Gérard Collomb © Tim Douet

Lyon : 2013, Collomb sortait déjà son autoroute "écologique"

Mercredi, la nouvelle sortie de Gérard Collomb pour défendre le projet de l'Anneau des sciences à Lyon a déclenché la réaction de David Kimelfeld indirectement attaqué pour son inaction. Elle a fait aussi ressortir un message publié en 2013. Gérard Collomb qualifiait déjà cette autoroute de "plus beau projet écologique de notre ville". 

La campagne pour les élections municipales et métropolitaines de Lyon 2020 va-t-elle tourner essentiellement autour de la question de l'autoroute urbaine de l'Anneau des sciences, censée boucler le périphérique à l'ouest ?

Le candidat Gérard Collomb ne rate aucune occasion pour aborder ce sujet qu'il qualifie "d'écologique". Une conviction qui serait motivée par l'arrivée de futures innovations technologiques, quitte à se heurter à la réalité des études scientifiques qui prouvent le contraire (lire ici). À la ville, son candidat Yann Cucherat en a également fait sa priorité "écologique", déclenchant des vives réactions et moqueries sur les réseaux sociaux.

Mercredi, devant la fédération du Bâtiment et travaux publics du Rhône, Gérard Collomb a une nouvelle fois promis qu'il ferait ce projet s'il était élu (comme il l'avait déjà fait devant le Medef, lire ici). Par ailleurs, il a expliqué que s'il n'était pas parti à Paris pour devenir ministre de l'Intérieur, l'anneau des Sciences "serait déjà lancé et les appels d'offres auraient pu être réalisés au début du projet mandat". Une manière à peine voilée de s'attaquer à l'actuel président de la métropole, David Kimelfeld, également candidat aux élections. Ce dernier est contre le projet de l'anneau des Sciences, qu'il estime dépassé (lire ici).

Kimelfeld sort les crocs 

David Kimelfeld lui a répondu via Twitter, listant tous les projets qui n'auraient pas été faits "Si Gérard Collomb n'était pas parti au gouvernement". En vrac, le candidat estime que la "la zone Faibles Émissions serait restée au stade des grandes incantations", "nous n’aurions pas expérimenté la piétonnisation de la presqu’île", "nous n’aurions pas remis sur la table le contrat Rhônexpress", "nous n’aurions pas fait baisser la taxe d’enlèvement des ordures ménagères avec à la clé plus de pouvoir d’achat pour les habitants"...

En conclusion, il estime que "Gérard Collomb est bien allé à Paris, numéro 2 du gouvernement et n'a pas fait progresser le dossier anneau des Sciences, pourtant indispensable à ses yeux aujourd'hui. Sacrée performance d'ailleurs de ne rien avoir obtenu pour le territoire lyonnais". En effet, le dossier de l'anneau des Sciences n'a pas été intégré dans la loi mobilités, il ne fait pas partie des projets prioritaires pour le gouvernement. L'État ne souhaite pas le financer, tout comme l'Europe. Les 3 à 5 milliards, au minimum, voire plus, reposeraient sur les épaules de la métropole.

"Écologique" déjà en 2013

Du côté de la droite, qui défend l'anneau des Sciences, on lui reproche régulièrement "de ne rien avoir fait pour le dossier depuis vingt ans". Il est vrai que cette autoroute était déjà dans les cartons depuis une dizaine d'années quand Gérard Collomb est arrivé au pouvoir en 2001.

Quant à sa volonté de la présenter comme une infrastructure "verte", elle apparaît déjà en 2013. Lors de ses vœux cette année-là, Gérard Collomb qualifiait l'anneau des Sciences de "plus beau projet écologique de notre ville", comme le rappelle un message posté sur les réseaux sociaux à l'époque et exhumé mercredi par des internautes.

Quelques mois plus tard, les résultats du débat public soulignaient "une infrastructure très attendue par les élus et les entreprises, est vivement contestée par une part significative d’habitants étalement urbain, nuisances importantes) en raison notamment des problèmes sanitaires et de la qualité de l’air aux abords des sorties de tunnels".

L'argument d'une autoroute "écologique" n'avait pas convaincu. Sept ans plus tard, les innovations technologiques promises sont encore loin d'être arrivées. La littérature scientifique a montré leurs limites, tout en soulignant les risques d'augmenter le trafic. Par ailleurs, la question écologique prend toujours plus d'importance, au point que tous les candidats tentent d'afficher un visage vert, quitte à sortir la peinture.

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