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Une immigration qualifiée pour muscler la croissance

L'immigration est au centre des débats. Lyon Capitale en a discuté avec le responsable de la division des migrations internationales à l'OCDE. Et le Conseil d'analyse économique a publié une note sur le sujet.

Le 2 novembre dernier, Lyon Capitale recevait Jean-Christophe Dumont, responsable de la division des migrations internationales à l'OCDE. Dans l'émission TV "6 minutes chrono", Jean-Christophe Dumont rappelle que l'immigration en France repose sur trois piliers : le droit d'asile, le regroupement familial et l'immigration de travail.

Et que ces trois piliers ne sont ni de la même taille ni de la même épaisseur : "l'immigration en France est dominée par l'immigration familiale pour environ 90 000 entrées en France. A égalité, on a environ 80 000 entrées de ressortissants européens qui viennent s'installer durablement en France chaque année et ensuite 40 000, un peu moins réfugiés qui obtiennent le statut, et presque le même nombre, ça a beaucoup augmenté ces dernières années,  39 000 immigrants au titre du travail. Donc donc on a une politique migratoire dominée par l'immigration familiale mais qui a toutes ces composantes."

Immigration : 44 % au titre familial, 9 % pour le travail

passeportDans une récente note, le Conseil d'analyse économique (rattaché à Matignon) relève qu'en 2019, "le flux annuel des immigrés permanents entrant en France" représente 0,41 % de la population, soit deux fois moins que la moyenne des pays de l'OCDE (0,85 %).

En réalité, le problème de la France réside dans son attractivité, et accuse un "retard considérable dans la course mondiale aux talents".  Selon l'Index mondial compétitivité et talents (élaboré par l'école de management Insead), qui mesure la capacité d’un pays à attirer, produire et retenir des talents, la France ne se place qu'au 19e rang mondial (sur 134 pays analysés), soit 7 places derrière le Royaume-Uni, 5 derrière l'Allemagne et 16 derrière les Etats-Unis.

Résultat, le premier motif d’immigration est le motif familial. Sur la période 2007-2016, 43,7 % des immigrés en France sont ainsi venus au titre familial, contre 31 % pour leurs études, 10 % à titre humanitaire et seulement 9 % pour le travail.

Système d'immigration à points

Le Conseil d'analyse économique prône "une réforme de fond de la politique d’immigration" en proposant notamment un système de points, comme il existe déjà  Canada, en Australie, en Nouvelle-Zélande, en Autriche ou au Royaume-Uni. Il s’agit de sélectionner les candidats que l’on souhaite faire venir selon leurs caractéristiques (âge, niveau de qualification, compétences linguistiques, expériences professionnelles et capacités d’intégration).

Les auteurs de la note expliquent qu' "après avoir rempli un questionnaire le candidat à l’immigration a une idée assez claire de ses chances d’obtenir ou non un visa d’entrée. Il incite les pouvoirs publics à spécifier les critères qui sont importants pour une immigration réussie et encourage les immigrés qualifiés à postuler pour un titre de séjour, voire à se former (par exemple en apprenant la langue du pays d’accueil) en anticipation de leur candidature."  Un système jugé "transparent, équitable et efficace".

 

(Vidéo) - Impact fiscal de l'immigration, coûts et bénéfices

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