Robinet.
Le conseil métropolitain a voté, lundi 13 décembre, la création d’une régie publique chargée de la gestion de l’eau dans l’agglomération.

Métropole de Lyon : le retour de l’eau en régie publique passe un cap avec un vote essentiel 

Un an après avoir annoncé le passage en régie publique de la gestion de l'eau potable, le président de la Métropole de Lyon a franchi une nouvelle étape dans ce gros dossier en mettant au vote des conseillers métropolitain le cadre stratégique de cette future régie, notamment. Une mesure adoptée, mais qui a tout de même donné lieu à près d’une heure d’interventions des conseillers métropolitains de tout bord. 

La future régie publique de l’eau ne sera opérationnelle qu’en janvier 2023 mais, ce lundi 13 décembre, à l’occasion du 6e et dernier conseiller métropolitain de 2021, les élus ont adopté trois délibérations venant donner un cadre à cette future structure publique. Présenté ce lundi matin par Anne Grosperrin, vice-présidente de la Métropole de Lyon, déléguée à l’eau et à l’assainissement, comme "une décision historique pour notre métropole", le retour de la gestion de l’eau en régie publique a fait quelques vaguelettes. 

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Invités à voter pour créer la future Régie des Eaux du Grand Lyon, à se prononcer sur son cadre stratégique ou encore à valider l’organisation de la phase de préfiguration, les élus des différents groupes politiques ont pris la parole pendant plus d’une heure pour livrer leur vision de ce projet important. 

"Une participation large et riche"

À l’image de Pierre Chambon, le président du groupe la Métropole pour tous, qui a profité de son temps de parole pour saluer le travail effectué depuis un an, car "contrairement à d’autres dossiers phares portés par la majorité, il nous semble que sur celui de l’eau nous avons été invités par étape régulière à une participation large et riche". L’élu d’opposition a toutefois souligné que, selon lui, après "12 mois les régi-sceptique et les pro-régi n’ont pas réussi à dépasser le stade du clivage idéologique", alors que comme le relevait le communiste Raphaël Debu, "l’eau n’est pas une simple ressource, mais un bien commun [et] qui mieux qu’une régie pour le protéger ? ", lançait-il aux autres conseillers. 


"L’eau n’est pas une simple ressource, mais un bien commun", Raphaël Debu, élu communiste


Sur le principe, les élus qui ont émis des réserves lors de leurs prises de parole ne s’opposent pas à la création de cette régie, mais plutôt à la manière de faire de la majorité écologiste. Ainsi, Pascal David, du groupe Synergie, s’est dit "très réservé sur ce passage en régie publique. Non pas que nous soyons opposés par principe à la régie, mais parce que vous êtes dans l’application d’une doctrine sans avoir analysé de façon précise toutes les options qui étaient sur la table". 

"Rien de révolutionnaire"

Installé à droite de Gérard Collomb, le conseiller d’opposition Louis Pelaez, Inventer la Métropole de demain, n’a pas manqué de railler "une décision politique basée sur aucun élément concret", sans toutefois s’opposer à la création de cette régie. Pour une raison bien simple, selon lui, que ses grands principes reprennent "les termes des textes adoptés et renouvelés en 2019". "Votre vision n’a rien de révolutionnaire par rapport à ce qui se faisait auparavant, je dirais même que votre cadre stratégique présente bien peu de nouveautés concrètes. Vous avez le talent pour réinventer l’eau chaude et présenter les actions qui étaient déjà celles de vos prédécesseurs", a lâché l’élu. 


"Vous avez le talent pour réinventer l’eau chaude et présenter les actions qui étaient déjà celles de vos prédécesseurs", Louis Pelaez, Inventer la Métropole de demain


Point abordé à plusieurs reprises lors des différentes prises de parole, la tarification de l’eau fera l’objet d’une attention particulière des élus et notamment du groupe Synergie, comme l’a rappelé Pascal David : "Notre vigilance portera en particulier sur la tarification afin que l’eau demeure un bien commun accessible à toutes et à tous". Toutefois, comme nous le relevions ici, la probabilité que le prix du m3 baisse reste maigre puisque l'exécutif espère parvenir "à un coût de revient du mètre cube d'eau similaire à ceux de Veolia avec une même qualité de service" expliquait Bruno Bernard la semaine dernière. 

La répartition du vote

En fin de matinée, les élus ont finalement adopté les délibérations comme suit, donnant ainsi naissance à la future régie publique de l’eau :

  • Adoption du cadre stratégique par 97 voix contre 39, auxquelles s’ajoutent 4 abstentions et neuf personnes qui n’ont pas voté ;
  • Création de la régie publique par 97 voix contre 6, auxquelles s’ajoutent 39 abstentions et sept personnes qui n’ont pas voté ;
  • Adoption de l’organisation de la phase de préfiguration par 86 voix contre 39, auxquelles s’ajoutent 19 abstentions et cinq personnes qui n’ont pas voté.

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