Présent ce lundi midi devant la mairie du 3e arrondissement, l'édile de Lyon Grégory Doucet a échangé avec les habitants du quartier sur les émeutes de samedi 17 octobre et les pillages commis dans plus de 150 commerces de la Presqu’île en marge de la manifestation contre la vie chère.
Ils étaient plusieurs dizaines de riverains et commerçants réunis ce lundi midi dans la mairie du 3e arrondissement, à l’appel du maire de Lyon, Grégory Doucet, "en signe d’unité et d’apaisement." L’objectif affiché par l’élu écologiste était d’exprimer la solidarité des Lyonnais envers ceux qui ont été touchés par les dégradations ce samedi 17 octobre en marge de la manifestation contre la vie chère.
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"Vous portez une responsabilité et nous avons honte"
L’occasion pour Grégory Doucet d’aller une nouvelle fois au contact des Lyonnais, après y être allé dimanche matin pour rencontrer des commerçants. Si les échanges ont été dans l'ensemble assez calmes, le maire a été pris à partie à plusieurs reprises par certains sinistrés. Et dans la foule ce lundi, les échanges mêlaient toujours autant de colère et d'inquiétude. Une habitante estimant que les débordements de samedi sont "une honte", tandis qu’une autre appelle "au dialogue" face à des manifestants "trop en colère." D’autres redoutent la suite du mouvement : "Je suis vraiment contre que le gouvernement laisse la date du 5 novembre pour manifester parce que ça va recommencer. Les lycéens, c’est normal, ils ont le droit de demander plein de choses, mais les autres, ce n’est pas possible de laisser faire."
Mais c'est surtout sur le maintien de l’ordre que le maire a été interpellé. "Comment est-ce possible qu’une bande de petites racailles sème le chaos à visage découvert ? Est-ce que vous vous remettez en question sur le sujet des caméras ? Est-ce que vous allez faire évoluer la situation ? Je suis désolée, mais vous portez une responsabilité et nous avons honte", s’emporte une riveraine du quartier. En face, Grégory Doucet écoute et tempère tant bien que mal. "Nous avons été mobilisés tout le week-end et nous avons très bien vu ce qu’il se passait. Lyon est la deuxième ville la plus équipée en caméras de vidéoprotection et je peux vous assurer que toutes les images ont été transmises. Nous sommes en mesure, pour la grande majorité, de les confondre", se défend le maire. Un passant ajoute : "Il a raison. Maintenant, c’est celui qui demande le plus de caméras qui a gagné. Ce n’est pas comme ça que ça fonctionne."
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"Une action très résolue avec toutes les forces à disposition."
Alors que plusieurs commerçants ont déploré l’absence de forces de l’ordre pour protéger les boutiques dans la nuit de samedi à dimanche, menant à de nouveaux pillages, le maire souligne que les policiers municipaux ont "d’abord protégé les bâtiments publics", mais ont aussi "sécuriser les rues" jusque très tôt ce lundi matin. "Ils ont réalisé la plupart des interpellations cette nuit", soutient Grégory Doucet, qui assure avoir mené "une action très résolue avec toutes les forces à disposition." Et de confier : "Je vais vous le dire, moi aussi, j’ai eu peur. J’ai eu peur en tant que citoyen, en tant que maire et en tant qu’employeur." Selon l'association My Presqu'île, 162 commerces ont été vandalisés et pillés durant le week-end et l'Office de tourisme a été volontairement incendié.
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"Il ne faut pas noyer le poisson. On a tous lu votre programme et vous demandiez moins de policiers que tout le monde", l’interpelle aussitôt une habitante du 3e arrondissement. Là aussi, le maire se défend, détaillant un manque de "plusieurs centaines" de policiers nationaux et municipaux à Lyon. "J’ai d’ailleurs rencontré le ministre de l’Intérieur cet été à ce sujet, mais il faut dire les choses comme elles sont : nous recrutons énormément." La Ville de Lyon compterait aujourd’hui 340 policiers municipaux, sur les 400 promis durant la campagne des municipales.
Nacéra, travailleuse sociale, estime, quant à elle, que "les responsabilités sont plus hautes", donc du côté de l'État. "Les maires sont sur le terrain, mais ils sont dépassés par ce qu’il s'est passé. Ça ne sert à rien aujourd’hui de prendre à partie", s'émeut-elle. Déplorant ce midi "un réglage de compte pour mettre le chaos et la division", Nacéra appelle les citoyens à "se réveiller" pour demander des actions concrètes. Elle ajoute : "Il faut répondre en priorité aux besoins des lycéens, des étudiants, à la vie chère…".
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Sans oublier qu'en mai 2023, il invitait les lyonnais.es à la désobéissance citoyenne. Les riverains et les commercants s'en souviennent !