Parmi les quelque 170 points de rassemblement recensés en France, entre 6 000 et 8 000 personnes ont manifesté ce mardi 29 septembre à Lyon pour défendre la fonction publique.
Soignants, pompiers, enseignants, agents municipaux… Ils étaient entre 6 000, selon la préfecture du Rhône, et 8 000, selon les syndicats, ce mardi 29 septembre, pour défiler à Lyon à l’occasion de la grève dans la fonction publique.
Et la colère était grande dans le cortège, qui s’est élancé aux alentours de 11 heures depuis la Manufacture des tabacs (8e arr.), pour rejoindre la préfecture du Rhône (3e arr.), au niveau du pont Victor Augagneur. "Il y en a marre de la misère, tout ce qu’on veut c’est un salaire et on ne va pas se laisser faire", ont scandé les manifestants. Parmi les revendications, les syndicats (CGT, FO, CFDT, UNSA, FSU, Solidaires, etc.) et les manifestants ont dénoncé le gel du point d’indice des fonctionnaires annoncé par le gouvernement, mais également le manque de moyens alloués à la fonction publique : éducation, santé, sapeurs-pompiers… "On devient fous, ils détruisent tout", lance un syndicaliste à l’adresse du chef de l’État, Emmanuel Macron, et de ses ministres.

Les lycéens fortement mobilisés
Mobilisés partout en France, les lycéens sont aussi venus en nombre pour battre le pavé ce mardi. L’un d’eux confie : "Dans notre lycée, on n’a même pas assez d’argent pour acheter du papier toilette, par contre, ils achètent sans cesse des caméras. Les lycées sont aujourd’hui dans un état déplorable." Le jeune homme déplore par ailleurs qu’il soit devenu "impossible" de trouver des stages "quand on est noir, arabe ou une femme voilée." "On a crevé de chaud pendant la canicule, mais tout ce qui les préoccupe, c’est ce qu’il y a sur la tête des femmes", ajoute-t-il. À ses côtés, un syndicaliste de la CGT souligne que les lycéens des quartiers populaires "sont les premières victimes des politiques d’austérité" du gouvernement.
Plusieurs tentatives de blocage dans l'Est lyonnais, 41 personnes interpellées
Plusieurs tentatives de blocage d’établissements ont été constatées ce mardi matin, notamment dans l’Est lyonnais : les lycées Jean-Paul-Sartre à Bron, Charlie-Chaplin à Décines-Charpieu, Robert-Doisneau à Vaulx-en-Velin et Frédéric-Faÿs à Villeurbanne. Si les actions n’ont pas abouti, elles ont donné lieu à plusieurs débordements. Au total, 41 personnes ont été interpellées et quatre personnes ont été légèrement blessées, dont une élève touchée par un tir de mortier et une autre incommodée par les fumées ou les gaz lacrymogènes. À 14 heures, plus aucun établissement n'était bloqué.
Du côté de la santé, le constat est tout aussi amer. Amélie, soignante, alerte : "Aujourd’hui, dans les urgences, c’est une catastrophe. On voit les patients qui attendent sur les brancards pendant des heures. On l’a vu pendant la canicule. Et je ne parle même pas du nombre de morts, mais les chiffres sont là." Une autre ajoute : "On est sous l’eau. On en peut plus. C’est devenu presque impossible d’exercer notre métier parce qu’on manque cruellement d’argent et cela se répercute sur les patients."

Hébergement d’urgence, sapeurs-pompiers…
La question de l’hébergement d’urgence a également été évoquée. "L’État et la Métropole de Lyon se désengagent de leurs responsabilités et on se retrouve avec des milliers de personnes dans les rues partout en France sans solution d’hébergement. C’est une honte pour un pays comme le nôtre", lance une membre du collectif Jamais sans Toit, alors que la Métropole de Lyon a acté ce lundi en conseil métropolitain la fermeture définitive des Stations, un dispositif d'accueil de mineurs isolés qui accueillait aujourd'hui jusqu'à 102 personnes.
À hauteur de la caserne Corneille, dans le 3e arrondissement, les manifestants ont longuement applaudi les sapeurs-pompiers, en grève depuis plusieurs semaines. "Ils nous protègent au quotidien, mais ils n'ont pas les moyens de le faire. Leur colère est légitime", lance un manifestant.
Le cortège a finalement rejoint la préfecture du Rhône sur les coups de 12 h 30, sans débordement notable et aucune interpellation, indiquent les services de l'État. La matinée s'est clôturée sur l'air de l'Internationale, après que les manifestant se sont donnés rendez-vous pour une prochaine mobilisation. "La lutte continue", assure la CGT.
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