Les prix des carburants dans une station service de Croix-Rousse à Lyon, le 10 mars 2022. C.Belsoeur / Lyon Capitale

Dans les stations essence à Lyon : "comme les clients, on est dépité de voir les prix grimper"

Depuis plusieurs jours, la hausse des prix des carburants est exponentielle à cause des répercussions économiques de la guerre en Ukraine. Reportage à la pompe à Lyon ce jeudi 10 mars, alors que l'essence et la gazole dépassent par endroit les 2,30 euros le litre.

Sur le plateau de la Croix-Rousse, une monitrice d'auto-école gare sa voiture après son passage à la pompe pour discuter. Elle vient de faire un demi-plein de gazole pour une facture de 40 euros. "Le plein me coûte 80 euros maintenant, alors que c'était plutôt autour de 50 euros avant. Je fais 1000 km par semaine et j'en ai pour 400 euros par mois de gazole. Maintenant que l'activité reprend après le Covid-19, ça ne vaudra bientôt plus le coup de bosser", soupire t-elle. Sur le panneau d'affichage de la station BP, le gazole est à 2,33 euros le litre ce jeudi 10 mars en matinée.

Cette travailleuse indépendant travaille avec plusieurs plateformes en ligne de cours de conduite. Elle récupère ses élèves à Croix-Rousse et se rend régulièrement aux centres du permis de conduire à Vénissieux et Saint-Priest dans l'est lyonnais. Ce qui l'oblige à avaler les kilomètres. Pour l'avenir, elle songe à changer de type de voiture pour réduire la note de carburant. "Je vais essayer d'acheter un modèle mixte en carburant, comme un hybride. Mais le prix de la voiture à l'achat n'est pas le même non plus".


"On voit les prix changer automatiquement tous les soirs sur nos panneaux"


Derrières les caisses des stations service, les managers subissent aussi la flambée du prix du baril de pétrole. Les franchisés n'aiment pas trop s'attarder sur la hausse des prix. Mais derrière le plexiglas de la caisse de la station Eni sur la rue Denfert-Rochereau derrière l'hôpital de la Croix-Rousse, la manager indique que ses clients ne boudent pas la pompe. "On a toujours autant de monde". Dehors, un client remplit le réservoir de sa moto. Le pilote, la cinquantaine, est dubitatif. "Les prix montent et je n'ai pas le choix pour aller bosser. Mais ça va peut-être peser dans l'élection présidentielle", juge t-il.

En bas de la colline de la Croix-Rousse, dans le local d'une autre station essence Eni, située sur la rive gauche des quais de Saône face au pont Robert-Schuman, la patronne avoue n'avoir aucun pouvoir sur les tarifs. "Les prix sont fixés au siège d'Eni à Lyon. Ce sont les "pricers" qui décident chaque jour des tarifs. Nous, on voit les prix changer automatiquement tous les soirs sur nos panneaux. J'ai été surprise de voir le prix du gazole dépasser le SP95 hier soir. On est dépité comme nos clients. Moi j'habite à 30 minutes de voiture dans l'Ain, ça me coûte cher aussi". 

Sur son ardoise moderne, les prix affichés sont un peu moins élevés que sur la colline. Le SP95 et le gazole dépassent tout juste la barre des deux euros le litre.

Un petit motif d'espoir pour les automobilistes ? Après un pic à 139 dollars dimanche 6 mars, le prix du baril de pétrole est redescendu autour des 115 dollars ce jeudi 10 alors, alors que l'Europe a pour le moment décidé de ne pas imposer d'embargo sur le pétrole et le gaz russe, à l'inverse des Etats-Unis.

 

 

 

 

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