Sortie de sa procédure de sauvegarde en février, la manufacture d'Autun (Saône-et-Loire), désormais contrôlée par la famille Dehecq, mise sur Paris pour reconquérir les prescripteurs.
Tolix veut tourner la page de ses difficultés. Le fabricant de mobilier métallique d'Autun (Saône-et-Loire), célèbre pour sa chaise A dessinée en 1935, a inauguré en septembre, en pleine Paris Design Week, un showroom dans un hôtel particulier du Marais.
L'adresse, située au 24 rue Vieille-du-Temple, est ouverte sur rendez-vous. Cette vitrine, qui vise d'abord les professionnels, est un signal adressé au marché. L'entreprise se dit prête à repartir.
Le lieu, conçu comme une extension de la manufacture bourguignonne, doit recevoir architectes, décorateurs, prescripteurs et amateurs de design. Pour une PME industrielle, ces acteurs sont essentiels car ce sont eux qui orientent les commandes des hôtels, des restaurants et des bureaux, un segment où la chaise Tolix est devenue un classique.

Le fondateur de Sanofi à la rescousse
Cette ouverture intervient au terme d'une période délicate. Lorsqu'Emmanuelle McGrath prend la présidence en 2025, l'entreprise est placée sous procédure de sauvegarde. Ancienne avocate, elle s'est reconvertie en reprenant des études d'architecture à 40 ans. En décembre 2025, le fonds de la famille Dehecq prend officiellement les rênes de Tolix, en y injectant plus de 1,5 million d'euros. Derrière ce fonds, se trouve Jean-François Dehecq, fondateur de Sanofi et père de la nouvelle dirigeante.
La procédure de sauvegarde s'est achevée en février 2026, ce qui a permis à la manufacture de repartir sur des bases assainies. La relance passe aussi par le catalogue. Le showroom sert de rampe de lancement au Buffet UD, qui complète la collection UD créée en 1958 par Jean Pauchard pour l'université de Dijon et réinterprétée par Tolix. L'objectif est de sortir de la dépendance à quelques icônes, pour proposer des pièces à plus forte valeur, tout en capitalisant sur une identité bientôt centenaire la marque ayant été fondée en 1927 à Autun.
Il reste maintenant à transformer cette visibilité parisienne en commandes pour l'atelier d'Autun. C'est la condition pour que la relance voulue par la famille Dehecq s'inscrive dans la durée.
