Lyon vu par l'IA
Lyon vu par l’IA / Image générée par ChatGPT
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Lyon vu par l’IA : pas mal mais parfois à côté de la plaque

Puisqu’on nous bassine avec l’intelligence artificielle qui va bouleverser l’information, nous avons décidé de la mettre à l’épreuve pour qu’elle nous parle de Lyon.

On a osé. On s’est jeté dans l’inconnu en se confrontant à une intelligence artificielle, en l’occurrence ChatGPT, le robot conversationnel le plus utilisé en France. On l’a questionnée sur ce qui fait l’ADN de Lyon (le sport, la culture, la gastronomie, l’immobilier, les transports, l’urbanisme, la sécurité, la politique, la sociologie même). Ce dossier spécial et inédit, nous l’avons voulu comme un électrochoc pour sortir le débat sur l’IA du halo abstrait dans lequel il se complaît encore, pour le ramener au concret, au local, à ce terrain que nous connaissons par cœur mais que l’algorithme, lui, découvre et analyse avec une froide acuité.

Rubicon

On pourrait se dire qu’on se tire une balle dans le pied, qu’on franchit le Rubicon, comme César sur les traces de son ennemi Pompée, il y a plus de deux mille ans. En prenant un risque considérable, celui de voir notre propre expertise remise en question, bousculée, voire concurrencée par une intelligence artificielle capable de produire, en un temps record, une analyse que nous mettons des jours à peaufiner.

Car au jeu du diagnostic, il faut bien l’admettre, l’IA se débrouille pas mal. Nous lui avons soumis des prompts précis et exigeants rédigés par Flavien Chervet, essayiste et conférencier lyonnais spécialiste de l’intelligence artificielle.

À chaque fois, et en à peine quelques minutes, ChatGPT a livré une réponse crédible, structurée et argumentée. Mais un décryptage plus fin des journalistes révèle des erreurs – d’échelle, factuelles, historiques, d’interprétation – avec, parfois, des conclusions biaisées. Pour faire court : à y regarder de plus près, le vernis craque. ChatGPT ne va pas sur le terrain. Ses textes manquent de sel, d’âme et d’humanité. De style aussi.

Un concurrent, oui. Un journaliste, non

Oui, l’IA est une concurrente sérieuse. ChatGPT sait structurer un sujet, résumer des rapports, produire un texte de bonne qualité, etc. Mais le robot rappelle aussi une évidence : sans vérification, sans sources, sans contradiction, il n’y a pas de journalisme. Tant que Lyon restera une ville faite de conflits, de chiffres qui mentent un peu et de politiques qui racontent des histoires, il faudra encore des humains pour écrire la sienne. Il n’y a pas, pour l’instant (?), de “miracle” IA. Interrogée, ChatGPT répond sans détour que “si 45 % des réponses d’actualité générées par des systèmes semblables au mien comportent des erreurs significatives, c’est parce que nous n’enquêtons pas, ne vérifions pas indépendamment les faits et ne disposons pas d’un accès direct au réel. Nous produisons des réponses à partir de données textuelles, de modèles statistiques et de tentatives de cohérence, avec des garde-fous mais sans la capacité humaine de contrôle critique”.

Notre style, notre manière de sentir la ville, de parler aux gens, de nous méfier des chiffres restent, pour l’heure, intraduisibles en lignes de codes. C’est pour cela que nous avons voulu nous mesurer à l’IA : pour la prendre au sérieux, et nous obliger à être plus précis, plus exigeants, plus rigoureux. L’IA reste un outil d’assistance, pas une source d’information. En tout cas à Lyon Capitale.

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