“Beaucoup venaient avec de l’argent liquide qu’ils mettaient sur la table. C’était comme dire : ‘C’est mon argent que je donne, pas celui de la banque’” Kamel Kabtane, président du Conseil des mosquées du Rhône
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Pourquoi les banques ferment-elles les comptes des mosquées du Rhône ?

Une vingtaine d’associations gérant les mosquées du département ont vu leurs comptes bancaires fermés sans explication. En cause : le manque de traçabilité des dons en espèces lors des quêtes. Enquête.


Un apartheid bancaire.” Les mots de Kamel Kabtane, président du Conseil des mosquées du Rhône (CMR), sont forts. La nouvelle polémique sur l’islam en France viendra-t-elle de Lyon ? Depuis 2018, plus d’une vingtaine de mosquées du Rhône ont vu leurs comptes en banque fermés sans préavis ni explication. Parmi elles, les mosquées de Décines, Vaulx-en-Velin, la Croix-Rousse et d’autres encore. Si l’attention médiatique est aujourd’hui concentrée sur la métropole de Lyon, l’affaire porterait sur l’ensemble du territoire national et s’élèverait à plusieurs centaines de mosquées en France. De quoi susciter la colère des responsables musulmans, coincés entre de nouvelles réglementations plus contraignantes sur les financements et des institutions bancaires qui empêchent les collectes de dons. En cause ? La traçabilité de l’argent liquide versé lors des quêtes auprès des fidèles, selon Kamel Kabtane qui a écrit à Emmanuel Macron pour l’interpeller. Une raison que les banques n’ont pas communiquée d’elles-mêmes mais qui a été agréée par le ministre de l’Intérieur et des Cultes, Gérald Darmanin. Ces dépôts en espèces éveilleraient les soupçons des établissements bancaires du fait qu’il soit impossible de connaître l’identité des donateurs. Ce flou les déciderait ensuite à fermer les comptes des associations gérant les mosquées plutôt que de les signaler au Tracfin, l’organisme public chargé de la lutte contre la fraude fiscale, le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme. Pour rappel, depuis 2016, la loi impose aux banques de signaler tout dépôt en liquide de plus de 10 000 euros. Un plafond qui peut être revu à la baisse par ces dernières. “C’est insupportable, dès qu’il y a le moindre doute, ils ferment pour ne pas avoir à subir la paperasse du Tracfin”, résume Kamel Kabtane.

Les financements des mosquées


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