Jean-Christophe Aguettant, président de la Fondation Fourvière, est l'invité de 6 minutes chrono / Lyon Capitale.
La tradition du vœu des échevins plonge ses racines au cœur du XVIIe siècle, lorsque la cité lyonnaise faisait face au terrible fléau de la peste. En 1643, les représentants de la ville et les habitants sont montés sur la colline de Fourvière pour solliciter la protection de la Vierge, s'engageant à la remercier chaque année si la maladie s'arrêtait aux portes de Lyon. "Les Lyonnais sont montés sur la colline, sont allés dans la chapelle de la Vierge et ont fait un vœu en disant : si la peste ne vient plus, c'est Marie qui nous aura protégés, et donc nous reviendrons chaque année pour la remercier", retrace Jean-Christophe Aguettant.
Depuis cette épidémie contenue, la promesse est perpétuée tous les 8 septembre à travers la remise rituelle d'un écu d'or et d'un cierge de sept livres à l'archevêque. Pour cette édition 2026, la cérémonie s'articule autour de l'audace et rassemble l'ensemble des figures institutionnelles, économiques et religieuses lyonnaises. "C'est un moment un peu hors du temps, et en même temps dans le temps, pour un dialogue universel", souligne Jean-Christophe Aguettant, qui rappelle que Fourvière demeure un site grand ouvert à tous, croyants comme non-croyants. Lors de la cérémonie, l'écu d'or sera remis à l'archevêque par l'industriel Alain Mérieux.
Un symbole de rassemblement et de renouveau
Au-delà de l'hommage historique, le rassemblement illustre le dynamisme du site et l'engagement de ses acteurs. La thématique retenue cette année fait écho aux chantiers considérables menés pour la restauration du patrimoine et l'amélioration de l'accueil, portés grâce à un soutien collectif fort. "L'audace, c'est aussi l'audace des mécènes et de tous nos partenaires qui ont su faire confiance à la Fondation Fourvière et qui nous ont suivis dans nos projets, même quand ceux-ci n'étaient pas toujours bouclés", précise le président de la Fondation.
Plus de détails dans la vidéo :
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La retranscription complète de l'émission avec Jean-Christophe Aguettant :
Bonjour à tous, bienvenue dans l'émission 6 minutes chrono, le rendez-vous quotidien de la rédaction de Lyon Capitale. Aujourd'hui, on va parler du vœu des échevins, cette vieille tradition lyonnaise qui va se tenir cette semaine, le mardi 8 septembre, sur la colline de Fourvière. Pour en parler, nous recevons Jean-Christophe Aguettant, président de la Fondation Fourvière. Bonjour Jean-Christophe Aguettant.
Merci d'être venu sur notre plateau, on va rentrer un peu dans le vif du sujet. Tout d'abord, est-ce que vous pouvez nous expliquer l'histoire du vœu des échevins ? D'où est-ce que ça vient ? Quelle est son origine ?
Alors, ça remonte à plusieurs siècles. Puisque, malheureusement, la ville de Lyon a connu la peste, un cerveau, ou des maladies un centre de foi, et en 1643, il y a eu un déplacement : les Lyonnais sont montés sur la colline, sont allés dans la chapelle de la Vierge et ont fait un vœu en disant : si la peste ne vient plus, c'est Marie qui nous aura protégés, et donc nous reviendrons chaque année pour la remercier et faire perdurer cette tradition.
C'est donc, en fait, un hommage à la Vierge, en remerciement ?
En remerciement, puisque cette année-là, la peste s'est arrêtée aux portes de Lyon. Et depuis, c'est resté une tradition : le 8 septembre de chaque année, le vœu des échevins, avec la remise d'un écu à l'archevêque.
Voilà, je vous avais demandé comment ça se passait aujourd'hui, mais juste avant : il y a eu une continuité depuis 1643, ça ne s'est jamais arrêté, c'est une tradition qui se poursuit. Et qui étaient les échevins, aussi ? C'est un mot que l'on ne connaît pas forcément.
Alors, les échevins, c'était des personnes de l'Église. Il y a eu certaines périodes, dans des années difficiles, où le vœu des échevins n'a pas eu lieu, où ça s'est arrêté. Mais depuis quelques années, ça a repris, et maintenant, on peut dire que c'est vraiment un événement important pour la ville et pour la région, que de fêter cette histoire.
C'est un moment de rassemblement. Les échevins... moi, j'ai grandi avec l'idée qu'on me disait que c'était les notables de la ville. On me disait que les échevins sont les personnes, les commerçants, les représentants des différentes institutions de la ville.
On peut dire que c'est cela ?
Alors, en fait, on choisit des personnes particulières, souvent un peu connues, qui ont marqué la région, qui ont marqué la ville. Et, en particulier cette année, c'est Alain Mérieux que nous avons choisi, avec Mgr de Germay. C'est un industriel extraordinaire, extrêmement engagé, non seulement pour l'entreprise qu'il a dirigée, mais aussi pour toutes les œuvres qu'il fait vis-à-vis des personnes en difficulté.
Très bien. Ça se passe comment, concrètement ? Est-ce une cérémonie religieuse ? Il y a une bénédiction de la ville ? Je crois que vous pouvez nous dire quelles sont les principales étapes ?
Donc, d'abord, ça réunit tous les notables de la cité : que ce soit le maire, la métropole, le préfet, le président de région, le gouverneur militaire — il y a un grand nombre de personnes présentes. Ça se fait dans un climat totalement apaisé, ça commence par une messe à 17h30. Cette messe, évidemment, est ouverte à tous les Lyonnais, puisque Fourvière, j'en profite pour le dire, est un site ouvert à tous.
Même si on est non-croyant, on peut venir, en tant que Lyonnais.
Mais bien sûr, et on y tient. C'est vraiment... on peut être croyant, mais...
On peut même être croyant d'une autre religion, c'est ouvert.
D'autres religions, des visiteurs étrangers : donc, Fourvière est vraiment ouvert à tous, et c'est très important. Ils sont accueillis par 450 bénévoles ; on souhaite, à Fourvière, que ce soit un accueil incarné, c'est-à-dire qu'on ne vient pas simplement avec un QR code : on vient, on est accueilli avec le sourire, parce que, pour nous, c'est aussi quelque chose de très important. Donc, la messe est à 17h30, et puis ensuite, il y a une procession, derrière Mgr de Germay, qui va bénir la ville avec les trois coups de canon depuis le balcon ; tout le monde pourra bien sûr être à ses côtés.
Et puis, ensuite, il y a les regards croisés : c'est un échange entre Monseigneur de Germay, le président de la région, la présidente de la métropole et moi-même. Et, cette année, il y a un thème : c'est l'audace.
D'accord, voilà. Il faut le préciser : vous êtes président de la Fondation Fourvière depuis juillet, donc c'est votre premier vœu des échevins en tant que président. Et donc, la thématique qui a été choisie pour cette année, c'est l'audace. Qu'est-ce que ça signifie pour vous ? Qu'est-ce que vous allez dire, dans les grandes lignes ?
Alors, en fait, chaque année, il y a une thématique. L'audace est la thématique de 2026. En fait, l'audace, qu'est-ce que ça représente pour Fourvière ?
Donc, pour Fourvière, ça représente tout ce qui s'est passé ces dernières années, en particulier en 2013, quand a été lancée la rénovation de la basilique et de tous les alentours de la basilique. Ça a été un chantier considérable. Il y a aussi le renforcement de l'accueil des visiteurs.
Ça représente aussi, pour Lyon, l'audace des Lyonnais qui viennent se confier à Marie ; c'est aussi l'audace des mécènes et de tous nos partenaires qui ont su faire confiance à la Fondation Fourvière et qui nous ont suivis dans nos projets, même quand ceux-ci n'étaient pas toujours bouclés. Et puis, c'est l'audace, demain, de tous les référents autour de la ville qui viennent, dans un moment apaisé, pour échanger. C'est un moment un peu hors du temps, et en même temps dans le temps, pour un dialogue universel assez...
Général, simplement, vous en avez dit un mot : donc, cette année, c'est Alain Mérieux, effectivement, qui a été choisi pour remettre l'écu, c'est cela ? Il y a le symbole de l'écu qui est remis à l'archevêque de Lyon, qui représente l'Église. Vous pouvez nous expliquer un petit peu quelle est l'idée, c'est le remerciement, c'est cela ? Oui, c'est un remerciement, c'est...
Un écu et un cierge de sept livres. Donc, c'est un petit peu la tradition qui continue, et, en fait, c'est un remerciement à Marie, au nom de l'Église, que l'on fait à travers l'archevêque, qui bénira la ville.
Très bien, ce sera le mot de la fin. Merci beaucoup, Jean-Christophe Aguettant, d'être venu nous raconter les origines, puis comment se passe aujourd'hui le vœu des échevins. Quant à vous, je vous remercie d'avoir suivi cette émission.
Vous pourrez retrouver plus de détails sur le vœu des échevins de l'année de septembre 2026 sur le site lyoncapitale.fr. Je vous dis à très bientôt.

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