Forsythe Company (néoclassique) et les Saxonz (contemporain). Le 30 septembre au palais des sports.

Sans oublier Jonah Bokaer, qui vient pour la première fois en France, avec Rules of the game (photo ci-dessus), un travail visuel autour du jeu et du combat sur une musique de Pharrell Williams. Du 28 au 30/09 au TNP.

L’intime, la provocation et le politique

Corbeaux – Chorégraphie de Bouchra Ouizguen © Araf Bendaoud

© Araf Bendaoud
Corbeaux – Chorégraphie de Bouchra Ouizguen.

La Biennale, c’est aussi le bonheur d’aller à la rencontre d’artistes de manière plus intimiste avec une approche sensorielle et sensuelle. C’est le cas avec Bouchra Ouizguen et sa pièce Corbeaux, dansée par des femmes marocaines qui expérimentent le rituel et la transe autour notamment des maladies de l’âme. Les 21 et 22/09, dans 4 lieux du Grand Lyon.

Je danse parce que je me méfie des mots – Chorégraphie de Kaori Ito © Gregory Batardon

© Gregory Batardon
Kaori Ito / Je danse parce que je me méfie des mots.

Dans Je danse parce que je me méfie des mots, la Japonaise Kaori Ito se met en scène avec son père, un vieillard doux et excentrique qui a participé à la scénographie. Sur fond de pudeur, il est question de réconciliation et de séparation, d’élan filial et d’émancipation, des sujets universels qui devraient nous toucher. Le 23/09 à Irigny.

Au sein des plus raides vertus – Chorégraphie de Catherine Gaudet © Mathieu Doyon

© Mathieu Doyon
Catherine Gaudet / Au sein des plus raides vertus.

Avec Au sein des plus raides vertus, titre qui en soi est tout un poème, on retrouve la Québécoise Catherine Gaudet, bien plus intéressante – parce que loin du racolage – que ses homologues Frédérick Gravel et Dave St-Pierre, connus des Lyonnais. Son travail proche de la performance explore l’être humain dans ses pulsions instinctives et la manière dont la société le façonne. Ici, il est question, entre autres, du désir sexuel éprouvé par un quatuor de danseurs. Les 28 et 29/09 au TNP.

Le duo Tordre de Rachid Ouramdane met en jeu la force, la sensibilité et la différence de deux danseuses, dont l’une a un bras en prothèse et l’autre expérimente depuis son enfance et comme un rituel le fait de tourner sur elle-même. Entre elles, il est question de lignes fluides, hypnotiques et de partage. Du 22 au 24/09 au TNP.

Nicht Schlafen – Chorégraphie d’Alain Platel © Chris Van der Burght

© Chris Van der Burght
Alain Platel / Nicht Schlafen.

Mais, s’il y a un seul spectacle à voir, ce ne peut être que Nicht Schlafen du Belge Alain Platel. Inspirée d’extraits de l’œuvre de Gustave Mahler, mort en 1911, la pièce est une réflexion sur l’Europe d’avant la Première Guerre mondiale, une époque violente et confuse dans laquelle le chorégraphe pose des parallèles avec le monde actuel. Les 27 et 28/09 à la Maison de la danse.

Sans oublier... de rire !

Il était déjà là lors de la dernière Biennale avec Cocorico, un spectacle intelligent et décoiffant. Le comédien, auteur et humoriste Patrice Thibaud présente Franito, qui associe le flamenco au burlesque et le burlesque au flamenco sans corrompre la prestance du premier. Il se déguise en mama espagnole et est accompagné sur scène par le danseur Fran Espinosa et le guitariste Cédric Diot. Il y aura du rire, des palmas de flamenco, des cris, des exclamations, des onomatopées burlesques, des envolées dansées et chantées... Entre le 16/09 et le 1er/10, sur 3 lieux du Grand Lyon.

Biennale de la danse – Du 14 au 30 septembre à Lyon
On vous en reparle très vite et en détail :
• Jessica and me, le solo de Cristiana Morganti, une des grandes interprètes de Pina Bausch
Déjà sur le site :
Sound of music, la comédie musicale de Yan Duyvendak, immanquable
Corps rebelles, l’expo inédite du musée des Confluences sur l’histoire de la danse du XXe siècle
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Bianca Bondi – The Sacred Spring and necessary reservoirs (détail), 2019 [Courtesy de l’artiste et VNH Gallery, Paris ; galería José de la Fuente, Santander] © Blandine Soulage / Adagp, Paris, 2019
Un vent de changement souffle sur la 15e édition de la Biennale d’art contemporain. Sous l’égide de sept jeunes commissaires du palais de Tokyo, elle investit cette année un lieu inédit, indissociable de l’histoire lyonnaise. Les anciennes usines Fagor-Brandt, qui gardent l’empreinte d’une industrie électroménagère autrefois florissante, accueillent les œuvres de 47 artistes. Celle de Bianca Bondi ne vous laissera pas de glace.
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