L’Agence de l’innovation en santé dévoile les 16 lauréats de son AMI 2025, dédié aux méthodologies innovantes en recherche clinique, dans le cadre de France 2030.
En 2025, un appel à manifestation d'intérêt (AMI), était lancé par l’Agence de l’Innovation en Santé (AIS) dans le cadre du plan d’investissement France 2030, qui vise à transformer des secteurs clés de l’économie, dont la santé. L'objectif, promouvoir des méthodologies innovantes en recherche clinique, qui pourraient compléter ou remplacer les essais randomisés classiques (RCT) quand ces derniers sont difficiles à mettre en oeuvre. Cela concerne notamment les maladies rares, la pédiatrie ou les pathologies d’évolution lente. En ouverture de l’étape nantaise du Tour de France de l’innovation en santé organisé par l’Agence de l’innovation en santé, Stéphanie Rist, ministre de la Santé, a annoncé les lauréats.
Dans le cadre de cet AMI, 51 lettres d'intention ont été envoyées, pour 16 lauréats. Ils bénéficieront d’un financement pouvant atteindre 250 000 euros, ainsi que d’un accompagnement méthodologique et réglementaire de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé, de la Commission nationale informatique et libertés et du Health Data Hub. Le but, faciliter la mise en œuvre de leur projet et d’identifier les éventuels freins à lever.
16 lauréats, plusieurs disciplines concernées
Concernant les 16 projets retenus, ils couvrent plusieurs disciplines comme l'oncologie (majoritaire), la cardiologie ou l'hématologie. Les lauréats couvrent également des cas d'usages et des méthodologies divers comme l'intelligence artificielle, données synthétiques ou artificielles, bras synthétiques ou contrôles virtuels, simulation in silico, mais aussi exploitation de données de vie réelle.
À noter que parmi les projets récompensés, plusieurs d’entre eux sont portés par des établissements de la région lyonnaise, comme le centre Léon Bérard, l’INRIA, et l’INSERM. Unicancer, également à l’origine de plusieurs propositions concentre plusieurs centres de luttes contre le cancer, dont le centre Léon Bérard, précédemment cité. "Le développement de nouvelles méthodologies de recherche clinique offre de nouvelles opportunités d’évaluation d’efficacité et d’accès à des traitements innovants pour les patients", s'enthousiasme Stéphanie Rist.
Les 16 lauréats de l'AMI
Neuf projets en oncologie (Cancers)
Cancer du sein
- Projet ETNA-DCT, porté par Unicancer : validation méthodologique d’un essai de désescalade décentralisé pour le cancer du sein triple négatif précoce avec TIL (lymphocytes infiltrant les tumeurs) élevés.
- Projet NEG-CoNTRoL porté par le Centre Léon Bérard : renforcement du niveau de preuve des émulations d’essais cibles grâce à des contrôles négatifs, appliqué au cancer du sein métastatique.
Cancers rares
- Projet ACCESS-RARE porté par l’Institut Gustave Roussy : méthodologies innovantes pour évaluer l’immunothérapie et améliorer l’accès aux traitements dans les cancers rares, avec une application au cancer de la thyroïde.
- Projet ADIUVO-Speed porté par l’Institut Gustave Roussy: combinaison d’une cohorte parallèle et d’un bras synthétique dans les essais randomisés pour les cancers rares de la surrénale.
Cancers gastro-œsophagiens
- Projet LOGICAN-BOOST porté par Unicancer : accélération de l’inclusion par intelligence artificielle et décentralisation contrôlée d’un essai clinique dans les cancers gastro-œsophagiens avancés.
Mélanome uvéal
- Projet EXCORD–SM porté par l’Institut Curie : nouvelles méthodes statistiques pour les cohortes externes dans les essais thérapeutiques en maladies rares, appliquées au mélanome uvéal.
Oncologie digestive
- Projet SMART porté par l’Inserm : construction de bras synthétiques en oncologie digestive, en apprenant des études de cas de cancers neuroendocrines métastatiques.
Oncologie générale
- Projet 3AD-Design porté par Unicancer : utilisation de données artificielles pour augmenter les essais cliniques contrôlés en oncologie et évaluer leur impact et niveau de preuve.
Oncologie pédiatrique
- Projet PREVLOG porté par le CHU d’Angers : réinvention du suivi préventif en oncologie pédiatrique avec LOG-after et des simulations de jumeaux numériques.
Un projet en hématologie
- Projet SYNERGY porté par le LYSARC : création de bras synthétiques en hématologie à partir de données en vie réelle sur les lymphomes.
Deux projet en maladies rares
- Projet INVENTS+ porté par l’Inserm : méthodes de simulation et modélisation pour créer des contrôles virtuels et augmentés dans les essais cliniques à petits effectifs en maladies rares.
- Projet SILICO porté par l’Institut IMAGINE : utilisation de méthodes in silico pour augmenter les données sur les maladies rares, avec un cas d’usage dans les ciliopathies.
Un projet en cardiologie
- Projet HEART-AI3D porté par Sorbonne Université : caractérisation par intelligence artificielle de la cardiomyopathie arythmogène via scanner dynamique, pour une évaluation personnalisée du risque (anatomie, strain et graisse 3D).
Un projet en immunologie et allergologie
- Projet CAMELIA porté par l’INRIA : développement d’alternatives causales à la méta-analyse, appliquées à l’immunologie et à l’allergologie.
Un projet en orthopédie
- Projet TWINICAL porté par Sorbonne Université : développement de cohortes de patients mixtes (physiques et numériques) pour l’analyse clinique de prothèses d’épaules.
Un projet sur les données d’accès précoce et leur évaluation
- Projet DANTE porté par la Filière Intelligence Artificielle et Cancer : utilisation de données d’accès précoces normalisées, suivies par un traitement automatisé du langage, pour leur évaluation.
