La loi d'urgence agricole a été définitivement adoptée cette semaine par l'Assemblée nationale et le Sénat. Voici comment les parlementaires du Rhône ont voté.
C'est un projet de loi qui fait polémique depuis de nombreuses semaines. Initialement présentée par le gouvernement comme une réponse à la crise agricole, la "loi d'urgence pour la protection et la souveraineté agricoles" a été adoptée cette semaine dans une ambiance électrique, le texte gouvernemental s'étant attiré les foudres des défenseurs de l’environnement. En cause notamment, la possibilité pour l’Anses de réintroduire sous conditions deux pesticides interdits (l'acétamipride et le flupyradifurone), le doublement prévu des mégabassines d'ici 2035 ou encore l'allègement des conditions de tirs contre les loups.
Ce texte ravive en réalité une vieille bataille politique. Surnommée "Loi Duplomb 2" par ses détracteurs, cette loi d'urgence reprend le cœur d’une première proposition de loi du sénateur Laurent Duplomb (LR), pourtant totalement censurée par le Conseil constitutionnel en août 2025. À l'époque, les Sages avaient jugé le retour de l'acétamipride anticonstitutionnel. Pour contourner cet obstacle juridique, la version de 2026 n'impose plus un retour brut du pesticide, mais délègue à l'Anses le pouvoir d'accorder des dérogations temporaires de trois ans maximum pour les filières sans alternatives. Une nuance technique que l'opposition qualifie de tour de passe-passe législatif pour réintroduire un texte pourtant déjà invalidé.
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Une libéralisation jugée productiviste par la gauche qui a dénoncé "une réforme traumatique", mais saluée par la FNSEA comme un ballon d'oxygène pour le monde agricole. Dans le Rhône, les votes reflètent fidèlement cette fracture nationale.
À l'Assemblée, la gauche fait bloc, la droite s'aligne
À l'Assemblée, Thomas Gassilloud (Ensemble), Jean-Luc Fugit (Ensemble), Blandine Brocard (MoDem) et Alexandre Portier (LR) ont voté pour le texte, tout comme les deux députés du Rassemblement national, Tiffany Joncour et Jonathan Géry.
À l'inverse, Gabriel Amard (LFI), Anaïs Belouassa-Cherifi (LFI), Idir Boumertit (LFI), Abdelkader Lahmar (LFI) Sandrine Runel (PS), Boris Tavernier (Les Écologistes), Marie-Charlotte Garin (Les Écologistes) ont voté contre. Plus étonnant, et preuve que le sujet ne fait pas l'unanimité au sein même des partis politiques, Cyrille Isaac-Sibille (MoDem) a lui aussi voté contre, au contraire de sa collègue Blandine Brocard.
La loi a finalement été adoptée avec 296 votes pour et 224 votes contre (pour 41 abstentions).
Au Sénat, l'union des droites et du centre
Au Palais du Luxembourg, pas de surprise dans les votes des parlementaires du Rhône. Les sénateurs LR et centristes ont voté pour : Étienne Blanc (LR), François-Noël Buffet (LR), Catherine Di Folco (LR), Bernard Fialaire (UDRL).
À l'inverse, les écologistes Thomas Dossus et Raymonde Poncet-Monge ainsi que le socialiste Gilbert-Luc Devinaz ont voté contre, dénonçant un "recul écologique majeur".
Le texte a été adopté avec 214 votes pour et 111 votes contre.
Si le vote du Parlement clôt le volet législatif, le dossier est pourtant loin d'être terminé. Les recours annoncés devant le Conseil constitutionnel pourraient conduire à la censure de certaines des dispositions les plus controversées, notamment celles relatives aux dérogations environnementales. La décision est attendue d'ici un mois maximum de la part des Sages.
