@WilliamPham

Un élu socialiste de Grenoble demande à la Région des "États Généraux de la sécurité locale"

Au lendemain d’un week-end marqué par une fusillade à la kalachnikov samedi à Grenoble, le conseiller régional socialiste Stéphane Gemmani, fondateur du Samu Social de Grenoble, a écrit à Laurent Wauquiez pour lui demander des "États généraux de la sécurité locale". Une requête qui prend une autre ampleur après la mort par balles d’une fille de 18 ans dans la nuit du 4 au 5 octobre.

En quelques jours la ville de Grenoble, en Isère, a été le théâtre de deux fusillades violentes, faisant plusieurs blessés et coûtant la vie à une jeune fille de 18 ans, tuée par des tirs de la police lors d’une course poursuite survenue dans la nuit du mardi 4 au mercredi 5 octobre. À la lumière de ces deux événements grenoblois, qui font écho à plusieurs faits divers du même genre survenus à Lyon notamment ces derniers mois, le conseiller régional socialiste Stéphane Gemmani appelle de ses voeux la création d’"États généraux de la sécurité locale" en Auvergne-Rhône-Alpes.

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Dans un courrier adressé au président LR de la région Laurent Wauquiez, qui a fait de la sécurité un élément clé de ses mandats, alors que celle-ci ne relevait jusqu’ici qu’à la marge des compétences régionales, l’élu grenoblois propose de décliner un travail commun sur cette thématique dans toutes les agglomérations d’Auvergne-Rhône-Alpes. Afin de "structurer, enfin, une véritable politique pragmatique régionale sur les questions de sécurité". 

"Éviter toutes controverses stériles et partisanes"

Fondateur du Samu social grenoblois, Stéphane Gemmani estime aujourd’hui que "les politiques entreprises par les édiles sur ce terrain doivent être remises en question, réévaluées, réétudiées et nous devons éviter toutes controverses stériles et partisanes sur cette thématique de l’insécurité et, surtout, éviter une éventuelle instrumentalisation par certains, d’une façon ou d’une autre". Pour celui qui est commissaire à la commission sécurité du conseil régional, il est grand temps d’"imaginer une sécurité sur-mesure". "Il est des quartiers ou des patrouilles ponctuelles peuvent suffire. Au contraire, il en est d’autres où une présence permanente est nécessaire, de jour comme de nuit. Tout cela demande de pouvoir ajuster en permanence les actions et les effectifs aux contextes locaux", préconise l’élu.  


"Nous devons refuser de vivre, mais surtout de subir ce climat d’insécurité grandissant dans nos agglomérations, comme nous ne pouvons plus entendre ces discours renvoyant à la seule responsabilité de l’état"Stéphane Gemmani conseiller régional


En appelant à retravailler la manière de garantir la tranquillité publique, M. Gemmani insiste sur l’importance de s’appuyer sur les acteurs locaux, "car qui mieux en effet qu’un élu peut déceler un changement d’ambiance dans sa commune, dans son quartier ? Qui mieux qu’un travailleur social suivant au quotidien des individus, peut mesurer chez eux une évolution soudaine de comportement ? Qui mieux qu’un citoyen peut repérer des conduites étranges dans son voisinage, dans son entourage ?", s’interroge le conseiller régional. 

Reste à savoir si le président de Région saisira cette main tendue par l’élu socialiste, pour s’emparer du sujet de la sécurité locale de manière commune et non selon "[ses] critères", souligne M. Gemmani, comme il a jusqu’ici tenté de le faire en proposant par exemple à Lyon et Grenoble 1 million d’euros pour investir dans la sécurité, mais à ses conditions. Ce qui dans le cas de Lyon n’aura finalement mené qu’à une énième polémique entre la municipalité écologiste et l’exécutif régional, reléguant l’enjeu de tranquillité publique au second plan.

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