Manifestation antifasciste contre le bastion social
Image d’archive d’une manifestation en 2018 à Lyon contre le Bastion Social, organisation d’extrême-droite dissoute. Photo : Luna Ghelab

"On ne lâchera pas la rue", à Lyon, une manifestation s'organise contre les violences de l'extrême-droite

Samedi 23 octobre, un appel à manifester à Lyon contre les violences d'extrême-droite est lancé par plusieurs organisations et personnalités du monde syndical, associatif, politique, militant ou intellectuel.

Le rendez-vous est donné place Bellecour à 14h30. Samedi 23 octobre, les opposants aux violences d'extrême-droite vont manifester à Lyon. On trouve parmi les premiers signataires de l'appel le Planning Familial 69, Alternatiba, l'Union communiste libertaire, Solidaires Rhône, l'UNEF Lyon, la CGT 69, la Jeune Garde, la France Insoumise, le NPA, le PCF... etc

Manifestation locale, mais soutien national. Dans une tribune publiée sur le blog Mediapart, des personnalités politiques et intellectuelles d'envergure nationale appellent à la manifestation. On y retrouve Jean-Luc Mélenchon (candidat de la FI), Sandrine Rousseau (EELV), Philippe Poutou (candidat du NPA), mais aussi des sociologues, des historiens, des journalistes...

Contre les attaques et la diffusion des idées d'extrême-droite

"Malheureusement, des manifestations contre les violences de l'extrême-droite on pourrait en faire souvent à Lyon. Mais depuis quelques semaines et mois, on voit une hausse des violences sur tout le territoire français et particulièrement à Lyon", relève Raphaël Arnault, porte-parole de la Jeune Garde, organisation antifasciste fondée en 2018 à Lyon. "La situation fait froid dans le dos et on veut montrer qu'on ne lâchera pas la rue", ajoute le militant.


"Avec l'approche de l'élection présidentielle, on a Zemmour ou Le Pen partout dans les médias, qui portent des discours hyper violents", Raphaël Arnault, porte-parole de la Jeune Garde, organisation antifasciste fondée en 2018 à Lyon.


Le 7 octobre, à l'occasion du passage de Gérald Darmanin, ministre de l'Intérieur à Lyon, Lyon Capitale faisait l'inventaire de plusieurs attaques de l'extrême-droite à Lyon, revendiquées. Sur seulement quelques jours, fin septembre et début octobre, on recensait trois manifestations de force de militants fascistes.

Lire aussi : Extrême-droite à Lyon : possible reconstitution de Génération Identitaire ? Les réponses de Darmanin

Les attaques de l'extrême-droite ne sont pas la seule source d'inquiétude des organisateurs. Raphaël Arnault évoque un "climat national, avec l'approche de l'élection présidentielle. On a Zemmour ou Le Pen partout dans les médias, qui portent des discours hyper violents." Les militants observent d'un œil soucieux la tribune donnée aux idées d'extrême-droite dans l'espace public. 

Un passage par le Vieux Lyon, fief de l'extrême-droite

La manifestation est déclarée et le parcours validé par la préfecture. Avec notamment un passage sur les quais, côté Vieux Lyon. Ce quartier du 5e arrondissement est le fief de l'extrême-droite dans la capitale des Gaules. Y sont notamment installés un bar, "La Traboule" et une salle de boxe "L'Agogé", qui étaient anciennement les locaux de Génération Identitaire, organisation d'ultra-droite dissoute par le gouvernement. "Évidemment on se prépare à une potentielle attaque. Des personnes seront chargées d'assurer la sécurité de la manifestation", assure Raphaël Arnault.

Malgré le risque, pouvoir passer dans ce quartier est pour lui une victoire. "Depuis plusieurs années, la préfecture y interdisait le passage des manifestations progressistes, comme la Pride. La preuve qu'ils (les militants identitaires, ndlr) sont dangereux. On ne peut pas leur laisser faire la loi dans ce quartier", soutient le militant antifasciste.

Les manifestants interpellent la préfecture

Dans le communiqué qui accompagne l'appel à la manifestation, les organisateurs pointent du doigt la responsabilité des services de l'État. "La préfecture joue un jeu trouble, en laissant se développer la fachosphère", peut-on lire. En ligne de mire des opposants à l'extrême-droite : la Traboule et l'Agogé, ces locaux qui sont pour eux l'épicentre des attaques à Lyon. "Ces locaux sont ouverts depuis des années et existent en toute impunité", s'insurge Raphaël Arnault.

"Il n'y a aucune impunité pour les groupuscules violents d'ultra-droite", tranche la préfecture. "Grâce aux services locaux de l'État, Génération Identitaire a pu être dissout en conseil des ministres", veut rappeler l'institution. Si la préfecture constate la réouverture de la Traboule et de l'Agogé, elle explique que contrairement à l'association Génération Identitaire, "ils ne sont pas frappés d'une interdiction".

Du côté de l'Agogé et de la Traboule, on préfère maintenant se présenter sous le nom "Les Remparts". Nouvelle image de marque et changement de communication. Les Remparts explique vouloir tenir"un rôle communautaire, culturel et sportif plutôt que politique". Depuis début septembre le lieu organise des soirées à thème : boxe, oktoberfest, soirées étudiantes.

"La Traboule" dans le Vieux-Lyon, un bar associatif, anciennement le QG du mouvement d’extrême-droite Génération identitaire, aujourd'hui dissout © Antoine Merlet

"Génération identitaire a été dissoute donc nous n'avons plus rien à voir avec cette association. (...) la Traboule existait bien avait Génération identitaire et elle existe désormais après. L'objet de notre association n'a rien de politique", affirmait Antoine Durant, un des gérants du complexe au micro de BFM Lyon le 14 septembre. Derrière l'apparente neutralité des évènement proposés, le vocabulaire employé donne quelques indices sur la couleur politique du lieu. Présentée comme "Maison de l'identité",  elle souhaite rassembler des "jeunes enracinés et patriotes" et affirme que "notre histoire et culture tendent à être effacés au profit de la culture woke".

La préfecture assure que des "consignes de vigilance" ont été donné à ses agents sur le lieu et une possible reconstitution de ligue dissoute. "Si des agissements contraires au droit étaient constatés, les services de l'État interviendraient avec fermeté", conclut l'institution. Alors que Lyon est le berceau de l'extrême-droite depuis plus d'une dizaine d'années, la préfecture n'a pas fini d'être vigilante.

Lire aussi : Alain Chevarin : “Lyon est le laboratoire intellectuel des extrêmes droites françaises”

Lyon, "berceau" des groupes d'ultra-droite selon la commission d'enquête (2019)

 

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