La Nuit du chasseur

Cinéma : Lumière n’a pas (encore) de prix

Le suspense demeurant sur l’identité du prix Lumière, le festival du même nom et son directeur ont quand même livré quelques belles promesses quant à la programmation qui s’étalera du 15 au 21 octobre prochain.

Traditionnellement, la conférence de presse du festival Lumière a pour but de lever le voile (ou, si l’on préfère, le rideau) sur l’identité du désormais fameux prix Lumière : cette personnalité – cette légende – du cinéma que l’on récompense pour l’ensemble de son œuvre et qui, en retour, fait office de parrain du festival, attirant également sur l’événement une lumière dont celui-ci n’a pourtant déjà plus besoin. Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps et compatissons avec nos collègues des journaux parisiens venus exprès : l’annonce n’a pas eu lieu.

Remballez les rumeurs : Scorsese, une actrice, Max Pécas… Thierry Frémaux, grand ordonnateur de l’événement et toujours égal à lui-même en Monsieur Loyal, a prévenu d’entrée : il n’était pas en mesure de nous donner le nom de celui ou celle qui succéderait à Clint Eastwood, Milos Forman et Gérard Depardieu. L’affaire relève visiblement moins du dilemme que du soudain problème d’agenda. Pas grave, le Frémaux show nous aura consolés, avec de superbes extraits sur écran d’une programmation qui le sera tout autant, superbe.

D’abord dans ses rétrospectives : Vittorio De Sica, le géant oublié du cinéma italien ; Dean Martin, la classe faite homme, sur grand écran comme sur disque, en bon membre du Rat Pack qu’il fut ; le cinéma de Max Ophüls (même si on ne sait pas encore lequel) ; enfin, une rétrospective dont on attend avec impatience le contenu, mais qui est en quelque sorte la seconde partie d’une initiative de l’an dernier, les raretés US des années 1970.

La Nuit du chasseur

Quelle est la différence entre une rétrospective et un hommage ? A priori, c’est évident, mais dans ce genre d’événements la frontière est parfois ténue. Toujours est-il qu’au rayon hommage deux géants seront à l’honneur : l’immense Max von Sydow (acteur fétiche de Bergman mais aussi comédien protéiforme) et le compositeur argentin Lalo Schifrin dont tout le monde connaît par cœur au moins une (et c’est vraiment un minimum) des œuvres, à savoir la musique de Mission : Impossible. Monsieur Schifrin proposera même une master class avec les élèves du conservatoire.

Parmi les grands moments filmiques de cette programmation – répétons-le, encore incomplète –, de très grands (et très longs) films. Ainsi pourra-t-on voir La Nuit du chasseur de Charles Laughton dans sa version restaurée (et expliquée), le film maudit de Michael Cimino qui mit à terre un studio hollywoodien (La Porte du paradis), et quelque part l’un de ses pendants historiques (Il était une fois en Amérique, de Sergio Leone) dans une version longue restaurée de 4h10.

Plus fort encore, le documentaire monstre, en avant-première française, de Mark Cousins sur l’histoire du cinéma mondial : The Story of a Film. Prévoir 15 heures de son temps (on ne plaisante pas), ça a l’air de valoir le coup. Sinon, de la copie restaurée en pagaille pour chef-d’œuvre en bataille : Cléo de 5 à 7 d’Agnès Varda, Le Samouraï de Melville, La Dernière Séance de Peter Bogdanovich et on en passe. Des chefs-d’œuvre du muet : Loulou de Pabst et même un Hitchcock, The Ring. Bref, tant et bien plus, en attendant un programme plus complet. Et surtout l’identité de celui ou celle qui donnera un visage à cette édition 2012.

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Lumière ! Grand Lyon Film Festival. Du 15 au 21 octobre 2012.

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