Didier Maciocia, directeur Innovation du groupe Hellio, spécialisé dans la transition énergétique de l’habitat. Pendant vingt ans, il a travaillé dans le secteur du logement social, en dirigeant Axiade Rhône-Alpes puis la Société régionale de HLM de Lyon. Il a également été directeur du foyer Notre-Dame des Sans-Abri. @Antoine Merlet
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"Il faudra, je pense, retrouver cette capacité à dire les choses clairement"

Didier Maciocia a travaillé vingt ans dans le secteur du logement social, en dirigeant la Société régionale de HLM de Lyon puis Axiade Rhône-Alpes. Il est aujourd'hui directeur Innovation du groupe Hellio, spécialisé dans la transition énergétique de l’habitat.

Lyon Capitale : Êtes-vous une grande gueule ?
Didier Maciocia : Pour moi, les grandes gueules renvoient au film de Robert Enrico, avec Lino Ventura qui campe un bûcheron repris de justice. Je ne me considère donc pas comme une grande gueule, si je voulais souffrir de la comparaison, car il m’arrive encore parfois de courber l’échine.

Qu’est-ce qui vous fait sortir de vos gonds ces derniers temps ?
Tout m’a toujours révolté. Aujourd’hui, c’est en particulier le décalage que je constate entre les discours et les attitudes, entre revendiquer ses droits et ne pas en assumer les conséquences. Il y a un véritable schisme sur ce point dans nos sociétés actuelles.

Ce n’est pourtant pas si nouveau...
Dans sa généralisation, je pense au contraire que ça l’est. Prenez par exemple les Antivax. Je respecte profondément les libertés individuelles. En revanche, je n’admets pas le décalage entre leur grande capacité à revendiquer leurs libertés et leur incapacité à en assumer toutes les conséquences, notamment financières. Une journée en réanimation et en soins intensifs coûte de l’ordre de 3 000 euros. Or aucun d’entre eux ne s’exprime à ce sujet. Prenons un autre exemple. Nous vivons aujourd’hui, que nous le voulions ou pas, une révolution, une crise systémique dans laquelle l’ensemble de nos modes de vie et de nos croyances est bouleversé. Pourtant, nous n’arrivons pas à nous débarrasser de nos habitudes, nos préjugés. J’imagine que ceux qui s’éclairaient à la graisse de cachalot à Paris ont dû avoir à peu près les mêmes interrogations lorsque le gaz est arrivé : finalement, la graisse de cachalot ce n’est pas mieux que le gaz ?

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