Installés dans les 3e et 7e arrondissements autour de la place Gabriel Péri le 28 janvier, les urinoirs de la Guillotière font débat depuis 15 jours. (Photo Hadrien Jame)

Installation d’urinoirs mobiles à la Guillotière, le maire de Lyon tente de désamorcer la polémique

Après le tollé provoqué chez des habitants de la Guillotière par l’installation d’une dizaine d’urinoirs mobiles, dans des endroits jugés trop exposés ou inadaptés, le maire de Lyon Grégory Doucet est revenu ce vendredi 11 février sur la polémique. Une polémique qui n’a pas lieu d’être, selon lui, au vu de l’utilité du dispositif même si son adjoint à la sécurité entend que certaines "installations n’étaient pas convenables".

"L’Urinoirgate" de la Guillotière, comme certains habitants du quartier ou le collectif la Guillotière en Colère ont choisi de l’appeler continue de faire parler de lui une quinzaine de jours après l’installation d’une dizaine de vespasiennes dans le secteur de la place Gabriel Péri, côté 3e et 7e. Pour qui n’est pas familier du terme "vespasienne", il s’agit en réalité d’urinoirs mobiles en plastiques installés de manière temporaire pour contribuer à l’amélioration de la propreté urbaine. 


"Des personnes s’autorisaient à uriner n’importe où donc on a installé des urinoirs mobiles", Grégory Doucet, maire de Lyon


Une demande qui "était remontée massivement des ateliers avec les habitants", rappelle Grégory Doucet et effectivement si l’on revient plusieurs mois en arrière sur "l’atelier propreté" organisé par la ville dans le cadre du Projet Péri on retrouve bien trace de nombreuses requêtes demandant "davantage de toilettes publiques". Le véritable tollé provoqué sur les réseaux sociaux par l’apparition de la petite dizaine de vespasiennes depuis le 28 janvier aurait donc de quoi surprendre, si ce n’est que les emplacements choisis ne se sont pas toujours révélés très judicieux et que les riverains avaient plutôt en tête des toilettes fermées.


"Quand on voit la tournure que prennent les urinoirs actuellement, on se dit que c’est une bataille tous les jours pour que ne soit pas fait n’importe quoi", Nathalie Balmat, la porte-parole du collectif la Guillotière en Colère


La ville l'assure, les urinoirs peuvent être déplacés selon les remontés des riverains, ils sont mobiles. (Photo : Hadrien Jame)

Des emplacements qui posent question

"Sous prétexte de mettre des « uritrottoirs », parce que c’est nécessaire forcément, ils en collent sous les fenêtres, devant des commerces. Il n’y en a pas un qui est à un endroit adapté", dénonce Nathalie Balmat, la porte-parole du collectif la Guillotière en Colère. Interrogés une première fois sur ce sujet, les services de la mairie nous avaient expliqué que les emplacements devaient répondre à deux critères principaux : "une situation qui soit assez en proximité de lieux de passage pour que ces toilettes soient utilisées ; mais aussi suffisamment en retrait pour des raisons évidentes de discrétion et pour ne pas gêner le voisinage".


"Il faut savoir que ces toilettes ont été concertées, donc ça a été travaillé avec les personnes qui se sont investies sur ce dossier", Mohamed Chihi, adjoint en charge de la sécurité


Au regard du positionnement de certaines vespasiennes, moquées, dénoncées et illustrées de manière importante sur le réseau social Twitter par certains riverains, plusieurs emplacements choisis par la municipalité interrogent. Interrogé à ce propos en marge d’un déplacement place Gabriel Péri ce vendredi matin, le maire de Lyon est revenu sur ce début de polémique, même si à l’entendre cela fait surtout "polémique chez certains qui ont envie de faire de la polémique. […] Des personnes s’autorisaient à uriner n’importe où donc on a installé des urinoirs mobiles […] on a pris le temps d’écouter les habitants", assure-t-il. 

Bientôt des toilettes fermées ?

Son adjoint en charge de la sécurité, Mohamed Chihi, reconnaît toutefois "entendre que les premières installations n’étaient pas convenables", mais "on a tout de suite réagi quand il a s’agit de les déplacer et nous continuerons à le faire". Les services de la ville précisent ainsi que l’une de ces vespasiennes a été déplacée rue Bechevlin après des remontées d’habitants. "Il n’est pas question pour nous d’apporter de la gêne voire de l’exhibition comme j’ai pu le lire ici est là. La question pour nous c’est d’améliorer le cadre de vie pour les usagers et les habitants et le faire avec les premiers concernés", fait valoir Mohamed Chihi. 


"Nous avons la volonté de développer les toilettes publiques écologiques et avec un développement principalement à destination des femmes", Mohamed Chihi, adjoint en charge de la sécurité


La réduction des urines dans le quartier, mais aussi dans le reste de la ville étant un enjeu de propreté majeure, la ville a lancé un "plan d’installation de toilettes publiques fermées", souligne Grégory Doucet. Piloté par l’adjoint à la sécurité, celui-ci prévoit notamment l’ajout d’un équipement "sur la place Raspail", mais aussi "sur les berges du Rhône". "Nous avons la volonté de développer des toilettes publiques écologiques et avec un développement principalement à destination des femmes, afin de permettre un accès à toutes et tous", précise Mohamed Chihi, qui rappelle que l’installation des vespasiennes à la Guillotière permet de répondre " rapidement à la problématique des mixions très nombreuses" dans le secteur. Au terme de l’expérimentation, "une réflexion sur ce type de toilettes et leur implantation tout autour de la place" doit ainsi être menée pour étudier la pertinence de leur avenir dans le quartier. 

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