Richard Llung
Thierry Chassepoux

Villeurbanne : décès de l’ancien élu Richard Llung, "il était fondamentalement socialiste"

Ancien adjoint au maire de Villeurbanne jusqu’en 2019 et vice-président de la Métropole de Lyon, l’élu villeurbannais s’est éteint dimanche 17 octobre à l’âge de 56 ans. De nombreux témoignages sont venus saluer la mémoire d’un "homme de gauche" "engagé", pour le logement abordable, et "entier". 

Membre du Parti socialiste depuis l’âge de 16 ans, élu local engagé pour le développement urbain et l'habitat de sa commune de Villeurbanne et de la Métropole de Lyon, Richard Llung s’est brutalement éteint dimanche 17 octobre, à l’âge de 56 ans. "Il nous a pris de court, je devais le voir cette semaine", confie avec une grande émotion Damien Berthilier, l’ancien adjoint à l’éducation au maire de Villeurbanne et un ami de Richard Llung. 

Un homme plein "d’autodérision"

Au lendemain du décès de l’ancien élu socialiste, il se souvient d’un homme "entier avec qui [il a] énormément appris. On était complice, notre amitié s’était forgée dans la proximité de fond, on se comprenait instinctivement, on partageait énormément de choses et puis on riait tout le temps. On prenait les choses au sérieux, mais on ne se prenait pas au sérieux, c’était vraiment lui." Un témoignage qui fait écho à l’hommage que lui a rendu ce lundi le groupe socialiste métropolitain, en se rappelant de quelqu’un "d’une très grande intelligence, un homme à l’humour mordant... parfois jusqu’à l’insolence, mais tellement attachant !". 


"Des souvenirs heureux j’en ai autant que de souvenirs avec lui, il avait un regard très juste et très drôle sur ce que pouvait parfois être la vie politique."
Damien Berthilier, ancien adjoint de la ville de Villeurbanne et ami de Richard Llung


Profondément engagé dans sa délégation pour l’urbanisme et l'habitat, Richard Llung savait aussi prendre du recul sur la vie politique, "on se moquait de l’aspect ridicule de la vie politique et de nous même d’une certaine manière. Il y avait beaucoup d’autodérision. Des souvenirs heureux j’en ai autant que de souvenirs avec lui, il avait un regard très juste et très drôle sur ce que pouvait parfois être la vie politique", explique Damien Berthilier avec qui il a partagé de nombreuses années à la mairie de Villeurbanne. 

Animé par une "détermination pour tout et tout le temps", il "possédait une personnalité qui ne laissait personne indifférent" et s’était investi dans la révision du plan local de l’urbanisme et de l’habitat avec "passion", se souvient l'ancien maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret avec qui il a travaillé de nombreuses années.


"Sa mobilisation pour le logement abordable et de qualité était totale. Pour lui, accueillir de nouveaux Villeurbannais exigeait aussi de prévoir les [...] espaces publics indispensables à leur qualité de vie."

Cédric Van Styvendael, le maire de Villeurbanne


Profondément engagé pour le "logement abordable"

En près de 10 ans, de 2008 à 2019, il aura développé "une vraie vision pour Villeurbanne et la Métropole, pas que pour l’urbanisme d’ailleurs", précise l’ex élu villeurbannais, Damien Berthilier. D’après lui, "il voulait rendre acceptable la densification de la ville et la rendre agréable tout en s’assurant qu’il y ait toujours un service public qui accompagne l’urbanisation. Il a toujours su préserver l’intérêt général avant toute chose". C’est d’ailleurs ce que salue en substance l’actuel maire de Villeurbanne, Cédric Van Styvendael en évoquant que "sa mobilisation pour le logement abordable et de qualité était totale. Pour lui, accueillir de nouveaux Villeurbannais exigeait aussi de prévoir les nouveaux équipements et espaces publics indispensables à leur qualité de vie".


"On avait le sentiment d’avoir oeuvré tant que l’on pouvait là où on était et que c’était peut être le moment de continuer différemment, comme il l’a fait." 

Damien Berthilier, ancien adjoint de la ville de Villeurbanne et ami de Richard Llung


Une mission qu’il a poursuivie même après avoir quitté la vie politique en 2019, en même temps que Damien Berthilier, lorsqu’il a démissionné de son poste d’adjoint en charge de l’urbanisme pour suivre une opportunité professionnelle. "On avait le sentiment d’avoir œuvré tant que l’on pouvait là où on était et que c’était peut être le moment de continuer différemment, comme il l’a fait", explique aujourd'hui son ami.

Depuis, jusqu’à sa disparition brutale dimanche 17 octobre, il s’était engagé chez Vilogia, un bailleur social, "avec la même fougue qu’il l’a fait à Villeurbanne. Il travaillait toujours au service des gens parce qu’il était fondamentalement socialiste". Un engagement central, pour un d'un homme déjà profondément regretté.

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