Météo soleil
Fontaine de la place du Maréchal Lyautey à Lyon © Charlotte Santana

Réchauffement climatique : quel impact à Lyon ?

Ce lundi, le Groupement d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec) publie un nouveau rapport sur le réchauffement climatique. Selon lui, “il faut des changements sans précédent dans tous les aspects de la société” pour limiter la hausse à 1,5 degré. Quelle est la situation à Lyon ? Quelles seront les températures en 2100 si rien ne change ?

Le Giec a publié un nouveau rapport sur le réchauffement climatique, à la fois sombre, mais aussi laissant la porte ouverte à un dernier espoir face à une situation de plus en plus incontrôlable. Selon le groupement d'experts, “au rythme actuel, nous allons atteindre les 1,5 degré de réchauffement entre 2030 et 2052”. Plus ce réchauffement global tend vers +2 degrés, plus les conséquences sont graves, avec disparition totale des coraux, extinctions de masse et changement majeur du climat. En France, les températures moyennes pourraient s’élever de 4,5 à 6 degrés d'ici à 2052. Selon le Giec, la situation “demande des changements sans précédent”, les experts insistant sur les deux prochaines années, “importantes pour nos histoires”.

+1,1 degré à Lyon

À Lyon, l'impact du réchauffement est déjà visible. Selon un rapport de l'European Data Journalism Network, qui a analysé l'évolution des températures sur 117 ans, Lyon est la ville de plus de 500 000 habitants la plus touchée par le réchauffement climatique. Si, au XXe siècle, la température annuelle moyenne était de 10,4 degrés, depuis les années 2000, elle est de 11,5 degrés, soit une hausse de 1,1 degré. Ce constat ne prend pas en compte les îlots de chaleur, ces zones urbaines qui accentuent un peu plus la hausse. Ainsi, d'ici à 2100, Lyon pourrait connaître la température moyenne de Madrid, voire d'Alger, respectivement 14 et 17,7 degrés, soit une hausse comprise entre 2,5 et 6,2 degrés. Conséquences : les nuits seront toujours plus chaudes, les pollens plus nombreux et la mortalité des plus fragiles en hausse. Par ailleurs, la centrale nucléaire du Bugey sera plus difficile à refroidir. Dès cet été, à cause de la canicule, sa puissance a été réduite (lire ici).

Avec l'accélération actuelle, le scénario d'un Lyon sous une chaleur intense n'attendrait pas 2100. Quant à la solution de la climatisation, en rejetant l'air chaud vers l'extérieur, elle contribue à faire grimper un peu plus la température de nos villes. Dès lors, au-delà de la question de limiter ce réchauffement, l'urgence est donc dès aujourd'hui de lutter contre ces îlots de chaleur, de limiter les surfaces qui l'accumulent et de végétaliser partout où cela est possible.

à lire également
Pascal Le Merrer, fondateur des Journées de l’économie de Lyon © Antoine Merlet
Entretien avec Pascal Le Merrer, professeur d’économie à l’ENS, qui a fondé, à Lyon, en 2008 les Journées de l’économie, dont la 12e édition s’ouvre le 5 novembre sur le thème “Environnement, numérique, société… la décennie de tous les dangers”. Dix ans durant lesquels les économistes vont devoir “trouver un consensus” pour éviter un retour des populismes.
1 commentaire
  1. Abolition_de_la_monnaie - 8 octobre 2018

    On ne peut pas végétaliser tout le minéral implanté à Lyon grâce à Gérard Collomb béton.
    Comment végétaliser les tous de verre de la Part-Dieu ? (et celle qu'il veut encore construire !) ?
    Comment végétaliser les tonnes de béton des nouveaux quartiers ? Car il y a le béton au sol, mais ce qui chauffe surtout, c'est le béton vertical des façades.
    Cette politique de bétonner pour ensuite avoir des taxes foncières et autres, c'est incompatible avec la protection du climat.
    L'économie "réaliste" est incompatible avec la nature et sa protection.

Les commentaires sont fermés

d'heure en heure
d'heure en heure


derniers commentaires
Faire défiler vers le haut