© Blandine Soulage

Ballet de l’Opéra & Pockemon Crew : danse autour de Bach au théâtre de Vénissieux

Après leur première rencontre dans Millésime qui célébrait le 20e anniversaire du Pockemon Crew, le collectif retrouve les danseurs du ballet avec Contrappunto, inspiré des suites pour violoncelle de J.-S. Bach... à la recherche d’une nouvelle danse !

L’histoire du Pockemon Crew est connue de tous et on sait à quel point elle est liée à l’Opéra de Lyon puisque c’est sur son parvis, lieu de ralliement des danseurs hip-hop, que le Crew est né pour devenir une compagnie internationale ayant à son actif de nombreux prix et créations.

En 2019, présenté aux Nuits de Fourvière, Millésime illustrait cette histoire d’amitié démarrée vingt ans plus tôt en réunissant douze danseurs des deux compagnies dans une création collective.

Riyad Fghani, directeur artistique du Crew, et Alvaro Dule, danseur du ballet, ont décidé de poursuivre l’aventure et de pousser plus loin la rencontre du ballet classique et de la danse hip-hop.

Écrit à quatre mains, Contrappunto est un quintet créé à partir des suites pour violoncelle de Jean-Sébastien Bach dont la structure – composée de danses comme la sarabande, la gigue, la courante, l’allemande – est remixée par un musicien du collectif lyonnais Nuits Noires afin d’aboutir à une partition originale et propice à l’émergence d’un vocabulaire commun.

L’improvisation, puissance agissante du hip-hop dont s’emparent les deux chorégraphes, est ici le point de départ d’une recherche qui permet de réinventer duos, trios, quatuors et quintets, de pousser plus loin l’imbrication des styles et l’hybridation des genres. Explorant dans le même temps une complicité des corps soutenue par deux danseurs du ballet et trois du Pockemon Crew.

Une première pour le ballet

Pour Julie Guibert, directrice du ballet, cette rencontre constitue un laboratoire de recherche autour du mouvement déjà engagé avec des chorégraphes contemporains mais qui est une nouveauté pour le ballet dans sa cohabitation avec l’écriture hip-hop.

Car si la rencontre entre hip-hop et danse classique n’est pas une nouveauté en soi, c’est bien la première fois qu’elle est prise en main de cette manière par un Opéra avec l’objectif de faire perdurer et approfondir le projet : “C’est une collaboration importante et joyeuse, nous dit-elle, portée par le désir de se pencher sur une partition, de se donner d’autres outils comme l’improvisation pour écrire la danse. On est dans un laboratoire qui permet de confronter les corps, les points de vue, le rapport à la musique, à l’espace, au rythme, et que chacun partage avec ses connaissances respectives. Et le chemin est pour moi plus important que la finalité. Alvaro Dule a dansé le répertoire du ballet avec les pièces de Kylián et Forsythe tandis que les danseurs du Pockemon Crew portent une histoire vraiment forte. Il est question de trouver un langage que les uns et les autres peuvent s’attribuer et s’approprier pour faire une proposition nouvelle. On est à la recherche peut-être d’une danse oubliée ou d’une danse qui n’est pas encore née, du moins pour nous. Cette collaboration me permet aussi de donner une chance à un danseur qui a envie d’être auteur car c’est une aventure extraordinaire pour lui de se frotter à l’écriture chorégraphique.”

Déplacer les lignes du regard que l’on peut avoir sur le ballet, ce qu’il représente, son sens et ses objectifs, faire éclater les frontières entre les langages esthétiques pour donner à la danse d’autres libertés, c’est bien ce à quoi nous invite cette création que l’on a hâte de découvrir !


Contrappunto de Riyad Fghani et Alvaro Dule – Ballet de l’Opéra de Lyon et Pockemon Crew – Le 18 novembre au théâtre de Vénissieux


 

 

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