PMA, IVG, prostitution : la Gay Pride va-t-elle trop loin ?

La prochaine marche de la Lesbian and Gay Pride lyonnaise prévue le 14 juin provoque des remous. Certaines associations auparavant proches de la LGP ont décidé de se désolidariser. La cause ? Le mot d’ordre : "Droits des trans, PMA, IVG, GPA, prostitution. Nos corps, nos choix".

La Lesbian and Gay Pride de Lyon va-t-elle trop loin ? C’est en tout cas ce que certaines organisations affirment en annonçant se désolidariser de la Marche des fiertés prévue le 14 juin prochain à Lyon. Problème invoqué, le mot d’ordre : "Droits des trans, PMA, IVG, GPA, prostitution. Nos corps, nos choix". Un leitmotiv qui ne passe pas pour tout le monde, notamment pour "Osez le féminisme 69", qui dénonce la "confusion entre les luttes contre les LGBTphobies, celles des droits reproductifs et sexuels des femmes et la défense de deux des pires produits des systèmes patriarcal et capitaliste : la GPA et la prostitution". L’organisation y voit "un amalgame entre revendications légitimes et progressistes, et des revendications clairement machistes". 37 autres organisations, de poids plus ou moins important, se sont associées à ce communiqué de presse. "En marche pour l’enfance", qui découle de la Manif pour tous, s’est placée dans la roue des organisations signataires, évoquant "une entourloupe".

"Nous allons beaucoup plus loin à Lyon"

À moins de 10 jours de la marche, c’est donc un sentiment de départ en ordre dispersé qui prédomine. N’aurait-il pas mieux valu opter pour un mot d’ordre plus fédérateur ? "Nous n’avons pas la volonté de diviser, bien au contraire. Certains auraient voulu qu’on soit moins rentre-dedans, mais quelque part il aurait été malhonnête de ne pas mettre en avant toutes nos luttes, assume pleinement Edwige Marty, présidente de la LGP de Lyon, qui affirme recevoir plus de soutiens que de réactions agressives. La thématique était similaire partout en France, mais c’est vrai que nous allons beaucoup plus loin à Lyon. Ces sujets, nous ne les avons pas sortis de notre chapeau, nous travaillons dessus toute l’année. Il n’y avait donc aucune raison de ne pas les afficher le jour de la marche."

Le PS et le PCF en désaccord, mais dans le cortège

"Osez le féminisme 69 a fait son choix. Je ne suis pas déçue mais un peu en colère. Appeler à se désolidariser parce qu’on est en désaccord avec deux termes, c’est peut-être un peu limite", regrette Edwige Marty. "Parmi les signataires du communiqué, il n’y a qu’ Osez le féminisme, la LMDE et l’UNEF qui sont d’anciens partenaires. Pour les autres, difficile de se désolidariser quand on n’a jamais été solidaire", tacle-t-elle.
Au niveau politique, le mot d’ordre interroge également les partis habituellement présents, mais aucun ne souhaite rompre les rangs. Le PCF et le PS, qui ont exprimé leur désaccord, appellent à manifester aux côtés de la LGP mais sans adhérer au mot d’ordre. "Nous ne savons pas si Gérard Collomb sera là mais nous savons que des élus défileront dans le cortège", affirme la présidente de la LGP. Dans l’entourage du maire, on doute de sa présence, d’autant que les journées consulaires se tiendront au même moment.

Pour un débat sur la GPA

Malgré tous ces remous, la leader de la LGP ne regrette en rien le mot d’ordre : "En ce qui concerne la GPA, nous ne réclamons pas de légiférer, nous voulons que s’ouvre un débat. Pour la PMA, nous avons peur que ce qui était une promesse de campagne n’aboutisse pas sur ce mandat". Edwige Marty se montre également droite dans ses bottes sur le point le plus clivant, le positionnement sur la prostitution : "Nous avons conscience qu’il s’agit souvent d’une réponse à un problème financier. Est-ce que nous sommes pour les réseaux de prostitution ? Non ! Est-ce que nous pensons que c’est un métier génial ? Non ! Nous disons qu’une personne aura plus de facilité à se sortir d’un réseau si on lui donne des droits plutôt qu’en étant sanctionnée."

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