Siège social de bioMérieux à Marcy-l’Étoile dans le Rhône © bioMérieux

Le groupe lyonnais bioMérieux revoit à la baisse ses ambitions financières

Malgré un rebond de son activité au deuxième trimestre, le groupe lyonnais bioMérieux revoit à la baisse ses ambitions financières à horizon 2028 sur fond de tensions géopolitiques.

Le spécialiste français du diagnostic in vitro bioMérieux a annoncé mardi un abaissement de ses perspectives financières pour 2027 et 2028, "compte tenu de l'évolution de l'environnement géopolitique et macroéconomique depuis 2024". Le groupe ne vise plus désormais qu'une croissance organique annuelle de son chiffre d'affaires comprise entre 3% et 6%, contre 7% à taux de croissance moyen sur la période 2024-2028 visés précédemment, a-t-il indiqué dans un communiqué.

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bioMérieux prévoit également une rentabilité moindre, avec une croissance organique annuelle de son résultat opérationnel courant contributif "supérieure" à celle des ventes, alors qu'il tablait sur une progression d'au moins 10% auparavant. Au premier semestre, cet indicateur de performance opérationnelle a reculé de 16% par rapport à la même période de 2025. Il a atteint 313 millions d'euros, pénalisé par les effets de change défavorables et une marge brute un peu sous pression (-1%).

L'impact de la guerre au Moyen-Orient

Cette dernière a été affectée par plusieurs facteurs, dont des "coûts de transport plus élevés" avec la flambée des prix du pétrole et "certaines matières plastiques plus chères depuis quelques mois", conséquences de la guerre au Moyen-Orient, a précisé le directeur financier, Guillaume Bouhours, au cours d'une conférence téléphonique.

"Les fondamentaux de bioMérieux demeurent solides et notre portefeuille d’innovations continuera de soutenir notre croissance future", a toutefois assuré le directeur général, Pierre Boulud. "Les résultats du deuxième trimestre nous rassurent et nous permettent de confirmer cet objectif 2026", a-t-il déclaré lors de la conférence téléphonique.

Depuis le début de l'année, le titre de bioMérieux a perdu plus de 35% en Bourse. Il avait fortement dévissé dans la foulée de la publication des résultats du premier trimestre. Le groupe avait alors revu en baisse ses prévisions pour 2026, en raison d'un environnement géopolitique incertain et d'un hiver plutôt clément en matière d'épidémies.

Vers 10h30 à la Bourse de Paris, l'action se repliait de 1,17%, à 69,87 euros, dans un marché parisien en petite hausse de 0,27%. Après un premier trimestre difficile marqué par un très faible niveau de grippe, l'activité a rebondi au deuxième trimestre avec un chiffre d'affaires de 981 millions d’euros, en hausse de 3,7%. La détection des infections respiratoires est toutefois restée en retrait, "conséquence d’une épidémiologie significativement plus faible que l’année précédente", a souligné le groupe.

Outre des équipements de diagnostic pour les laboratoires d'analyse, l'entreprise familiale, implantée dans la région de Lyon, fournit aussi des tests aux industriels (hausse de 7,6% du chiffre d'affaires de cette branche au deuxième trimestre) pour contrôler la qualité des aliments et des produits pharmaceutiques.

Deux lancements à venir

La société mise notamment sur deux lancements à venir : un nouveau test pour diagnostiquer la vaginite "en 20 minutes", qui a été "soumis aux autorités américaines et européennes cet été", et un test pour détecter les cas d’infarctus du myocarde à partir d’une goutte de sang sur le lieu de prise en charge des patients, notamment aux urgences, qu'il prévoit "de lancer en septembre".

bioMérieux a par ailleurs mis au point un test qui "inclut plusieurs espèces du virus Ebola et, en particulier, la souche Bungibugyo" responsable de l'épidémie actuelle. Ce test a permis de diagnostiquer le premier cas identifié hors du continent africain chez un médecin humanitaire, arrivé en France le 23 juin en provenance de la République démocratique du Congo (RDC).

"Des livraisons ont déjà été réalisées au Rwanda et en République démocratique du Congo et une autre est en cours, à l'heure actuelle, vers l'Ouganda", a détaillé M. Bouhours.

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