Après la tenue d’une Assemblée générale extraordinaire (AGE) le 16 avril, les avocats du barreau de Lyon lèvent leur grève totale, mais maintiennent une mobilisation "forte et visible."
La colère gronde toujours chez les avocats lyonnais face au projet de loi sur la "justice criminelle et le respect des victimes." En grève totale depuis le 2 avril et l’adoption du texte en première lecture au Sénat le 14 avril, les avocats du barreau de Lyon se sont réunis le 16 avril dernier pour une Assemblée générale extraordinaire (AEG) et voté une reprise des activités, "soucieux de ne pas faire peser plus longtemps cette mobilisation sur les justiciables", annoncent-ils dans un communiqué ce lundi.
Une nouvelle assemblée générale prévue ce mardi
Si la grève totale est donc levée, les avocats assurent maintenir une mobilisation "forte et visible." Concrètement, cela consiste en des opérations de défense "massives" et "démultipliées" avec la "mobilisation de 3 à 4 avocats sur un même dossier" afin de créer du "ralentissement", une lecture systématique d’un communiqué en audience afin "d’informer les justiciables et les juridictions des enjeux de cette mobilisation", des rassemblements, mais également l’organisation d’une journée "justice morte" le 19 mai prochain. Lors de cette dernière, les avocats "se retireront de toutes les procédures, iront manifester leur colère devant les lieux de justice et iront à la rencontre des citoyens dans les espaces d’affluence pour expliquer les conséquences de ce projet de loi pour les citoyens", indiquent-ils toujours.
Mais ce (presque) retour à la normale n’est pas entièrement garanti. Une nouvelle AEG est prévue demain, mardi 21 avril, à 17 heures.
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Trois mesures contestées par les avocats
Pour rappel, l’inquiétude et la colère des avocats résident dans trois mesures du projet de loi. Celle, d’abord, de l’instauration d’une procédure de type "plaider coupable", permettant d’éviter une procès criminel classique, mais privant les victimes du procès "qu’elles attendaient." Ils précisent : "Pas de débats publics, pas de confrontation, pas de récit judiciaire complet de ce qu'elles ont subi. La justice est négociée, sans elles."
Le plafonnement des peines à hauteur des deux tiers ne garantirait plus aux victimes "que la peine prononcée reflétera la réalité et la gravité de ce qu’elles ont vécu", tandis que "l’atteinte aux fondements du procès criminel reposant sur l’oralité des débats, leur publicité et l’examen approfondi des faits" priverait "les victimes du droit à une vérité judiciaire pleinement construite et publiquement énoncée."
"Informer, accompagner et défendre restent au cœur de notre engagement. Nous refusons qu’au nom d’un manque de moyens, la qualité de la justice pénale soit dégradée. La justice est une mission fondamentale de l’État : en affaiblir les garanties aujourd’hui, c’est prendre le risque de fragiliser l’ensemble des procédures demain", souligne ce lundi Hubert Mortemard de Boisse, Bâtonnier de Lyon.
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