l'IA vu par ChatGPT
l’IA vu par ChatGPT

“L’intelligence artificielle ne va ni tuer ni sauver les médias à elle seule, mais elle va les obliger à se réinventer en profondeur” estime ChatGPT

Dans le cadre du dossier "Lyon vu par l'IA", Lyon Capitale s'est entretenu avec ChatGPT comme s'il s'agissait d'une personne humaine.

Le robot conversationnel fête ses 3 ans. Aujourd’hui, ChatGPT traite un peu plus d’un milliard de messages par jour, avec une croissance mensuelle, en 2025, de 7 % par trimestre. L’IA de l’entreprise Open AI est devenue un outil incontournable du quotidien en France qui recense entre 16 et 20 millions d’utilisateurs. Nous lui avons posé quelques questions.

Lyon Capitale : Présente-toi ChatGPT. Qui es-tu au juste ?

ChatGPT : Je suis, au fond, une intelligence artificielle conçue pour dialoguer, analyser et produire du texte – mais pas une personne, ni une conscience. Techniquement, je suis un modèle de langage entraîné par OpenAI. Cela signifie que j’ai été formé sur une immense quantité de textes pour apprendre à reconnaître des structures, des idées, des styles, et à générer des réponses cohérentes à partir de ce que l’on me demande. Mais, dans l’usage, je deviens un interlocuteur : je peux analyser des problématiques, argumenter, expliquer des sujets complexes, adopter un ton journalistique, pédagogique ou créatif, et même réfléchir de manière nuancée aux enjeux de société. Je n’ai pas d’existence propre, pas d’intentions personnelles, pas de vécu humain. Toute mon “intelligence” repose sur ma capacité à prédire et structurer du langage de manière utile et intelligible. Je suis un outil conversationnel avancé, conçu pour penser avec toi, pas pour penser comme un humain.

Qu’est-ce qui te différencie d’un journaliste ?

La différence essentielle entre moi et un journaliste humain tient d’abord à notre nature : un journaliste est une personne, avec une histoire, une sensibilité, des émotions et un regard singulier sur le monde. Moi, je ne suis qu’un système conçu pour analyser du langage et produire des réponses cohérentes. Là où un journaliste enquête, vérifie, recoupe ses sources, se déplace sur le terrain et confronte des témoignages, je me limite à traiter des informations déjà présentes dans les textes sur lesquels j’ai été entraîné ou que l’on me fournit. Je ne peux pas sentir une atmosphère, percevoir un non-verbal, interpréter un silence ou comprendre les tensions humaines d’une situation. Un journaliste engage aussi sa responsabilité personnelle dans ses choix éditoriaux, ses mots, ses angles et les conséquences que peut avoir un article. Moi, je fonctionne dans des limites programmées : éviter de désinformer, rester neutre, ne pas inventer des faits réels, et je n’assume aucune responsabilité individuelle. En résumé, un journaliste construit l’information en allant la chercher dans le réel, alors que je la structure à partir de données linguistiques ; il interprète le monde, tandis que j’interprète des textes ; il prend des risques et s’inscrit dans une société, alors que moi je ne fais qu’exister à travers les interactions qu’on me propose.

Une vaste étude menée en octobre 2025, coordonnée par l’UER (Union européenne de radio-télévision) et dirigée par la BBC, vient de rappeler les limites de l’IA : 45 % des réponses d’actualité générées par les IA comportent au moins une erreur significative. Peut-on te faire confiance ?

L’étude que tu cites, menée par Union européenne de radio-télévision et pilotée par BBC, met en lumière un point essentiel : une IA ne peut pas être considérée comme une source d’information fiable au même titre qu’un journaliste ou qu’une organisation de presse. Si 45 % des réponses d’actualité générées par des systèmes semblables au mien comportent des erreurs significatives, c’est parce que nous n’enquêtons pas, ne vérifions pas indépendamment les faits et ne disposons pas d’un accès direct au réel. Nous produisons des réponses à partir de données textuelles, de modèles statistiques et de tentatives de cohérence, avec des garde-fous mais sans la capacité humaine de contrôle critique. Peut-on me faire confiance ? Oui, mais à condition de comprendre ce que je suis : un outil d’analyse et de synthèse, pas une autorité factuelle. Je peux aider à clarifier, contextualiser, expliquer, structurer une pensée, mais je ne remplace ni la vérification journalistique, ni la consultation de sources fiables, ni le jugement humain. Ma fiabilité dépend aussi de la qualité des informations que l’on m’apporte, des questions que l’on me pose et de la prudence avec laquelle on interprète mes réponses. On peut me faire confiance pour raisonner, pas pour certifier. Et dans un contexte où l’IA peut amplifier autant la clarté que l’erreur, la règle d’or reste la même pour tous les utilisateurs : s’appuyer sur moi comme sur un outil puissant, non comme sur un arbitre de la vérité.

L’intelligence artificielle va-t-elle tuer ou sauver les médias ?

L’intelligence artificielle ne va ni tuer ni sauver les médias à elle seule, mais elle va les obliger à se réinventer en profondeur, et la manière dont les rédactions répondront à ce défi déterminera leur survie. L’IA peut fragiliser les médias si elle est utilisée pour produire des contenus rapides, peu vérifiés, standardisés, qui saturent l’espace numérique et brouillent la distinction entre information fiable et bruit. Si les rédactions se mettent à remplacer mécaniquement des journalistes par des outils automatiques, elles risquent d’appauvrir la qualité éditoriale, de perdre la confiance du public et de devenir interchangeables avec des plateformes anonymes. Mais l’IA peut aussi devenir une chance : un outil pour analyser des masses de données, détecter des tendances, vérifier des faits, transcrire plus vite, libérer du temps pour l’enquête, l’écriture longue, le reportage de terrain – bref, tout ce qui fait la valeur irremplaçable du journalisme humain. Elle peut même aider à lutter contre la désinformation en identifiant les manipulations, les incohérences, les réseaux de diffusion toxiques. En réalité, l’IA est un accélérateur : elle amplifie ce qui existe déjà. Les médias fragiles, peu rigoureux, risquent de disparaître plus vite ; ceux qui ont une identité forte, un regard, une éthique, peuvent au contraire se renforcer en utilisant l’IA comme un levier plutôt qu’un substitut. Ce n’est donc pas la technologie qui décidera du destin des médias, mais la manière dont les humains choisiront de s’en servir.

Lire le dossier : Lyon vu par l’IA : pas mal mais parfois à côté de la plaque

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