L’immeuble du Clip ne sera pas détruit. © Antoine Merlet

Lyon : c’est officiel, à la Guillotière le Clip ne sera pas détruit

Véritable arlésienne à la Guillotière, la destruction du Clip n’aura pas lieu. Les façades du bâtiment devront être réhabilitées par les propriétaires et un équipement public pourrait y voir le jour. 

Parler d’urbanisme à la Guillotière sans évoquer la situation du Clip, dont la destruction ou la réhabilitation est devenue une véritable arlésienne au fil des ans, serait oublié une composante majeure de la place Gabriel-Péri. Alors, au moment de présenter les différentes actions retenues pour "améliorer durablement le quotidien des habitants du quartier à cheval sur les 3e et 7e arrondissements", le président de la Métropole de Lyon, Bruno Bernard, a enfin entériné l’avenir du bâtiment. 

"Nous avons fait le choix de maintenir le Clip et de faire le nécessaire pour que les propriétaires refassent enfin les façades"

Bruno Bernard, président EELV de la Métropole de Lyon

Appelée de ses voeux par l’opposition et certains habitants du quartier, la destruction du Clip n’aura pas lieu. "Nous avons fait le choix de maintenir le Clip et de faire le nécessaire pour que les propriétaires refassent enfin les façades dans les années qui viennent", a expliqué Bruno Bernard. La place Gabriel Péri ne connaîtra donc pas de changement radical en termes d’urbanisme.

Trop cher et "peu satisfaisant"

Pour détruire le bâtiment de 12 700 m2, qui comprend 450 logements avec plus de 400 propriétaires, 11 commerces ou encore 3 copropriétés, la collectivité aurait dû faire une déclaration d’utilité publique, "une procédure complexe avec un risque juridique, car il faut la justifier", fait valoir le président de la Métropole. Faisant de ce sujet un dossier à la très forte complexité juridique et technique, pour une opération qui paraissait "peu satisfaisante" aux yeux de la Métropole de Lyon. 

"Il aurait fallu à peu près cinq ans pour acheter tous les biens et une dizaine d’années pour agir. Et puis les coûts auraient été énormes"

Bruno Bernard, président EELV de la Métropole de Lyon

En plus de l’impact environnemental d’une destruction, le coût très important du projet de destruction aurait également fortement pesé dans la balance. "Il aurait fallu à peu près cinq ans à pour acheter tous les biens et une dizaine d’années pour agir. Et puis les coûts auraient été énormes", justifie Bruno Bernard. D’après les chiffres communiqués par la Métropole, il aurait ainsi fallu entre 70 et 110 millions d’euros pour mener à bien le projet, entre l’acquisition des biens, la démolition ou réhabilitation et les études associées. 

Lire aussi : Guillotière : la maire du 3e réclame la démolition du Clip, David Kimelfeld s'en réjouit

La maire du 3e demandait sa destruction

Plutôt que détruire et de réhabiliter, si ce n’est les façades donc, la Métropole met en avant une intégration dans le quartier du Clip. Cela pourrait passer par l’installation au rez-de-chaussée d’un équipement public de la Ville de Lyon. "Il m’importe que le clip puisse accueillir un service public qui reste à définir, pour répondre à des problématiques des habitants du quartier", glisse Grégory Doucet, le maire de Lyon, sans plus de détails pour le moment. Ce projet ne devrait toutefois pas voir le jour avant le prochain mandat, puisqu’il devrait être inscrit au plan d’investissement 2026-2032.

"[Le Clip]tombe en ruine depuis sa livraison, bouche la place, coupe la perspective de la rue Moncey [...] et transforme la place Ballanche en une planque à dealers"

Véronique Dubois-Bertrand, maire EELV du 3e arrondissement

Gageons que la décision de conserver le Clip ne fait sans doute pas les affaires de la maire du 3e arrondissement Véronique Dubois-Bertrand, qui n’avait pas caché il y a quelques mois son désir de voir le bâtiment rasé. Dans les colonnes du Progrès, l’élue EELV confiait ne pas comprendre "tant d'atermoiements pour démolir"  ce qu'elle juge être une "aberration architecturale", "qui tombe en ruine depuis sa livraison, bouche la place, coupe la perspective de la rue Moncey qui devrait arriver sur le Rhône et transforme la place Ballanche en une planque à dealers".

Lire aussi : La Métropole de Lyon débloque 2,3 millions d’euros pour transformer la place Gabriel-Péri, l’opposition sceptique

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