Suite à une polémique lancée par l'extrême-droite, l'inauguration de la salle polyvalente Imane Khelif du lycée Arnaud Beltrame à Meyzieu est repoussée au 23 juin.
C'est un choix qui fait polémique. Le 7 mai prochain, le lycée Colonel Arnaud Beltrame à Meyzieu prévoyait d'inaugurer sa nouvelle salle polyvalente au nom de la boxeuse Imane Khelif. Championne olympique de boxe, la jeune femme est la cible d'attaques récurrentes en raison de son gène SRY, situé sur le chromosome Y, indicateur de masculinité. L'athlète algérienne s’était notamment retrouvée au centre d’une controverse sur son genre lors des Jeux Olympiques de Paris, où certains l'accusaient d'être "un homme combattant des femmes."
Selon les informations du Progrès, ce sont les élèves eux-mêmes qui auraient choisi de nommer la salle ainsi. Pourtant, alors que l'établissement justifie son choix, expliquant que la sportive entre la catégorie "figure inspirante", les groupes d'extrême-droite, eux, grincent des dents.
Dans deux communiqués, le Rassemblement National exige en effet l'annulation de l'inauguration prévue le 7 mai : "Nous interpellons le Président, Fabrice Pannekoucke, ainsi que son conseiller spécial, Laurent Wauquiez, à intervenir auprès de la direction du lycée pour reconsidérer ce projet, dans un souci d’apaisement et de respect des principes de neutralité", demande le groupe RN à la Région Auvergne-Rhône-Alpes.
"L’École de la République doit rester un lieu de transmission des savoirs"
Le groupe d'extrême-droite dénonce une "dérive idéologique et wokiste, qui tend à s'imposer dans les établissements scolaires", le tout, "au détriment de la neutralité et de la mission première de l'école". Et d'ajouter : "L’École de la République doit rester un lieu de transmission des savoirs, de respect et de rassemblement, et non un espace de promotion de causes ou de figures controversées".
Alors qu'il n'existe pas de doute sur le genre de l'athlète, le RN s'inquiète également d'une confusion de la part des élèves et des parents. "Il met en avant une personnalité au cœur d’une controverse internationale majeure sur la définition même du sport féminin, symbole d’une confusion des repères et de l’imposition de débats idéologiques là où devraient prévaloir des règles claires", écrit Tiffany Joncour, députée RN du Rhône, à l'origine de la polémique.
Wokisme à l’école.
— Tiffany Joncour (@Tiffany_Joncour) April 28, 2026
Le 7 mai, au lycée Arnaud Beltrame de Meyzieu, une salle doit être baptisée du nom d’Imane Khelif, au cœur d’une polémique mondiale sur l’équité du sport féminin.
L’école n’est pas un laboratoire idéologique.@auvergnerhalpes, @Pannekouckefabr,… pic.twitter.com/iBwOYYHhPH
Le nom devra être voté en conseil d'administration
Suite à cette polémique, l'inauguration de la salle a finalement été repoussée au 23 juin prochain, a révélé la députée du Rhône sur ses réseaux sociaux ce mercredi. Le nom sera prochainement présenté en conseil d'administration avant d'être définitivement adopté ou retoqué. "Une première victoire", s'est félicité Tiffany Joncour dans un post X.
En parallèle, le vice-président LR à la Région, Philippe Meunier, a affirmé sur X avoir "fait le nécessaire pour que cette opération soit immédiatement bloquée", précisant que la Région "ne manquait pas de champions olympiques exemplaires". Contactée par Lyon Capitale, la Région Auvergne-Rhône-Alpes à quant à elle tenue à éclaircir les choses : "Lorsqu’elle donne un nom à des lycées ou des bâtiments relevant de son patrimoine, la Région privilégie des personnalités françaises, dont le parcours incarne un engagement, un courage ou un combat ayant un lien direct avec l’histoire, les valeurs et le destin de notre pays", rappelle la collectivité.
Contacté par Lyon Capitale, l'établissement n'a pas souhaité s'exprimer sur la polémique.
Informé dimanche de cette initiative INTERNE au #lycée #ArnaudBeltrame #Meyzieu, j’ai effectivement déjà fait le nécessaire pour que cette opération soit immédiatement bloquée. Notre région @auvergnerhalpes et la France ne manquent pas de champions olympiques exemplaires… https://t.co/XcfTp0eb0M
— PhilippeMeunier (@Meunier_Ph) April 29, 2026
Lire aussi : Meyzieu : le nouveau lycée Arnaud Beltrame continue de diviser

Il peut être utile de rappeler qui était Arnaud Beltrame, lieutenant-colonel de la Gendarmerie nationale française et commandant adjoint de l’unité Aude de la Gendarmerie départementale, qui fut assassiné par un terroriste islamique à Trèbes après s’être échangé contre un otage, en 2018.