Steve Koonin, auteur de Climat, la part d'incertitude
Steve Koonin@Kelly Kollar
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"Il n’y a pas de catastrophe climatique imminente" (Steve Koonin)

Steven Koonin est professeur de physique théorique à Caltech (California Institute of Technology) et à l’université de New York, ancien de l’administration Obama. Selon lui, il apparaît qu’à ce jour nos connaissances scientifiques ne sont pas suffisantes pour faire des projections utiles et fiables sur la façon dont le climat évoluera au cours des prochaines décennies.


(Cet article est tiré de la rubrique Débats & Opinions du magazine Lyon Capitale).

Il est l’un des plus éminents scientifiques des États-Unis. Auteur de très nombreuses publications, il a été sous-secrétaire d’État à la science de l’administration Obama de 2009 à 2011. Dans Climat, la part d’incertitude (L’Artilleur, novembre 2022), Steven Koonin fait la part des choses entre ce qui est désormais validé et ce qui reste encore incertain. Et, selon lui, il apparaît qu’à ce jour nos connaissances scientifiques ne sont pas suffisantes pour faire des projections utiles et fiables sur la façon dont le climat évoluera au cours des prochaines décennies.

Lyon Capitale : Vous avez été directeur scientifique de la compagnie pétrolière BP, puis sous-secrétaire scientifique au ministère de l’Énergie de l’administration Obama. Quels étaient respectivement vos axes de recherche et vos responsabilités ? Que vous ont appris ces deux postes ?

Steven Koonin : En tant que scientifique en chef de BP, l’une de mes principales responsabilités consistait à définir la stratégie qui permettrait à l’entreprise d’aller “au-delà du pétrole”, en se concentrant sur les technologies d’énergies renouvelables et alternatives. J’avais également la responsabilité des principales relations de la société avec les universités en matière de recherche. Au ministère de l’Énergie, j’ai dirigé le premier Quadrennial Technology Review, en établissant les priorités d’investissement du gouvernement dans les technologies énergétiques. J’ai également supervisé la recherche fondamentale du ministère et, comme scientifique en chef du ministère de l’Énergie, j’ai agi en donnant mon avis sur les questions techniques liées aux diverses activités du ministère. Ces expériences m’ont permis d’acquérir des connaissances pratiques sur l’énergie (technologies, affaires, réglementation), ainsi que sur les rôles du gouvernement et du secteur privé.





“Il est difficile de contester ce que j’ai écrit puisque la quasi-totalité de mes écrits est fondée sur des données scientifiques du Giec”







Le Washington Post, l’un des titres les plus influents de la presse mondiale, dit de votre livre qu’il est “probablement le plus important de l’année”, non pas à cause de ses conclusions sur le climat à propos desquelles ses vues contrariées pourraient être complètement fausses, explique le quotidien, mais plutôt parce qu’il “met en évidence l’attitude anti-intellectuelle, ‘brûler l’hérétique’, qui a infecté une trop grande partie du monde universitaire et politique”. Comment votre essai a-t-il été reçu par les scientifiques du Giec ?
Moins de deux mois après la publication de mon livre, une douzaine de scientifiques ont écrit un article de mille mots dans Scientific American. Il s’agissait pour l’essentiel d’attaques ad hominem inappropriées pour des personnes sérieuses. Il y avait également trois critiques scientifiques non pas sur ce que j’avais écrit mais plutôt sur ce qu’une critique de mon livre disait que j’avais écrit. Scientific American a refusé de publier ma réfutation qui contredisait facilement ces critiques. Par la suite, l’un des auteurs a désavoué l’article. Quelques autres critiques publiques ont été facilement contrées. Plus généralement, les scientifiques soutenant le consensus ont été silencieux en public. Il leur a été difficile de critiquer ce que je disais car la quasi-totalité de mes propos est tirée des rapports du Giec, de la littérature évaluée par les pairs ou des données officielles. En privé, plus d’un climatologue m’a dit que j’avais à peu près raison.

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Vous parlez de “postulats tirés par les cheveux”, d’un “usage peu déontologique des données”, de “distorsions acrobatiques”, de “conclusions fallacieuses”, de “présentation (des données) excessivement tendancieuse”, de “répétition constante de mensonges”, de “rapports d’évaluation qui déforment sans vergogne ce que dit la science concernant le climat et les catastrophes”. Vous vous dites “consterné” par la “complaisance” de certains climatologues, soutenus par les médias et les responsables politiques, qui n’hésitent pas à représenter “de façon fallacieuse” ce que dit la science. On pourrait vous reprocher une certaine conception complotiste…
Comme je l’écris dans mon livre, il ne s’agit pas tant d’une conspiration que d’un alignement d’intérêts entre les médias, les politiciens, les ONG et certains scientifiques les plus en vue. Et encore une fois, il est difficile de contester ce que j’ai écrit puisque la quasi-totalité de mes écrits est fondée sur des données scientifiques du Giec.

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